Une charte des bonnes pratiques en méthanisation
©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr
Le 21 juin 2016, lors de l'assemblée générale de l'Association des Agriculteurs Méthaniseurs de France (AAMF), Stéphane Le Foll a signé la charte élaborée par ces agriculteurs innovants. L’occasion également de rappeler tout l’intérêt du développement de la méthanisation agricole.

La France s'est fixée des objectifs ambitieux dans le cadre du plan EMAA (Energie Méthanisation Autonomie Azote) : 1000 méthaniseurs pour 2020 et le caractère indispensable du recours aux énergies renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique. La méthanisation agricole permet une meilleure valorisation des déchets, une meilleure gestion des effluents d'élevage et assure un complément de revenus pour les agriculteurs. En cela, elle s'inscrit pleinement dans la dynamique de l'agro-écologie.

Le Ministre a également salué les démarches d'innovation collectives, ancrées dans les territoires, et invité les agriculteurs pionniers de la méthanisation à jouer désormais un rôle d'ambassadeur afin de favoriser l'émergence des projets de méthanisation.

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L’Association des Agriculteurs Méthaniseurs de France travaille activement depuis 2010 à soutenir les agriculteurs exploitants d’installations de méthanisation agricole, à mutualiser les compétences et les retours d’expériences, et à défendre les intérêts de la méthanisation agricole.

En lançant la charte des bonnes pratiques en méthanisation, les Agriculteurs Méthaniseurs de France s'engagent notamment à  assurer la traçabilité pendant tout le cycle du procédé de méthanisation, à « contribuer au développement durable de leur territoire », ou encore « à réaliser une valorisation vertueuse des matières organiques et à optimiser la valorisation agronomique du digestat ».

La méthanisation : une production d'énergie renouvelable amenée à se développer

La méthanisation est un procédé naturel de dégradation de la matière organique conduisant à la production d’un gaz, appelé « biogaz ». Ce biogaz peut être valorisé pour la production, au choix :

  • de chaleur uniquement (en chaudière),
  • d’électricité et de chaleur de façon simultanée (en cogénération),
  • de biométhane pouvant être injecté dans le réseau de gaz naturel, et utilisable pour tous les usages traditionnels du gaz naturel, dont l’usage carburant.

La méthanisation produit également un résidu, appelé digestat, qu’il est ensuite possible de valoriser comme fertilisant pour l’agriculture.

La méthanisation agricole est un des piliers de l’agro-écologie, qui permet tout à la fois :

  • de transformer la problématique de la gestion des effluents d’élevage en une opportunité pour repenser la gestion de la fertilisation azotée,
  • de produire une énergie renouvelable qui permettra d’atteindre les objectifs ambitieux que s’est fixés la France pour sa transition énergétique,
  • de traiter les déchets organiques issus notamment de l’agriculture, permettant leur valorisation agronomique dans une démarche agro-écologique, et leur valorisation économique dans une logique vertueuse d’économie circulaire,
  • de proposer une opportunité pour développer un revenu complémentaire pour les agriculteurs, en les faisant participer à la transition énergétique.

La dynamique de la méthanisation agricole en France est enclenchée, avec 236 installations en fonctionnement au 1er janvier 2016, grâce à la volonté et à l’engagement d’agriculteurs pionniers et novateurs. Le gouvernement continuera d’accompagner cette dynamique, pour atteindre l’objectif ambitieux visé par le plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote de 1000 méthaniseurs agricoles en 2020.

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