COP23 : une contribution à la mobilisation internationale pour les forêts et le climat

Le 16 novembre dernier à la COP23, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation organisait l'événement "Une contribution à la mobilisation internationale pour les forêts et le climat". À travers ces échanges, la France a souhaité donner la parole à tous ceux qui œuvrent aujourd'hui sur le terrain et dans différentes régions du monde pour les forêts et le climat.

Comment les projets forestiers locaux participent-ils à la lutte contre le changement climatique ? Comment nourrissent-ils et encouragent-ils les stratégies forêt-climat au niveau national et au niveau international ? Comment s'assurer que les financements de fonds internationaux parvienne aux acteurs de terrain ? Un débat riche entre représentants de la recherche forestière, bailleurs de fonds, gestionnaires forestiers, et organisations internationales de la société civile.

La question des capacités des populations locales à comprendre les mécanismes de plus en plus complexes d'accès aux fonds financiers a été soulevée dès le début de cette table ronde par Marie Tamoifo Nkom, jeune leader camerounaise, rejointe par Knut Oistad, représentant de l'Institut norvégien de recherche sur la bioéconomie.

Corentin Mercier, porteur d'un projet de lutte contre la dégradation de la forêt et la déforestation au Mozambique, projet soutenu par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM), a rappelé que le passage du niveau local au niveau régional était possible. En effet, en 4 ans, le projet développé autour de la réserve forestière de Gilé au, au nord-est du pays sur une surface de 400 000 hectares, a ainsi atteint 4 millions d'hectares de forêt, attirant notamment l'intérêt de la Banque mondiale. De même, Jean-Baptiste Marre, de la Communauté du Pacifique, a rappelé les enjeux forts du réchauffement climatique pour les petits États insulaires en évoquant le projet RESCCUE.

La FAO, représentée par Julia Wolf, et Rafik Aini, délégué tunisien, ont pu insister sur les problématiques propres à la région méditerranéenne. Ils ont également mentionné le réseau Silva Mediterranea, organe de la FAO. Ce réseau réfléchit actuellement à la relance de l'entreprenariat des jeunes dans le domaine de la forêt à travers le projet Blue Forest.

François-Xavier Duporge, secrétaire général du FFEM, a souligné l'importance de ce type de fonds dans le paysage international, apte à aider des projets forestiers de taille petite ou moyenne mais ayant des effets importants en termes de réplicabilité. Ces projets ne sont pas toujours éligibles auprès des grands bailleurs de fonds.

En conclusion, Stéphane Travert a rappelé l'importance accordée par la France aux rôles à la fois économique, environnemental et social de la forêt, notamment vis-à-vis du changement climatique :
« Il est de notre responsabilité collective pour les générations futures d’accélérer nos actions, ce qui implique de se projeter dans la durée. Mais le long-terme commence maintenant. Il s'agit donc de conserver, de renforcer, de cultiver et de faire fructifier nos actions et nos projets. L'arbre et la forêt sont parmi nos meilleurs atouts face à un monde de plus en plus chaud et risqué ».

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