Bilan de la formation complémentaire par la recherche des inspecteurs de santé publique vétérinaire et des ingénieurs de l’agriculture et de l’environnement
26/09/2018
Pierre Sai, Michel Penel
Le CGAAER a été chargé d'élaborer une enquête-bilan de la formation complémentaire par la recherche organisée par ministère.

Crédit ci-après
Christophe Montagnier Inra
Rapport de mission de conseil n°16102-01

Mai 2018

Mots-clés : ministère de l’agriculture et de l’alimentation, formation complémentaire par la recherche, doctorat, inspecteur de santé publique vétérinaire, ingénieur de l’agriculture et de l’environnement, compétences, fonction publique

Enjeux

Le ministère mène une politique de formation complémentaire par la recherche (FCPR) ouverte aux inspecteurs de santé publique vétérinaire (ISPV) et aux ingénieurs de l’agriculture et de l’environnement (IAE). Ce dispositif, initialement conçu pour donner aux cadres, grâce au doctorat, une reconnaissance internationale, permet aussi d’enrichir la diversité des approches dans les fonctions d’aide à la décision ou de direction et d’alimenter le dispositif en spécialistes et experts.

Le CGAAER a été chargé d'élaborer une enquête-bilan de cette formation.
L’objectif de l’enquête était de contribuer à l’ajustement de ce dispositif pour une meilleure prise en compte du « plus » des compétences apportées par la FCPR dans la carrière de ces double-diplômés et dans la gestion des ressources humaines du ministère.

Méthodologie

Le groupe de travail FCPR du CGAAER a conduit l’enquête sous la forme de deux questionnaires, l’un adressé aux IAE et aux ISPV qui ont bénéficié d’une FCPR, et le deuxième aux services employeurs.

Les réponses étaient réalisées en ligne, grâce au logiciel Sphinx, permettant le suivi des réponses, la collecte des données et leur analyse. Ces questionnaires comportaient des questions fermées, ouvertes ou semi-ouvertes. Certaines questions permettent l’exploitation de verbatims, pour être le plus proche possible du ressenti des agents.

L’enquête auprès des docteurs comportait une partie permettant d’apprécier l’acquisition d’une gamme de compétences, une partie signalétique pour cerner le contexte de réalisation du doctorat et une partie permettant d’apprécier l’influence de la FCPR sur le déroulé de carrière.

L’enquête auprès des employeurs comportait une partie permettant d’apprécier leur avis sur l’acquisition de la gamme de compétences liées à la FCPR et une partie permettant de connaître leur satisfaction vis-à-vis de l’emploi d’agents ayant suivi cette FCPR.

Résumé

L’enquête dresse un bilan positif des compétences acquises, appréciées aussi bien par les fonctionnaires-docteurs que par les services qui les emploient. Pendant la phase qui va de la sélection des candidats jusqu’à l’obtention de leur thèse (FCPR au sens strict), le dispositif, avec un suivi rigoureux des doctorants, garantit la production de thèses de qualité et l'acquisition de compétences conformes aux objectifs fixés à la FCPR.

L’enquête montre aussi que la FCPR peut être améliorée pour mieux valoriser les compétences développées, au bénéfice du ministère et de la carrière des double-diplômés. Les recommandations formulées en ce sens concernent les deux phases qui encadrent la « FCPR au sens strict ». La phase d’amont concerne l’acquisition, dans les écoles responsables des cursus initiaux des IAE et des ISPV, des pré-requis à la bonne réalisation d’un doctorat. La phase d’aval commence avec la procédure de première affectation après la FCPR et se poursuit avec l’entretien des compétences acquises et leur valorisation pendant la trajectoire de carrière.

À cause d’un déficit de propédeutique de formation par la recherche en amont, certains doctorants consacrent trop de temps à l’établissement du cadre de la recherche, de la méthodologie, des hypothèses, du plan expérimental, des méthodes d’analyse. Au final, certaines thèses n’apportent pas tout le bénéfice attendu. Il est donc recommandé de veiller à la systématisation d’un parcours de propédeutique de formation par la recherche dans le cursus initial de toutes les écoles.

En aval, il est recommandé de créer, dans le cadre d’une gestion prévisionnelle, un registre des emplois requérant des compétences plus particulièrement acquises au travers d'une formation par la recherche, avec des fiches d’emplois qui identifient les niveaux et les missions. Ceci contribuerait à faciliter une première affectation après une FCPR puis à une dynamique de carrière adaptées en termes de mission et de niveau et, plus largement, de mieux identifier les postes susceptibles de motiver des agents titulaires du doctorat.

De plus, il est recommandé de mettre en place une procédure permettant aux fonctionnaires ayant suivi une FCPR, notamment les ISPV, de conserver un environnement scientifique qui permette l’entretien des compétences acquises pendant la thèse. Cette procédure devrait permettre de vérifier que chaque ISPV s’insère dans un réseau qui lui permette d’exploiter les données « de terrain » et de continuer à développer son expertise.

Enfin, il est recommandé de déterminer des attributs spécifiques dans la base de données de gestion, permettant une traçabilité des docteurs et des agents en position de FCPR. En effet, il n'est actuellement pas possible, de façon simple, de faire des études de cohorte ou de suivi de carrière sur ces docteurs.

À télécharger

Résultats et analyse d'une enquête-bilan sur la formation complémentaire par la recherche des inspecteurs de santé publique vétérinaire et des ingénieurs de l'agriculture et de l'environnement (PDF, 2.87 Mo)