Corée du Sud

Fiche pays - Corée du Sud (PDF, 286.1 Ko)

Ce qu’il faut retenir

  • La population agricole, plus nombreuse qu'en France et en Allemagne réunies, exploite principalement de petites exploitations rizicoles fortement subventionnées.
  • La République de Corée (ou Corée du Sud), auto-suffisante à moins de 30%, est parmi les premiers importateurs nets de produits agricoles et fortement dépendante de ses importations agroalimentaires, principalement en provenance des Etats-Unis et de Chine.
  • La sécurisation des approvisionnements est une préoccupation forte ayant conduit la République de Corée à diversifier ses fournisseurs et à développer ses investissements agricoles à l’étranger ; elle participe activement au G20 agricole, notamment sur les thèmes de la sécurité alimentaire et la réduction de la volatilité des prix.
  • La République de Corée a conclu de nombreux accords de libre-échange bilatéraux (dont celui avec l’Union européenne (UE) entré en vigueur en 2011) tout en préservant les intérêts de son agriculture et présente encore des exigences spécifiques à l’importation qui peuvent constituer d’importantes barrières non tarifaires.
  • Les progrès dans le sens d’une meilleure prise en compte des mécanismes du marché sont modestes, les soutiens à l’agriculture demeurent élevés, financés principalement par les consommateurs.
  • La République de Corée, avec des consommateurs sensibles à la sécurité sanitaire et aux bienfaits nutritionnels des aliments et dont le pouvoir d’achat se développe, est un marché en évolution avec des opportunités à saisir pour les exportations agroalimentaires françaises.

Production agricole

La République de Corée est un territoire montagneux située au Sud de la péninsule coréenne, à l'extrémité orientale de l'Asie. Elle dispose d'un climat tempéré de type continental avec d'importantes variations saisonnières : les étés sont chauds et humides et les hivers froids et secs sous l'influence des vents sibériens. Le territoire national est occupé à plus de 65% par la forêt, tandis que les terres agricoles représentent moins de 20% du territoire. Par ailleurs, la Corée du Sud dispose de 6098km de côtes.

La population agricole coréenne est de l’ordre de à 2,5millions de personnes (5% de la population totale), travaillant dans environ un million d'exploitations agricoles. Cette population agricole est en diminution et marquée par une pyramide des âges inversée, 50% ayant plus de 60 ans (âge légal de la retraite).

Les exploitations agricoles coréennes sont caractérisées par leur petite taille. En 2014, 65% des exploitations font encore moins de 1 ha et 1% des exploitations seulement disposent d’une superficie de plus de 10ha. Les politiques mises en oeuvre depuis les années 60, en lien avec la démographie agricole vieillissante, ont permis un remembrement progressif mais la taille moyenne des exploitations reste faible.

La Corée du Sud présente un taux d'autosuffisance inférieur à 30% en base calorique. La production de riz diminue et l'évolution des habitudes alimentaires en Corée du Sud ont conduit à développer l'élevage, fortement dépendant des importations d'alimentation pour le bétail.

La production agricole est marquée par le rôle central et historique de la riziculture qui occupe encore 55% de la SAU en 2014. La Corée du Sud reste auto-suffisante en riz (5,8mt de riz produites en 2015), y compris pour le riz destiné à l'industrie (par exemple pour la production d'alcools traditionnels tels que le magkeoli) ou à l'aide alimentaire pour la Corée du Nord. Le nombre d'exploitations rizicoles est cependant en déclin régulier depuis plusieurs décennies (environ 40% en 2015 contre 70% en 1990). Si les rendements augmentent, la production annuelle diminue, accompagnant l'«occidentalisation» des habitudes alimentaires coréennes marquées par une diminution de la consommation annuelle de riz de 120 à 63kg/personne entre 1990 et 2015. L’autosuffisance de la Corée du Sud est par contre loin d'être atteinte pour les autres grandes cultures (dont certaines destinées à l’alimentation animale) : orge (40%), soja (10%), maïs (moins de 1%) et blé (de 0,5%).

Les filières d’élevage se sont développées, notamment par des phénomènes de concentration des exploitations, jusque dans les années 2000 pour accompagner l'augmentation de la consommation des produits d'origine animale. La production s’est stabilisée tandis que la consommation a continué d'augmenter. En 2014, les productions en valeur de l'élevage coréen sont constituées de 39% de viandes de porc, 23% de viande de boeuf, 12% de viande de volaille, 13% de produits laitiers et 10% d'ovoproduits. L’autosuffisance en produits animaux n’est pas atteinte dans toutes les filières : 75% pour les viandes de porc, 48% pour les viandes bovines. L’autosuffisance est atteinte pour les ovoproduits et l’offre est excédentaire en volailles à cause d’une consommation en baisse. Les prix du poulet sont ainsi au plus bas depuis 8 ans (0,85 €/kg) sur le marché coréen. Le nombre de poulets abattus a augmenté de plus de 9% alors que la consommation a diminué de près de 6%, les achats mensuels des ménages coréens sont en moyenne de 1,7 kg. Fin 2015, plus de 12 millions de poulets étaient conservés congelés dans les entrepôts.

Il est à souligner que l'élevage coréen a été régulièrement affecté par des crises sanitaires au cours des dernières décennies : ESB, influenza aviaire (la Corée du Sud n’a retrouvé son statut indemne qu’en novembre 2015), fièvre aphteuse (un foyer s’est déclaré en début de l’année 2016 malgré la vaccination obligatoire depuis 2011).

La production de fruits et légumes représente 28% de la valeur de la production agricole coréenne totale en 2014. Si les agriculteurs ont réorienté leur activité notamment vers la production de fruits et légumes (de l’ordre de 40% en 2015 contre 16% en 1990), les surfaces cultivées en légumes diminuent néanmoins depuis les années 2000 en raison notamment de la concurrence chinoise. Certaines productions spécifiques se développent (champignons, ginseng, thé et produits d'horticulture) tandis que les productions traditionnelles de légumes (choux chinois, radis blanc, piment, ail) sont progressivement remplacées par des productions nouvelles. Les superficies plantées en vergers diminuent également mais la production augmente avec de meilleurs rendements ; la Corée du Sud produit en particulier des mandarines, pommes, poires, raisins de table et des pêches.

Enfin, la production sylvicole coréenne s'élève à 3,5Mm3 de grumes mais la Corée du Sud est actuellement fortement dépendante des importations de bois avec un taux d'autosuffisance de 30%. La forêt coréenne (1/3 de conifères, 1/3 de feuillus et 1/3 tiers de forêts mixtes) est détenue à près de 70% par des propriétaires privés et arrivera à maturité prochainement.

A noter que des efforts sont réalisés depuis le début des années 2000 pour le développement d’une production plus respectueuse de l’environnement.

Politique agricole

La Corée du Sud, officiellement encore en guerre avec la Corée du Nord et avec des différends territoriaux avec le Japon et la Chine, se caractérise par une économie « insulaire ». Les régimes autoritaires mis en place après 1953 ont choisi la voie de l’industrialisation en faisant de la Corée du Sud un « atelier du monde », tout en défendant son autosuffisance pour le riz comme dernier rempart contre un exode rural massif (taux d’urbanisation supérieur à 80%). Simultanément, l'investissement des familles coréennes pour l'éducation de leurs enfants a été un des facteurs majeurs du «miracle coréen». Ce modèle a démontré son efficacité, hissant le PIB de la Corée du Sud au 13e ou 15e rang mondial selon les années, tout en maintenant un grand nombre d'agriculteurs sur des structures agricoles intensives.

Le protectionnisme agricole a été le trait dominant de la politique agricole coréenne, mais ce modèle montre aujourd'hui des limites structurelles : vieillissement et paupérisation de la population agricole et rurale ; sensibilité aux coûts des intrants et aux effets de leur emploi intensif sur l'environnement ; apparition d'un secteur croissant d'agriculture à temps partiel (près de 50% des exploitations) ; faible compétitivité du secteur ; coûts budgétaires élevés des soutiens à l’agriculture (représente en 2014 environ 17 MDS d’EUR et plus de 50% des recettes agricoles brutes). L’agriculture coréenne bénéficie en effet d’un soutien public parmi les plus élevés de l’OCDE (environ 2% du PIB pour une moyenne OCDE de l’ordre de 0,7%), superposant des mesures historiques de soutien aux prix du marché, auxquelles s’est ajouté récemment un système d’aides directes (dans l’ensemble les prix perçus par les producteurs ont été deux fois plus élevés que les cours mondiaux sur la période 2012-2014).

Pour autant, les soutiens apportés aux éleveurs locaux et les quelques ouvertures aux importations ont suffi pour déséquilibrer les marchés de certaines filières. Le marché du riz a été ouvert à la concurrence depuis le 1er janvier 2015, mais le niveau de protection et de soutien reste encore élevé. Pour soutenir le marché, le gouvernement coréen est ainsi amené à constituer des stocks qui ont atteint 1,9million de tonnes à la fin de l’année 2015, excédent ne se résorbant pas du fait des évolutions négatives de la consommation. 99000 tonnes récoltées en 2012 doivent être vendues en 2016 pour nourrir les animaux et économiser sur les importations de maïs et sur les frais de gestion des stocks. Les éleveurs seront tenus de mélanger environ 5% de riz avec l’aliment à base de maïs des porcs, des bovins et des volailles. Le gouvernement coréen a pour objectif de trouver d’ici 2018 un équilibre entre l'offre et la demande de riz grâce en particulier à une réduction progressive de la surface des rizières qui devrait passer de 799000 hectares actuellement à 711000 en 2018.

Les mécanismes de marché ne fonctionnent pas non plus correctement pour le lait. Le pays a importé plus de 23 000 tonnes de lait en poudre en 2015, ce qui est plus du double des 9 000 tonnes importées en 2010, mais les stocks de lait invendu s'accumulent : 20000 tonnes fin 2015 contre moins de 1000 tonnes en 2010. Avec une consommation attendue de 1,8million de tonnes de lait frais, pour une production de 2,1millions de tonnes, les stocks devraient encore progresser en 2016. La consommation de lait continue de baisser (baisse de la natalité, progression de la consommation de lait de soja), elle était de 27 kg en 2014 (-12,7% par rapport à 2000). Malgré les stocks croissants, les entreprises agroalimentaires coréennes importent du lait en poudre car il est moins cher que le lait produit localement. L'écart est dû au système du prix du lait en Corée du Sud introduit en 2013 sous la pression des producteurs. Le prix est fixé sur la base de l’évolution des coûts de production et de l'inflation. En vertu du mécanisme de fixation des prix, le revenu des producteurs laitiers est garanti pour un quota fourni aux entreprises. Si les entreprises achètent plus que leur quota, elles reçoivent aussi des subventions du gouvernement.

La forte dépendance aux importations, l’intégration économique régionale et le déclin du secteur agricole permettent progressivement d’envisager une évolution de l’agriculture en Corée du Sud.

Le ministère de l’agriculture, en étroite relation avec le secteur agricole (notamment la puissante National Agricultural Cooperative Federation Nonghyup qui fédère au niveau national un millier de coopératives et 15 millions de membres dont 2,5 millions d’agriculteurs) a mis en place un plan triennal décliné en 5 plans d’actions pour augmenter et diversifier le revenu des agriculteurs :

  • « 6e industrie » (concept qui consiste à augmenter la valeur ajoutée des productions agricoles, notamment par la transformation et le développement des circuits courts) ;
  • Remembrement et modernisation des installations agricoles ; formation des agriculteurs ;
  • Développement d’une agriculture de qualité, respectueuse de l’environnement (eco-friendly farming) ;
  • Développement d’une industrie agroalimentaire innovante, avec notamment le lancement en 2008 du cluster agroalimentaire Foodpolis (ou Korea National Food Cluster), projet de 428M€ qui doit voir le jour fin 2016 et compte attirer 150 implantations d'entreprises (115 avaient signer un protocole d’accord fin 2015) pour réaliser un chiffre d’affaires annuel de 13Mds€, dont 2,7Mds€ à l’export, en jouant les passeurs entre le reste du monde et un marché d'1,5milliard de consommateurs coréens, japonais, chinois et en bénéficiant des nombreux accords de libres échanges signés ces dernières années par la Corée du Sud ;
  • Développement des exportations : le ministère coréen en charge de l’agriculture a un objectif de 7,3Mds€ d’exportations de produits agroalimentaires en 2016, contre 6,4Mds€ en 2015 (en baisse de 1,2% par rapport à 2014) ;
  • Création de Happy farm villages (promotion de l’installation des jeunes et de l’aménagement rural, y compris par le développement du tourisme en zones rurales en relation avec le programme touristique « 2016-2018 Visit Korea Year »).

La sécurité alimentaire constitue une priorité stratégique pour la Corée du Sud. Fortement dépendante des importations, elle souhaite sécuriser ses approvisionnements en diversifiant ses sources et en investissant dans le secteur agricole à l’étranger. Malgré l’échec en 2008 du projet de bail emphytéotique de Daewo-logistic à Madagascar (ayant conduit à la définition des principes d’investissements responsables pour l’agriculture), la Corée du Sud est restée active en matière d'investissements agricoles notamment en Asie du Sud-Est et en Russie (Région de Vladivostok, Sibérie). Elle souhaite par ailleurs augmenter son taux d’autosuffisance à 35% en 2017.

La sécurité sanitaire des aliments constitue une seconde préoccupation importante en Corée du Sud, qui fait face régulièrement à des crises sanitaires (épizooties, importation et distribution d’aliments contaminés, etc.). La Présidente Mme Geun-Hye Park (fille de l'ancien dirigeant M. Chung-Hee Park) élue en 2012 a ainsi réorganisé le gouvernement en créant un ministère de la sécurité sanitaire des aliments et des médicaments (MFDS) chargé de conduire les réformes réglementaires nécessaires à l’harmonisation de la législation coréenne avec les normes internationales et de garantir la sécurité sanitaire des consommateurs coréens.

Toutefois, avec la récente loi sur le contrôle sanitaire des importations de produits alimentaires, adoptée en janvier 2015 et entrée en vigueur le 4 février 2016, c’est la garantie de la sécurité sanitaire des consommateurs coréens, patinée d’un certain protectionnisme, qui semble avoir pris le pas sur l’harmonisation avec les normes internationales. Les établissements exportant en Corée du Sud, engagés dans la chaîne alimentaire pour la consommation humaine (production, transformation, conditionnement, emballage ou stockage de produits alimentaires) doivent être enregistrés auprès du MFDS et sont susceptibles d’être audités.

Enfin, la Corée du Sud joue un rôle d'intermédiaire entre les pays industrialisés et les pays en développement dans les négociations internationales sur le climat en promouvant une croissance verte et en abritant le Fonds vert qui draine les flux financiers Nord-Sud dans la lutte contre le changement climatique. Il n’en demeure pas moins que la consommation de charbon a augmenté de 54% entre 2005 et 2014, et qu’il a fallu la pression des pays industrialisés et notamment des Etats-Unis, pour que la Présidente Sud-coréenne annonce, en juin 2015, qu'elle entendait réduire les émissions de gaz à effet de serre de la Corée du Sud de 37% d’ici à 2030 en activités constantes. Un tiers de cet objectif serait toutefois atteint par l'achat de permis d'émission, un marché carbone étant entré en vigueur au 1er janvier 2015.

Après la conférence Paris Climat 2015 (COP21), il s’agira de s’assurer des engagements pris, car la priorité de la Présidente Park, sous la pression des puissants groupes industriels coréens, est avant tout de relever les défis de l’économie coréenne, marquée par une population vieillissante et dominée par l’industrie d’exportation, fortement tributaire d’un partenaire chinois dont la croissance est en baisse.

Echanges commerciaux

La Corée du Sud figure parmi les premiers importateurs nets mondiaux de produits agroalimentaires, dont elle a importé 24,2 md€ en 2015 (6% du total des importations coréennes), principalement en provenance des Etats-Unis (environ 25%) et de République Populaire de Chine (de l’ordre de 15%). La Corée du Sud importe essentiellement des produits de la pêche (14%), des céréales (14%), des viandes (14%), ainsi que des résidus de l’industrie agroalimentaire et alimentation animale (8%). L’ensemble des importations agroalimentaires est en hausse au cours des dernières années.

Les importations de céréales proviennent en 2015 principalement des états-Unis, et dans une moindre mesure du Brésil, d’Ukraine et d’Australie ; il s’agit surtout de maïs destiné à l’alimentation du bétail et de blé. Les importations de viandes (boeuf et porc) proviennent principalement des états-Unis et d’Australie, tandis que les importations de produits de la pêche proviennent de République Populaire de Chine, de Russie et du Vietnam.

Les exportations agroalimentaires s’élèvent à 6,4 md€ en 2015 (1,3% du total des exportations coréennes) et sont destinées principalement à ses voisins géographiques : Japon (27%) et République Populaire de Chine (15%). La Corée du Sud exporte essentiellement des produits de la pêche (17%), des préparations alimentaires diverses (14%), des préparations à base de céréales (farines, pâtes, pain etc.) (11%) et des alcools (11%).

La France est le 17e fournisseur agroalimentaire de la Corée du Sud (2e état membre de l’UE derrière l’Allemagne). Les importations agroalimentaires coréennes en provenance de France s’élèvent à 353 m€ en 2015, en progression de 12,6% par rapport à 2014. Les importations agroalimentaires de produits français progressent sur les boissons (+6%), mais baissent dans les autres principaux secteurs : produits laitiers (-7%), viandes et abats (-8%) et préparations alimentaires diverses (-14%). L

Les importations de boissons françaises (23%) sont tirées par les vins qui progressent depuis 2010 et atteignent 53M€ en 2015. La France doit faire face à la concurrence mais reste le premier fournisseur de vins de la Corée du Sud avec 29% de parts de marché en 2015, devant le Chili (22%), l’Italie (15%), les états-Unis (12%) et l’Espagne (8%). La Corée du Sud importe également de France des eaux minérales et des spiritueux (ainsi que des bières en 2014).

Les importations de produits laitiers français (60m€ soit 17% du total) sont dominés par les spécialités fromagères qui ont plus que doublé depuis 2010. La France est le 4e fournisseur de fromages de la Corée du Sud avec seulement 7% de parts de marché, sur un marché coréen des fromages importés fortement dominé par les états-Unis (50%) et la Nouvelle-Zélande (13%). L’Allemagne (11%) a doublé ses exportations de fromage vers la Corée du Sud en 2015 et dépasse désormais la France.

Les importations de viandes et abats français (9% du total), principalement de porc, ont chuté en 2012 et 2013, suivant la tendance générale des importations coréennes de viandes et abats. Après une embellie en 2014 à 39M€, ces importations sont reparties à la baisse en 2015 et atteignent 33M€. La France est le 12e fournisseur de la Corée du Sud (6e fournisseur européen derrière l’Allemagne, l’Espagne, l’Autriche, le Danemark et les Pays-Bas). La France exporte également des viandes de volaille (2,7 M€), en particulier de canard. Les crises sanitaires survenant en Corée du Sud peuvent perturber les flux d’importation de viandes.

Les importations agroalimentaires coréennes traduisent une occidentalisation des habitudes alimentaires, en lien avec l’augmentation du niveau de vie de la population coréenne. Par ailleurs, la conclusion d’accords de libre échange, la volonté de diversification des sources d’approvisionnement et les préoccupations ou contraintes sanitaires font également évoluer les échanges.

Diverses entreprises agroalimentaires françaises sont présentes en Corée du Sud (site de production, boutiques de distribution, bureau de représentation) : Moët-Hennessy, Pernod-Ricard, Maxxium, Castel, Danone, Bel, la Brioche Dorée,  Royal Canin, Roquette, le Cordon Bleu, etc.

Accords internationaux

La Corée du Sud est membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis le 1er janvier 1995. Préoccupée par la préservation des intérêts de ses riziculteurs, la Corée du Sud a bénéficié d'un traitement spécial sur le riz l'autorisant  à augmenter progressivement de 1% par an depuis 1995 son Minimum Market Acces (MMA) dont les droits sont à 5%. Ce traitement spécial s’est prolongé jusqu’en 2014, les importations de riz représentant alors 408 000 tonnes à compter du 1er janvier 2015, la Corée du Sud a décidé d’ouvrir son marché du riz à la concurrence en imposant toutefois des droits de douanes de 513%. à l'exception notable du riz, 125 produits agricoles ont des droits supérieurs à 100%, qui peuvent atteindre 887% pour les fruits et légumes.

Parallèlement, la Corée du Sud est l'un des premiers pays de l'OCDE, dont elle est membre depuis 1996, à s'être engagée activement dans les négociations commerciales bilatérales et régionales (en moyenne lancement de 2 nouvelles négociations par an depuis 2004). Celles-ci ont abouti à la conclusion et l’entrée en vigueur de 14 accords de libre-échanges : Chili (2004), Singapour et AELE (2006), ASEAN (2009), Inde (2010), UE et Pérou (2011), Etats-Unis (2012), Turquie (2013), Australie (2014), Canada, Nouvelle-Zélande, Chine et Vietnam (2015). Un accord a également été conclu avec la Colombie (2013) mais n’est pas encore en vigueur. Par ailleurs, la Corée du Sud participe à d’autres négociations bilatérales et régionales en cours : Indonésie, trilatérales Chine-Japon-Corée, RCEP (ASEAN+6), Amérique centrale. Enfin, certaines négociations au point mort pourraient être relancées (Japon, Mexique, CCG) et de nouvelles négociations initiées (MERCOSUR, Israël, Malaisie). Cette stratégie d’accords économiques vise à assurer à la Corée du Sud des débouchés et sécuriser son accès aux matières premières, son économie étant largement dépendante des échanges internationaux ; cette intégration commerciale a permis également d’accélérer les réformes structurelles et de renforcer la compétitivité du pays en modernisant son économie.

L’Accord de libre échange entre l’UE et la Corée du Sud est entré en vigueur le 1er juillet 2011. Outre le démantèlement tarifaire pour les produits agroalimentaires sur 10 ans (98,7% des lignes tarifaires couvrant 99,5% des importations coréennes), cet accord a permis également la reconnaissance et la protection d'indications géographiques européennes en Corée du Sud. Depuis le début de son application provisoire, les termes de l’échange se sont inversés et profitent désormais à l’UE. L’accord prévoit une enceinte de discussion afin d’envisager une évolution des normes et réglementations sanitaires coréennes et la suppression des barrières non-tarifaires, notamment dans le domaine sanitaire et phytosanitaire. De nombreux obstacles d’ordre réglementaire et technique limitent toutefois encore l’accès au marché coréen, tels que l’exigence d’inspection préalable des établissements exportant des produits agricoles avant leur agrément ou de nouvelles exigences d’étiquetage des produits, ou le maintien de l’embargo ESB sur le boeuf européen. Malgré cela, les exportations de la France dans le secteur agroalimentaires ont progressé depuis la mise en oeuvre de l’accord passant de 250M€ en 2011 à 364M€ en 2015.

La Corée du Sud est membre des six organisations régionales de pêche (CICTA, CTOI, CIATT, WCFPC, CCAMLR, SPRFMO) intervenant notamment sur le contrôle de la pêche thonière. La Corée du Sud est opposée à l’interdiction des transbordements en mer proposée par l’Union européenne en vue d'un meilleur contrôle des prises.

Par ailleurs, la Corée du Sud participe activement aux réunions ministérielles agricoles dans le cadre du G20 et s’investit sur les sujets de la volatilité des matières premières, de la sécurité alimentaire ainsi que les questions environnementales. Elle est membre d’APTERR (ASEAN Plus Three Emergency Rice Reserve) qu’elle finance et approvisionne en riz. Elle contribue également au budget de la FAO et de l’OIE et accueille régulièrement des conférences mondiales d’organisations internationales (par exemple 7e forum mondial de l’eau en avril 2015). L’agence coréenne de coopération internationale (KOICA) finance et coordonne des programmes de développement agricole (9% des dépenses de la KOICA), principalement en Asie (54%) et en Afrique (35%).

Relations bilatérales

Dans le domaine agricole

Depuis 2005, des délégations coréennes ont été accueillies en France sur des sujets agricoles et les ministères de l'agriculture sont convenus de renforcer le dialogue institutionnel, en particulier sur les indications géographiques et la sécurité sanitaire de l'alimentation. Un accord bilatéral a été signé le 11 novembre 2007. Les autorités françaises et coréennes se rencontrent régulièrement, en particulier sur les sujets SPS pour l’accès au marché coréen (levée de l’embargo sur les viandes bovines françaises, conditions d’agrément des établissements exportateurs, suppression de l’exigence born and raised, suppression de la preclearance dans le domaine phytosanitaire, autorisation des fromages au lait cru, etc.).

L’INRA, l’IFCE, VITAGORA, ainsi que des établissements d’enseignement agricole ont des contacts en Corée du Sud et AT (Korea Agro-Fisheries Trade Corporation, affiliée à Nonghyup) a ouvert un bureau à Paris en novembre 2013. L’ANSES devrait signer prochainement un protocole de coopération avec le MFDS.

Plusieurs visites à haut niveau ont eu lieu récemment en particulier dans le cadre de l'année croisée France-Corée qui se déroule en France de septembre 2015 à juillet 2016 et qui se poursuit en Corée du Sud de mars à décembre 2016. Les deux pays fêtent en 2016 le 130e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Le Président français François Hollande, s’est ainsi rendu en Corée du Sud en décembre 2015 et la Présidente coréenne, Mme Geun-Hye PARK, doit se rendre en France en juin 2016.