Comment est choisie la vache égérie du Salon international de l'agriculture ?
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© Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr
Haute, Candy, Cerise, Fine… Chaque année, le Salon international de l'agriculture (SIA) accueille sa star ! Mais sur quels critères sont sélectionnées ces bêtes de concours et par qui ? Valérie Le Roy, directrice du SIA, explique le parcours des égéries.

Du bestiaire des livres pour enfants aux films et publicités, la vache constitue un personnage récurrent de la culture française. Et pour cause : le placide bovin représente une composante majeure du paysage et inspire la sympathie du public.

« La vache est un véritable symbole. Au cours des enquêtes menées auprès des visiteurs, on s'est aperçu que ce mammifère représentait tout le salon dans son ensemble » explique Valérie Le Roy.

C'est pourquoi, dès 2011, cet animal est la mascotte de la plus grande ferme de France. Affiches, billets d'entrée, réseaux sociaux, presse… la photo de l'égérie se décline sur tous les supports.

Si la vache connaît une forte médiatisation, cette stratégie visuelle a plusieurs objectifs. « Ce qui nous intéresse, c'est de promouvoir une race mais également les hommes dont l'activité y est liée, les produits qu'elle fabrique et le territoire dans lequel elle vit ».  

Le parcours de sélection

Devenir égérie ne s'improvise pas du jour au lendemain ! Les races qui souhaitent postuler doivent envoyer leur candidature avant l'ouverture de l'édition précédente. «  Cette année, les associations de races ont jusqu'au 23 février au plus tard pour envoyer leur cahier des charges pour l'édition 2019 », précise la directrice du Salon international de l'agriculture (SIA).  

La décision finale est prise au mois de mai : le jury se réunit au grand complet. Il est composé de Valérie Le Roy, directrice du Salon, de Jean-Luc Poulain, agriculteur et président du Centre National des Expositions et des Concours Agricoles (Ceneca),  de représentants d'organismes de sélection de race et du représentant du comité élevage du Salon ainsi que d'un éleveur.

« Nous veillons au respect de l'alternance entre race à viande et race laitière. Cette année, c'est une Aubrac par exemple, tandis que Fine représentait la filière laitière lors de l'édition précédente. Nous faisons également attention à l'équilibre entre les races à petits effectifs et les grandes races. »

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En juin, on annonce aux organismes de sélection si leur race est retenue. L'organisme de sélection décide de la vache qui est la plus représentative génétiquement parlant, mais pas que. Un critère majeur entre dans la désignation de la grande vainqueur : la disponibilité de son éleveur. En effet, être éleveur de l'égérie du Salon requiert un investissement important. « C'est une aventure médiatique ! L'éleveur doit consacrer en moyenne deux jours par semaine aux sollicitations des médias à partir du mois de décembre ». Et la cadence s'intensifie jusqu'au Salon : les journalistes sont de plus en plus friands de portraits de la plus belle vache de France du moment. Pour se préparer à cet exercice, des sessions de médiatraining sont organisées pour l'éleveur.

Le Président de la race choisit la vache début juillet au plus tard et les photos officielles sont prises pendant l'été afin que la vache soit présentée dans son élément naturel. Le nom et la photo de l'égérie ne sont dévoilés que mi-novembre, à l'ouverture officielle du site du Salon international de l'agriculture.

Retrouvez Haute, égérie 2018 dans sa stalle avec son veau dans le pavillon 1 de la Porte de Versailles.

 

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