Élise Bordet, finaliste du concours « Ma thèse en 180 secondes »

Ingénieure agronome de formation et doctorante à l'Inra en immunologie, Élise Bordet a disputé le 13 juin 2018 à Toulouse la finale nationale du concours « Ma thèse en 180 secondes ». Soit 3 minutes de stand-up pour exposer son sujet de thèse et convaincre le public. Un bel exercice de synthèse et de communication, l'humour en prime ! Rencontre.

Si par hasard vous aviez des chercheurs l'image de scientifiques sans âge enfermés dans leur labo, explorant des sujets tous plus hermétiques les uns que les autres, chassez bien vite cette image ! Élise Bordet, fille et petite-fille d'éleveurs de vaches charolaises en Bourgogne, est une pétillante ingénieure agronome de 25 ans. Doctorante avec l'école doctorale ABIES d'AgroParisTech, elle travaille depuis trois ans sur sa thèse qui s'intéresse à l'immunologie porcine.

Son quotidien, c'est l’analyse de cellules de porc du poumon et du ganglion au sein de l'unité de recherche de virologie et d'immunologie moléculaires de l'INRA, rattachée à l'Université Paris-Saclay. Comment transformer un tel sujet en sketch de trois minutes, à la fois accessible, drôle et pertinent ? C'est là tout le défi. « À dire vrai, j'ai beaucoup hésité à me lancer dans cette compétition, avoue Élise. J'en avais entendu parler par une doctorante de mon labo et, poussée par mes proches, je me suis inscrite le dernier jour, quelques heures avant la clôture. »

« Faire comprendre qu'on travaille pour tous »

Une décision qui l'a menée, depuis le prix du public de son université, jusqu'à sa sélection pour la finale nationale, avec 15 autres doctorants, ce mercredi 13 juin à Toulouse. « J'aime l'idée de faire comprendre qu'on ne travaille pas pour nous, mais pour tous, pour faire avancer les choses sur un plan collectif, poursuit la doctorante. En tant qu’ingénieure agronome, je suis heureuse de pouvoir mettre en avant un sujet qui touche à l'agriculture et à l'élevage. »

Une telle compétition ne s'improvise pas, bien sûr. Il faut travailler le fond et la forme. Pour cela, les candidats ont bénéficié de quatre demi-journées de formation. « J'ai essayé d'être à la fois juste sur le plan scientifique et accessible, avec un propos qui me ressemble, avec lequel je sois à l'aise. C'est nécessaire aujourd'hui de bousculer l'idée du chercheur enfermé dans son labo », explique Élise.

Pour cette jeune femme, qui s'avoue à la fois compétitrice et amatrice de stand-up, l'expérience s'est révélée passionnante : « J'ai beaucoup appris en communication, en gestion du stress, et ce sont des atouts qui me seront utiles au cours de ma carrière ».

Visionnez la prestation d'Élise Bordet lors de la finale nationale du concours MT180, le 13 juin dernier à Toulouse, sur son sujet de thèse : « La réponse immunitaire innée et adaptative du porc face au virus du syndrome dysgénésique et respiratoire porcin ».

Qu'est-ce que le concours MT180 ?

Organisé par la Conférence des présidents d’université (CPU) et le CNRS, « Ma thèse en 180 secondes » permet aux doctorants de présenter leur sujet de recherche, en français et en termes simples, à un auditoire profane et diversifié. Chaque étudiant ou étudiante doit faire, en trois minutes, un exposé clair, concis et néanmoins convaincant sur son projet de recherche. Le tout avec l’appui d’une seule diapositive !

Ce concours s'inspire de Three minute thesis open-in-new (3MT®), conçu à l’Université du Queensland en Australie. Le concept a été repris en 2012 au Québec par l'Association francophone pour le savoir open-in-new (Acfas) qui a souhaité étendre le projet à l’ensemble des pays francophones.