Mexique

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

Le Mexique, 12e producteur mondial d’aliments, figure parmi les principaux exportateurs et producteurs d’avocats, citrons verts, café, canne à sucre, maïs, viande de volaille et viande bovine. Bien que sa balance commerciale agroalimentaire demeure déficitaire (-1 Md€ en 2014), ce déficit tend à se réduire depuis quelques années.

Sa proximité avec les Etats-Unis peut être tant bénéfique, de par les avantages comparatifs du pays (climat, coût de la main-d’oeuvre), que facteur de déstructuration de son agriculture et de dépendance (72% de ses importations agricoles sont en provenance des états-Unis).

Le secteur agricole mexicain présente certaines faiblesses structurelles: fortes inégalités, faible productivité, manque d’équipements, problèmes d’accès à l’eau et de sécheresses récurrentes, et faible organisation des producteurs. En début d’année 2014, le Président Peña Nieto a exprimé le souhait de réformer la production agricole mexicaine afin de la rendre plus moderne, plus productive et socialement plus juste.

En matière commerciale, le Mexique a signé 10 traités de libre-échange avec 45 pays. Le pays regarde aujourd’hui d’avantage vers la zone Pacifique et vers l’Asie, avec pour nouveaux grands partenaires le Japon, la Chine et dans une plus faible mesure la Russie.

Les exportations agroalimentaires françaises vers le Mexique restent peu développées (99M€ en 2014), et celles-ci se concentrent essentiellement sur les vins et spiritueux (43,6M€ en 2014). En 2014, la balance commerciale agroalimentaire est déficitaire pour la France de 2M€.

Production agricole

En 2014, le secteur primaire a contribué au PIB total à hauteur de 4%, pour un montant de 38Md€. Le secteur agroindustriel représente 5% du PIB total mexicain. Le secteur primaire emploie 13% de la population active. 35% des exploitations ont une taille inférieure à 2ha, 25% entre 2 et 5 ha et 40% des exploitations sont supérieures à 5ha. Plus de la moitié du territoire mexicain est constitué de terres arides. On compte 5,4millions d’unités économiques rurales au Mexique. L’éclatement des unités de production est essentiellement dû à une redistribution foncière en faveur des ejidos (régime de propriété dit "social" qui confère un rôle important aux régulations collectives et à l’administration centrale). Aujourd’hui, plus de la moitié de la superficie agricole du Mexique est répartie entre plus de 30 000 ejidos. 72,2% des unités économiques rurales sont en situation de marginalité et de pauvreté. Ces unités agricoles d’autosubsistance sont très faiblement intégrées au marché national. Leurs revenus dépendent des soutiens gouvernementaux et d’activités annexes.

Le secteur des unités de production agricoles en transition représente 18,3% du nombre total des unités économiques rurales. Du fait d’un faible niveau technologique et d’une faible dotation en capitaux, ces unités présentent de bas niveaux de production et de productivité.

Le Nord du Mexique a vu se développer une agriculture entrepreneuriale dynamique très intégrée sur les marchés, nationaux et internationaux. Cette catégorie regroupe 8,7% du total des unités économiques agricoles.

Productions végétales

Si le secteur de la canne à sucre est l’un des secteurs les plus productifs de l’agriculture mexicaine, le développement des biocarburants reste encore assez faible. Cependant, face à la chute des prix du sucre, la production d’éthanol apparaît comme une alternative souhaitable. Pemex, compagnie mexicaine de pétrole a d’ores et déjà formalisé son programme d’appels d’offres. Le lancement du programme national de production d’éthanol est prévu pour 2015.

Production agricole

Productions animales

Le Mexique se classe 6e au niveau mondial pour la production de viande bovine. En 2013, le cheptel était de 30millions de têtes. La production de viande bovine a été de 1,8Mt, en croissance de 1,9% par rapport à 2000. En ce qui concerne la production de lait, la production reste encore en deçà de la demande nationale. En 2013, le Mexique a produit 11Ml de lait de vache grâce à un cheptel de plus de 2,4millions de têtes. La production a faiblement augmenté par rapport à 2000 (+1,3%).

En 2013, le Mexique a été le 5e producteur mondial de viande de volaille. Grâce à un cheptel de 333millions d’animaux, le Mexique a produit 2,8Mt de viande de volaille en 2013. Cependant, malgré des chiffres encourageants (production qui a augmenté de 3,4% par rapport à 2000), la filière avicole a été lourdement impactée par plusieurs cas de grippe aviaire. Le Mexique est le 6e producteur mondial d’oeufs (2,5Mt en 2013).

La production porcine a été en 2013 de 1,3Mt, pour un cheptel de 16,2millions de têtes.

Malgré l’étendue de la ZEE mexicaine (3,1Mkm2), les secteurs de la pêche et de l’aquaculture restent trop peu développés. En 2013, la production a été de 1,5Mt (85% réalisés par capture et 15% en aquaculture). La consommation de produits de la mer reste faible au Mexique, s’élevant à 12kg/personne/an (contre 18kg/personne/an –moyenne mondiale).

Le secteur agro-industriel

En 2013, la production du secteur agro-industriel mexicain a représenté 35md€ soit 4,5% du PIB mexicain. Se détachent principalement les produits agroalimentaires, tels que les sodas, la bière, les produits carnés et la téquila.Mexico compte plusieurs grands groupes d’envergure internationale : Bimbo, Femsa, Lala, Gruma….
Le Mexique est un grand importateur d’intrants. En 2014, le pays a importé pour 428M€5 d’intrants, soit plus de 11% supplémentaires par rapport à l’année 2013.

Politique agricole

Le budget alloué au Ministère de l’agriculture, de l’élevage, du développement rural, de la pêche et de l’alimentation (SAGARPA) en 2015 est de 4,7Md€6 (+7% par rapport à 2014). En début d’année 2014, le Président Peña Nieto a annoncé les objectifs que se fixe son gouvernement en matière de politique agricole : réformer l’agriculture mexicaine afin de la rendre plus productive, plus compétitive et socialement plus juste. Plusieurs thèmes sont présentés : soutien aux petits et moyens producteurs, soutien à la production nationale de fertilisants, utilisation de semences améliorées, renforcement de l’innocuité alimentaire, développement de l’irrigation, développement du crédit et des services financiers en zone rurale, intégration de l’offre et de la demande de produits agricoles et modernisation du cadre légal des activités agricoles (réforme foncière).

Les principaux outils sont les suivants :

Des soutiens directs à la production

16% des fonds alloués à l’agriculture (soit 749M€ en 2014) sont dédiés au Programme PROAGRO (remplace le programme PROCAMPO). Il s’agit de versements directs par hectare, qui se distinguent des versements sans conditionnalité du PROCAMPO par la nécessité pour le producteur de prouver que l’aide reçue permettra de réaliser des investissements productifs.

Des aides contra cycliques et des outils de gestion des risques

Dans le cadre d’un système d’agriculture sous contrat, l’ASERCA, organe décentralisé du Ministère de l’agriculture, fournit des couvertures sur les mouvements à la baisse qui peuvent avoir lieu pendant la période se situant entre l’enregistrement et la validation des contrats et la livraison de la récolte. Cela concerne essentiellement les grandes cultures.

Depuis le mois de septembre 2012, l’agriculture sous contrat évolue vers un système d’acquisition de couvertures par les producteurs et acheteurs directement sur le marché des dérivés. Le gouvernement rembourse a posteriori les contrats d’option à la vente (put) et à l’achat (call).

AGROASEMEX est un organisme fédéral qui jusqu’en 2001 offrait des services d’assurance directement aux agriculteurs à des prix subventionnés ; depuis lors, il fait office de réassureur et canalise l’aide à l’assurance agricole par l’intermédiaire de compagnies d’assurance privées et de fonds d’assurance. Le gouvernement mexicain incite les producteurs à prendre une assurance et il fournit une aide sous forme de garanties. technification et relance de la productivité

La technification des systèmes d’irrigation est soutenue à hauteur de 126M€.

Le programme de relance de la productivité (363M€ soit 8% du budget) vise notamment le développement de pôles de compétitivité, la mise en place de schémas de certification et le développement stratégique de la zone sud et sud-est.

Développement rural

Le Programme de développement rural (748M€ soit 16% du budget) comprend le fonds de gestion des catastrophes climatiques (218M€), le financement du projet stratégique pour la sécurité alimentaire, PESA, mis en place avec la FAO (178M€) et le programme MasAgro, destiné à l’agriculture paysanne et aux petits producteurs de blé et de maïs (22M€).

Soutien au secteur de l’élevage

En 2014, le gouvernement mexicain a mis en oeuvre un plan de relance de l’élevage, notamment en augmentant de 34% le budget alloué à ce secteur, qui comprend trois axes prioritaires : investissements en équipements et infrastructures productifs (développement du cheptel, restauration des pâturages, dotation en équipements de transformation), durabilité (gestion des effluents d’élevage) et reproduction et matériel génétique (développement de l'insémination artificielle, du transfert d'embryons, etc.).

L’utilisation des OGM, sujet sensible pour le maïs

Si le Mexique produit du soja (surface autorisée de 253 000ha, répartie sur 6 états), du coton et de la luzerne génétiquement modifiés, l’autorisation de commercialisation de maïs OGM est toujours à l’étude. Le gouvernement mexicain a décidé, dès 2009, de lever l’interdiction totale des cultures de variétés de maïs génétiquement modifiées. Mais les craintes de contamination des espèces natives du Mexique freinent le processus de libéralisation pour la commercialisation des semences.

Echanges commerciaux

Échanges agricoles du Mexique

Au cours de la dernière décennie, le Mexique s’est imposé comme le 12e pays exportateur d’aliments au monde. Le Mexique est le 1er exportateur d’avocats, canne à sucre, goyaves, tomates, citrons, concombres, pastèques papayes, mangues, piments et café biologique. En 2014, la balance commerciale agroalimentaire du pays demeure déficitaire : en 2014 ses exportations ont atteint 21Md€ alors que ses importations se sont établies à 22Md€, entraînant un solde commercial déficitaire de 1Md€. Le Mexique se trouve dans une situation de dépendance vis-à-vis des Etats-Unis pour des produits de base essentiels à l’alimentation humaine ou à l’élevage : 73% des exportations et 72% des importations agricoles sont réalisées avec son voisin du Nord. Le Mexique importe essentiellement des céréales, oléagineux, viandes et produits laitiers (surtout du lait en poudre).

Les échanges agricoles avec la France

Avec la France, le commerce des produits agroalimentaires reste encore peu développé, sauf pour certains produits où la présence française est réellement significative (vins, produits gourmets). La balance commerciale est favorable au Mexique (excédent commercial de 2M€) qui a exporté vers la France en 2014 des produits agroalimentaires pour un montant de 101M€ en particulier du café (8M€), des citrons (10,8M€ en 2014), des avocats, de la tequila et de la bière (5M€ en 2014). La France a exporté pour un montant de 99M€ en particulier dans les secteurs des boissons (43,6M€ en 2014, et 2e fournisseur de vins), des produits laitiers (12M€ en 2014) et des aliments pour le bétail.

Concernant le machinisme agricole et les équipements agroalimentaires, la France exporte surtout des serres (9,4M€ en 2014) et des pesticides.

La présence des entreprises françaises dans certains secteurs mérite par ailleurs d’être soulignée. Dans le secteur des produits laitiers, Danone emploie 10 000 salariés et contrôle environ 44% du marché national. La France est le 2e fournisseur en produits pour l’alimentation animale (21,6M€ en 2014). Certaines entreprises, comme Invivo, produisent directement sur place, avec des filiales locales comme Malta Cleyton, premier producteur mexicain d’aliments pour bétail, ou encore l’entreprise Virbac, spécialiste de la santé animale qui, en 2014, a investi 15,8M€10 pour la construction d’un nouveau site au Mexique.

Accords commerciaux

Le Mexique fait partie de l’ALENA, accord entré en vigueur le 1er janvier 1994, qui supprime les barrières douanières avec le Canada et les Etats-Unis. Depuis son entrée en vigueur,  les échanges de produits agroalimentaires ont fortement augmenté. Aujourd’hui, le Mexique importe 42% de sa consommation d’aliments et certains produits de base de l’alimentation mexicaine dépendent en grande partie des importations. Le pays a abandonné certaines cultures peu compétitives sur les marchés internationaux pour se tourner vers celles où il bénéficiait d’avantages comparatifs comme les fruits et les légumes. Les exportations du secteur agroalimentaire ont également largement bénéficié de l’ouverture du marché nord-américain.

Favorable au libre-échange, et dans le but de réduire sa dépendance au marché nord-américain, le Mexique a conclu 10 accords de libre-échange impliquant 45 pays dans le monde. C’est le seul pays au monde à avoir conclu des accords de libre-échange avec les pays de la Triade avec la mise en oeuvre d’un accord avec l’Union-européenne en 2000 et avec le Japon en 2005. Une renégociation de l’accord avec l’UE a été initiée début 2013 par le Président mexicain et le Président de la Commission Européenne, ce qui laisse envisager un approfondissement du volet agricole. Par ailleurs, l’administration du président Peña Nieto se fixe comme priorité de développer les échanges commerciaux avec les pays de la zone Pacifique. Le Mexique a intégré les négociations du Trans Pacific Partnership (TPP) en septembre 2012. Enfin, depuis 2012, le Mexique est très actif dans l’Alliance Pacifique (Pérou, Colombie, Chili, Mexique).

Le Mexique participe activement aux travaux de l’OMC ainsi qu’aux négociations du Cycle de Doha. Il n’est pas membre du groupe de Cairns. Au cours des négociations qui ont entouré la 9e conférence ministérielle de l’OMC à Bali, le Mexique a défendu des positions proches des nôtres sur la quasi-totalité des sujets (encadrement de la clause de «due restraint» notamment). Sur le volet concurrence à l’exportation, le Mexique s’est aligné, mais de façon modérée, sur la position des pays du G20 agricole, en demandant des limitations concrètes des subventions.

Dans l’optique de la 10e conférence ministérielle à Nairobi en décembre 2015, le Mexique n’a pour l’instant pas pris de position.

Le Mexique fait partie de l’Arrangement de Lisbonne pour la protection des appellations d’origine.

L’agenda du G20 agricole, sous la présidence mexicaine (2012) a été marqué par la poursuite des objectifs de réduction de la volatilité des prix, d’amélioration du fonctionnement des marchés de matières premières et de la productivité agricole.

Relations bilatérales

Depuis 2012, les relations franco-mexicaines se sont fortement renforcées : en avril 2014 le Président François Hollande a réalisé une visite d’état au Mexique. A noter également l’existence du Conseil stratégique franco-mexicain qui réunit des donneurs d’ordre publics et privés du côté français comme du côté mexicain.

Dans ce cadre, le ministère de l’Agriculture français et son homologue mexicain ont entamé un processus de rapprochement afin de définir les grands axes d’un futur partenariat dans le domaine agricole et agroalimentaire. Les axes explorés sont : l’agriculture et le changement climatique (gestion de l’eau, atténuation des effets de la production agricole sur le climat), la sécurité alimentaire et l’alimentation (politiques de l’alimentation, lutte contre les pertes post récoles et le gaspillage alimentaire…) et la coopération scientifique, technique et académique (élevage…).

Ce rapprochement a déjà pu prendre la forme d’un colloque franco-mexicain sur l’élevage, organisé dans le cadre de la visite d’état de François Hollande, ou encore la visite d’une délégation mexicaine au Salon International de l’Agriculture 2015.

Sources : Banque mondiale, douanes françaises et mexicaines citées par Business France 2013 et 2014, MAAF, Ambassade de France aux États-Unis. 

Voir aussi