Réseau DEPHY filière arboricole : une expérience qui porte ses fruits
Photographie d'illustration du travail d'arboriculteurs sur des nectariniers
©Xavier Remongin/Min.agri.fr
Le réseau FERME DEPHY arboricole a pour objectif de développer et mutualiser des techniques alternatives à l’usage de produits phytosanitaires. Depuis 2010, 182 systèmes de culture et 7 espères fruitières sont suivis sur l’ensemble du territoire. En 2014, ces exploitations intégrées au réseau ont vu baisser de 12% en moyenne leur usage des produits phytosanitaires, grâce à différentes méthodes : contrôle génétique, piégeage…

L’objectif du réseau DEPHY est de contribuer à faire évoluer les pratiques agricoles pour réduire et améliorer l’utilisation des produits phytosanitaires. Amorcé en 2009 à la suite du plan Écophyto I, il rassemble actuellement 1 900 exploitations volontaires dites « pilotes » réparties par filières sur toute la France.

Les groupes de fermes DEPHY sont animés par des ingénieurs issus notamment des chambres d’agriculture et des coopératives. Ils ont pour mission d’accompagner les exploitants dans la mise en place de nouvelles techniques.

La filière arboricole : un réseau étendu et varié

La filière arboriculture regroupe deux types de fruits : les fruits à pépins (pommes, poires…) et les fruits à noyaux (pêches, abricots…).

Selon la nature de ces productions, l’utilisation des phytosanitaires au sein des exploitations varie grandement. Par exemple, une espèce comme l’olive est très peu consommatrice de produits phytopharmaceutiques, contrairement à la pomme ou à la pêche.

L’enjeu était donc de s’appuyer sur un ensemble d’exploitations recouvrant les principales productions et régions, afin que les résultats obtenus soient représentatifs et déclinables. Aujourd’hui, le réseau atteint une diversité significative avec 182 systèmes de culture et 7 espèces fruitières sont aujourd’hui suivies :

  • la pomme et la poire sont les mieux représentées, avec 8 groupes de fermes et 108 systèmes de culture ;
  • 3 groupes « pêche » avec 29 systèmes ;
  • 2 groupes « abricot » avec 19 systèmes ;
  • 1 groupe de fermes pour chacune des trois espèces suivantes : la clémentine, la prune et l’olive.

Des solutions alternatives en vogue

Avant leur entrée dans le réseau DEPHY, les fermes suivies utilisaient essentiellement des fongicides (notamment pour l’abricot, la pêche, la poire, la pomme et la prune) et des insecticides (en particulier pour la clémentine et l’olive).

Plusieurs solutions ont alors été imaginées pour faire évoluer ces usages, notamment :

  • le contrôle génétique qui permet la mise en place de variétés fruitières plus résistantes, a notamment permis de réduire l’usage des fongicides. Il est utilisé notamment en agriculture biologique et en production fruitière intégrée.
  • la maîtrise des ravageurs par piégeage ou confusion sexuelle (on vaporise des phéromones à proximité des arbres afin de désorienter les animaux ravageurs et d’empêcher leur reproduction).
  • l’aération des arbres pour limiter la propagation des maladies.

Et les résultats sont là. Après trois années d’observation, les exploitations intégrées au réseau Dephy Arboriculture ont enregistré une diminution de 12% en moyenne de leur indice de fréquence de traitement (IFT). Cet indicateur mesure l’intensité de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Aujourd’hui, 32% des systèmes arboricoles DEPHY sont considérés comme économes en produits phytosanitaires et économiquement performants par le ministère en charge de l’agriculture.
Ces résultats sont encourageants, d’autant que toutes les espèces fruitières suivies sont présentes dans cet ensemble de tête. Une représentativité qui prouve que certaines de ces méthodes alternatives peuvent être généralisées à toutes les cultures arboricoles.

 

En savoir plus :

Pour mieux connaître les expérimentations menées dans le cadre du réseau DEPHY – filière arboricole : Présentation des systèmes arboricoles du réseau DEPHY

 

  • Mots clés

Pesticides, Ferme Dephy, Produits Chimiques, Ecophyto

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