Vœux d'Emmanuel Macron au monde rural : « L'agriculture, un combat prioritaire »
25/01/2018
C'est en Auvergne-Rhône-Alpes, à Saint-Genès-Champanelle, que le Président de la République a choisi de présenter ses vœux aux agriculteurs, jeudi 25 janvier 2018, en présence du ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travert.

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L'intégralité du discours d'Emmanuel Macron à Saint-Genès-Champanelle (PDF, 11.45 Mo)

En préambule de son discours, le Président a déclaré que « l'agriculture est une des clés de notre avenir, elle est à la croisée des chemins ». Il a ensuite présenté les trois grands combats à mener « pour une souveraineté agricole » :

Le combat pour la valeur

« Certains agriculteurs vivent avec 200 ou 300 euros par mois. Chaque agriculteur doit être rémunéré au juste prix payé. Les agriculteurs ne demandent pas des aides mais de ne pas être le seul secteur où la vente à perte est devenue la règle. Nous devons prendre un tournant historique pour notre agriculture en France, en Europe et au moment où nous avons pu voir les limites de la volatilité des prix mondiaux. »

« Nous aurons dans certaines filières des orientations stratégiques et des réorganisations majeures à faire. Nous devons gagner la bataille de la valeur. Nous avons pour la première fois un document qui vient de la réalité du terrain établissant une stratégie filière par filière. »

« Si certaines enseignes ne changent pas leurs pratiques, nous les nommerons pour que les consommateurs puissent savoir celles qui ne jouent pas le jeu du juste prix payé aux agriculteurs. »

Le combat pour l'ouverture

« Si nous savons nous organiser, l'ouverture au monde n'est pas un danger. Il ne faut pas avoir peur de cette ouverture mais s'organiser pour en être les gagnants filière par filière. »

« La bataille de l'ouverture se gagnera par et avec l'Europe. Notre Politique Agricole Commune est devenue trop complexe. Il nous faut aller vers une PAC moins bureaucratique, une PAC qui soit un vrai mécanisme de protection face à la volatilité des prix et cours mondiaux. Il nous faut une PAC aux ambitions préservées, plus simple avec plus de subsidiarité dans sa mise en œuvre et protectrice contre la volatilité des prix. »

« L’ICHN doit rester dans un budget stable. La carte sera finalisée mi février. Les zones de montagne seront préservées. Pour les zones simples défavorisées, nous devons mettre en place des mesures d’accompagnement pour les communes touchées. »

« La France dépend à 40% de soja OGM importés et à 60% d'engrais azotés : nous n'avons donc pas de vraie souveraineté. Je souhaite que nous ayons une vraie stratégie de souveraineté protéine pour les années à venir. »

« L'affaire Lactalis nous rappelle que la sécurité des consommateurs passe avant toutes considérations. Il ne peut y avoir aucune tolérance de l'État pour des opérateurs qui ne respectent pas les règles. »

Le combat pour la planète

« Une responsabilité nouvelle pèse sur le monde : celle du climat. Le secteur agricole a un impact sur l'environnement et les agriculteurs sont les premières victimes des dérèglements climatiques. Je souhaite que l'on mette ce combat pour la planète au cœur de notre modèle productif. Seule une mobilisation de tous les jours sauvera le climat. Près de 20% des sols français présentent des risques d'érosion. »

« La France a eu raison de réveiller la conscience européenne sur le glyphosate. Il ne tient qu'à nous d'accélérer la transition pour sortir du glyphosate. La sortie du glyphosate va se construire sur un conseil indépendant, une responsabilisation des filières et des acteurs et une recherche plus proactive en la matière. On doit accompagner cette transformation. »

Le Président de la République a confirmé qu'un projet de loi sera présenté par Stéphane Travert en Conseil des ministres le 31 janvier prochain. Ce projet fait suite aux États généraux de l'alimentation qui se sont déroulés de décembre à juillet 2017.

Pour rappel, les États généraux de l'alimentation se sont déroulés à la demande du Président de la République. Ils ont eu vocation à être un temps de réflexion partagée et de construction collective de solutions nouvelles sur deux grands chantiers :

  • La relance de la création de valeur et son équitable répartition pour permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes ;
  • Privilégier une alimentation saine, sûre et durable et promouvoir un choix de consommation répondant davantage aux attentes des consommateurs.