MOND'ALIM 2030
L’objectif de l’exercice est de contribuer à mieux comprendre la mondialisation à l’œuvre dans les systèmes alimentaires, ses tendances lourdes comme les basculements en cours ou les ruptures possibles, et d’en tirer des enseignements pour l’action du ministère comme pour celle de ses partenaires.
En matières agricole et alimentaire, les dynamiques locales sont de plus en plus conditionnées par des facteurs lointains et globaux : l'emploi en Bretagne est lié aux activités agroalimentaires au Brésil ou en Nouvelle-Zélande, le développement rural en Malaisie découle du rapport des consommateurs européens à l'huile de palme, le café au Vietnam dépend des décisions multilatérales sur le climat, les influences culinaires japonaises ou américaines rencontrent les traditions alimentaires européennes ou mexicaines, etc.

Cette mondialisation des systèmes alimentaires est autant économique que culturelle, sociale, politique, informationnelle, scientifique, juridique, etc. Elle désigne un processus multiséculaire qui se poursuit, se transforme, s'approfondit à certaines époques et s’atténue à d’autres. Afin de dégager les principales tendances qui le caractérisent, le Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt a réalisé un panorama prospectif, en s’appuyant sur les réflexions d'un groupe d’une trentaine d’experts. Cet exercice collectif a donné lieu à la rédaction d’un ouvrage, édité par la Documentation française.

Un  séminaire de restitution (PDF, 108.04 Ko) de cet exercice a été organisé le 9 mars 2017. Six thématiques y ont été plus particulièrement abordées : évolutions des conduites et des modèles alimentaires ; dynamiques du commerce international ; structuration et diffusion des données, de la recherche internationale et des innovations ; mondialisation des risques et des problèmes publics ; stratégie des acteurs publics et privés qui fabriquent cette mondialisation ; enjeux et tendances en matière de gouvernance.
Visionner les vidéos réalisées à l'occasion de ce séminaire, avec :

Les six dimensions analysées, les six chapitres de l’ouvrage

Questions/réponses 

À quoi sert la prospective ?
La prospective n’est pas une discipline ou une science, mais seulement une démarche intellectuelle qui part des réalités passées et présentes pour anticiper les futurs probables et favoriser les futurs souhaitables. Il ne s’agit ni de planification ni de prévision, mais d’une anticipation au service de l’action. En tant que composante fondamentale de la décision publique, la prospective a pour objectif d’aider à penser demain pour agir aujourd’hui.C’est une méthode permettant de comprendre les phénomènes à l’œuvre, d’identifier les contraintes et obstacles, les opportunités et leviers.

Pourquoi une prospective sur la mondialisation ?
Après trois chantiers prospectifs principalement centrés sur l’échelle nationale voire infra-nationale, il nous a semblé intéressant de dépasser ces niveaux d’analyse et d’envisager le processus de mondialisation non pas comme un élément de contexte mais en tant que tel. C’est une problématique puissante pour comprendre les réalités et problèmes d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’oublier l’échelle « France », mais de faire le détour par le système-monde pour mieux cerner les opportunités et menaces pour notre pays.

De quelle mondialisation parle-t-on ?
Nous entendons par le terme « mondialisation » l’ensemble des phénomènes, dans tous les domaines de la vie en société, concourant à l’accroissement des interdépendances entre les acteurs et qui tendent à construire un système de dimension planétaire. Il s’agit donc d’un processus, d’un mouvement plus qu’un état ou une situation. Ce processus est plus ou moins rapide et accentué selon les périodes, les domaines, les niveaux d’analyse. Il connait actuellement une nouvelle phase, marquée notamment depuis la fin de la "guerre froide" par son caractère multipolaire ou a-polaire, la multiplication des conflits locaux, l’apparition de nouveaux acteurs (pays émergents, "société civile", etc.), le basculement de l’économie vers l’Asie, etc.

Qu’entend-on par « systèmes alimentaires » ?
Un système alimentaire, c’est la manière dont les hommes s’organisent dans l’espace et dans temps, pour obtenir et consommer leur nourriture. Il ne s’agit donc pas seulement de l’agriculture et des échanges marchands, mais aussi des valeurs, des organisations, des institutions, des acteurs, etc.

Quels sont les pièges à éviter dans un tel exercice ?
Le biais le plus fréquent est la confusion entre "mondialisation" et "état du monde" : ce projet s’intéresse à lamondialisation des systèmes alimentaires, et non pas à la situation de l’alimentation dans le monde. D’un point de vue historique, il convient de ne pasjuger le passé en fonction des seuls derniers mois, ni de prolonger le présent au lieu d’imaginer l’avenir. D’un point de vuegéographique, il faut s’empêcher de transposer le cas français ou européen à l’ensemble de la planète, et plutôt considérer la France comme une composante parmi d’autres du monde. Enfin, le réalisme prospectif doit prévaloir à la fois sur le pessimisme de la "mondialisation malheureuse" et l’optimisme de la "mondialisation heureuse".