COP23 : comment ça marche ?
Présidée par les îles Fidji, la 23e conférence des parties (COP23) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tient du 6 au 17 novembre 2017 à Bonn en Allemagne. Mais qu’est-ce qu'une COP ? A quoi sert-elle et comment fonctionne-t-elle ? Explication.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, dite « CCNUCC », a été adoptée au cours du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Cette Convention-cadre est une convention universelle de principe qui reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène.

La Conférence des parties (COP), composée de tous les États « parties », constitue l’organe suprême de la Convention. Elle se réunit chaque année lors de conférences mondiales où sont prises des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre les changements climatiques. La COP qui se tient à Bonn est la 23e, d’où le nom de « COP23 ». Celle-ci rassemble des représentants gouvernementaux de tous les pays signataires de la CCNUCC. Si le sujet est à la base technique, les enjeux sont avant tout politiques et économiques. Les divers pays sont représentés par des délégations de négociateurs et différents ministres. La France, par exemple, est représentée par une équipe de négociation interministérielle composée d’experts venant de plusieurs ministères, dont le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation.

Les organisations internationales peuvent prendre part à la COP en tant qu’observateurs, tout comme les ONG (organisations non gouvernementales) et les représentants de la société civile. Ils participent alors aux réunions ouvertes (sessions plénières et groupes de contact).

Comment se déroule une COP ?

La COP dure en général deux semaines, même si elle peut parfois être prolongée d’un ou plusieurs jours. Beaucoup de négociations se jouent à la fin de la COP, au terme de longues nuits de débats entre les différentes parties.

Les journées sont rythmées par les différentes sessions de négociations. De nombreux événements parallèles mobilisant divers acteurs étatiques et non-étatiques, en lien notamment avec l'Agenda d'action, sont organisés durant cette quinzaine. A cet effet, la France dispose pour cette COP23 d'un pavillon où ont lieu une série de conférences sur l'agriculture et les forêts. Ces « side-events » ont pour objectif d'amplifier le mouvement global de l'action climatique afin d'en faire un soutien déterminant aux contributions des États.

Quelles sont les enjeux de la COP23 ?

La COP23 est présidée pour la première fois par un petit État insulaire en développement, les îles Fidji, particulièrement vulnérables et exposés au changement climatique. Elle constitue un moment politique important après l'annonce du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris, lequel ne pourra être effectif qu'en novembre 2019.

La COP23 se déroule en deux temps :

  • un segment de négociations du 6 au 14 novembre pour échanger et avancer sur la rédaction des règles d'application de l'Accord de Paris et sur l'organisation du travail d'ici la COP24 ;
  • un segment de haut-niveau du 13 au 16 novembre, où les représentants politiques des parties pourront donner une impulsion aux travaux de négociations.

Sur le plan des négociations, l'objectif est d'accélérer les travaux de négociation pour tenir l'engagement de finaliser les règles d'application de l'Accord de Paris en 2018. Il faudra pour cela que l'ensemble des Parties s'entendent sur les structures de texte, avancent leur rédaction le plus possible et s'accordent sur la méthode de travail pour tenir dans les temps.

Enfin, la COP23 doit présenter le dialogue de facilitation de Talanoa de 2018. Inspiré du concept fidjien de dialogue participatif et transparent, il doit faire le bilan des efforts collectifs entrepris pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris et inciter les parties à augmenter l'ambition de leur contribution.

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