Travailler chez Guerlain : un rêve pour Céline Fézard
Portrait de Céline FEZARD, chef de projet qualité conception packaging sur les Axes animation-PLV et offres exclusives de parfumerie chez Guerlain.
©Cheick.Saidou/Min.Agri.Fr
Trouver un emploi dans l'industrie cosmétique avec une formation en agroalimentaire ? Pas si surprenant. Céline Fezard, 38 ans, est chef de projet « qualité, conception et packaging » chez Guerlain. Elle revient sur son parcours au lycée agricole de Chartres-la Saussaye (Eure-et-Loire) : des études qui lui ont permis de trouver rapidement un emploi dans la Cosmetic Valley.

Guerlain, Dior, Paco Rabanne, Lancaster... ce sont des entreprises de prestige qui sont installées ici, dans la région de Chartres. Et pour cause, le pôle de compétitivité de la Cosmetic Valley est le premier centre de ressources mondial de la parfumerie cosmétique. C'est dans la nouvelle usine de Guerlain dite « La Ruche » - inaugurée en février 2015 par le Premier Ministre Manuel Valls - que travaille Celine Fezard, ancienne élève du BTSA Sciences et technologie des aliments (STA) du lycée la Saussaye.

« Grâce à ma formation, je n'étais pas dépaysée lorsque j'ai commencé à travailler en entreprise », explique Céline Fézard, qui est aujourd'hui chef de projet « qualité, conception et packaging » chez Guerlain.

Céline Fezard s'occupe de l'offre de parfums exclusifs de la Maison Guerlain : des pièces d'exception, souvent réalisées en collaboration avec des maisons d'artisanat d'art, telle cette édition limitée de l'Heure Bleue, façonnée par les maisons Baccarat et Gripoix, à l'occasion des 100 ans de ce parfum mythique. Sa formation ? Après un baccalauréat scientifique, Céline Fezard cherchait « une formation professionnalisante pour s'insérer facilement sur le marché de l'emploi ». Originaire de Chartres, elle suit le BTSA STA, avant de se spécialiser à l'Institut supérieur européen du conditionnement alimentaire (ISECA). Cette jeune femme déterminée postule ensuite spontanément auprès de Guerlain (groupe LVMH) qui l'embauche en tant que technicienne qualité en packaging. Pendant près d'un an, elle s'occupera des flacons, bouchons, diffuseurs, coffrets, etc. afin de régler les interactions entre les machines de conditionnement. Là, elle se forme à de nouvelles techniques notamment sur les poudres et rouges à lèvres. « Je ne m'imaginais pas un jour travailler dans l'industrie cosmétique. C'est un univers de rêve », explique cette femme qui semble très épanouie dans son métier. Elle sera pendant une dizaine d'années, en charge de la gestion qualité des coffrets et autres cadeaux faits aux clients par la marque.

Des formations agricoles recherchées par l'industrie cosmétique

Inscrit dans la dynamique économique de son territoire, l'EPLEFPA de Chartres propose plusieurs formations ouvertes vers le secteur de l'industrie cosmétique comme le Baccalauréat Professionnel Bio-Industrie et Transformation ou le BTSA STA, ou encore la formation d'opérateur/agent de fabrication et de conditionnement pharmaceutique et cosmétique.

Des élèves et leur professeur dans la halle technologique et agroalimentaire. (Lycée agricole de Chartes la Saussaye)
©Cheick.Saidou/Min.Agri.Fr
Il dispose de laboratoires équipés de matériel de pointe où les machines reproduisent à l'identique « une usine miniature » à travers des cuves, des remplisseuses ou encore un lyophilisateur. En travaux pratiques, les élèves y apprennent les bonnes pratiques de fabrication (BPF) qu'ils mettront en place dans leur futur métier.

Compotes, jus de fruits mais aussi dentifrices, crèmes pour le visage...c'est tout un panel de produits que les élèves apprennent à fabriquer en suivant, à la lettre, les processus de production et de conditionnement. Car l'industrie est un univers exigeant. « La rigueur est de mise car si vous vous trompez dans les proportions, en entreprise, le produit est tout simplement jeté », explique Céline Fezard. Les professeurs supervisent les groupes d'élèves afin qu'ils maîtrisent les règles d'hygiène et de sécurité. Au delà du bagage technique, « nous cherchons à développer le savoir être des élèves afin qu'ils puissent s'adapter, plus tard, aux industries », précise Gérard Martin, responsable du Pôle industries agroalimentaires. Les grands noms de la Cosmetic Valley connaissent bien l'EPLEFPA La Saussaye : chaque année, ces entreprises viennent présenter les perspectives de carrière aux élèves dans ce secteur de l'industrie. Une bonne façon, pour eux, de se projeter dans leur futur métier !

 

« La majorité des élèves du BTSA STA poursuivent leur cursus notamment en licence professionnelle et trouvent un emploi à la sortie », Gérard Martin, responsable du Pôle industries agroalimentaires du lycée agricole de Chartes-La Saussaye

 

La Cosmetic Valley

La politique de décentralisation des années 70 incite les grands parfumeurs à quitter la région parisienne. Ils sont alors nombreux à implanter leurs sites de production au sud de l'Ile-de-France. En 2005, le centre de la Cosmétic Valley est labellisé « pôle de compétitivité ». Son territoire se concentre sur 6 départements dans 3 régions (Centre, Haute Normandie et Ile de France).

Elle accueille la plus grande concentration nationale d'industriels avec 800 entreprises qui totalisent 70 000 emplois et 18 milliards € de chiffres d'affaires.

La Cosmetic Valley, c'est aussi 8 600 chercheurs issus de 8 Universités et 200 laboratoires publics qui travaillent sur plus de 100 projets de Recherche et Développement.