Communication sans sexisme : le ministère s’engage
03/01/2017
Ci-après crédit
©Xavier Remongin/Min.Agri.Fr
Le 3 janvier, Stéphane Le Foll a signé la "convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe" établie par Danielle Bousquet, Présidente Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (HCEfh). L’occasion d'en rappeler les dix recommandations. Le ministère en charge de l’agriculture est l’un des premiers ministères signataires de cette convention, preuve de sa modernité et de son engagement pour une société d’égalité réelle.

Une convention pour renverser les stéréotypes

Après le Service d’Information du Gouvernement, le ministère de la Justice, l’ONISEP et de nombreux autres signataires, parmi lesquels des collectivités locales et des Universités, le ministère s’engage lui aussi dans cette lutte contre ces manifestations du sexisme : Invisibilité des femmes dans l’usage de la langue, enfermement des femmes et des hommes dans des rôles et situations restreints ou encore hiérarchisation des statuts et des fonctions de chaque sexe au détriment des femmes ; les stéréotypes sont partout.

Un guide pour promouvoir les bonnes pratiques

Co-construit par des linguistes, des communicants, des fonctionnaires et des membres du Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (HCEfh), ce guide de référence paru en novembre 2015 est aujourd’hui réédité par la Documentation Française. Il énonce 10 recommandations, argumentées et illustrées d’exemples. Diffusé auprès des personnes en charge de la communication publique dans les administrations signataires, ce guide s’adresse bien évidemment à tous des agents, mais aussi à l’ensemble des partenaires et prestataires extérieurs.

User du féminin, diversifier, équilibrer...

Le ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt s’engage à :

  • user du féminin dans les documents administratifs (fiches de poste, noms de métiers, titres, grades, fonctions) ;
  • parler "des femmes" non "de la femme" lors de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars ;
  • diversifier les représentations des femmes et des hommes, afin de ne pas les enfermer dans des rôles de sexe stéréotypés ;
  • promouvoir l’enseignement agricole en mettant en valeur autant de filles que de garçons sur les photos, les articles du magazine alim’agri ou la plaquette éditée lors de la rentrée scolaire ;
  • concevoir des campagnes sur la mixité des métiers dans les filières scientifiques ;
  • rechercher l’équilibre du nombre de femmes et d’hommes dans les conseils d’administration ;
  • répartir la valorisation entre femmes et hommes reconnus comme experts dans les interviews et les reportages.

Pour autant, la lutte contre les stéréotypes sexistes ne doit pas être l’apanage des professionnels de la communication publique. Très instructif, le guide du HCEfh offre aussi à chacune et chacun, l’occasion de s’interroger sur ses propres représentations, sur ses choix de langage, et sa connaissance des textes en vigueur.


Pour en savoir plus
Le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes
La convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe
La liste des signataires de la convention
Le guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe

A voir aussi
L’Observatoire des inégalités / thématique hommes-femmes
Les Journées du Matrimoine (une initiative exemplaire)

Les textes fondateurs

  • 2008 : le Conseil de l’Europe adopte une recommandation visant "à l’élimination du sexisme dans le langage et la promotion d’un langage reflétant le principe d’égalité entre les femmes et les hommes"
  • 2012 : les feuilles de route ministérielles issues du Comité Interministériel aux Droits des femmes (CIDF) imposent des actions à mener dans le cadre de la communication institutionnelle.
  • 4 août 2014 : la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes précise que les collectivités doivent présenter un rapport de situation locale en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et les orientations et programmes visant à améliorer cette situation.
  • 2 juillet 2013 : le protocole d’accord signé entre le ministère des droits des femmes et les grandes associations de collectivité) indique que « l’égalité entre les femmes et les hommes doit être prise en compte à toutes les étapes des politiques publiques, au moment de leur mise en œuvre et de leur diffusion, au moyen notamment des techniques de l’intégration du genre dans les documents de communications tant internes qu’externes ».
  • la "Charte pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale" du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), dans son Art.6 ("contrer les stéréotypes"), engage les signataires à s’assurer que leur propre communication, publique et interne, soit pleinement conforme à cet engagement.