Malaisie

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

La Malaisie est composée de deux régions principales : la Malaisie péninsulaire et les Etats de Sarawak et Sabah sur l’île de Bornéo. Ces deux derniers états représentent 60% du territoire (mais seulement 15% de la population).

Le climat est tropical. La péninsule est traversée au milieu par des chaînes de montagnes, ne laissant que les plaines côtières disponibles pour l’agriculture et l’urbanisation.

L’agriculture contribue à 9,3% du PIB et emploie 13% de la population active, soit 1,7million de personnes. La surface agricole, avec 7,7Mha, couvre 23% du territoire. En 2005, le pays recensait 526 000 exploitations agricoles.

L’agriculture malaisienne est peu diversifiée, trois productions occupant 96% de la surface agricole en 2013. Il s’agit de deux plantations tropicales : l’huile de palme (5,2Mha) et l’hévéa (1,5Mha). Le riz, principale culture alimentaire, occupe 0,67Mha. Cette faible proportion des cultures alimentaires font de la Malaisie un importateur net de produits agroalimentaires si on exclut l’huile de palme et le caoutchouc.

Des programmes publics de développement ont été menés avec succès à partir des années 60 pour augmenter le revenu des populations rurales, en les installant sur des plantations ou en les regroupant en coopératives.

Néanmoins, depuis les années 90, le développement des plantations est principalement mené par des multinationales.

Production agricole

En 2005, la Malaisie recensait 526 000 exploitations agricoles sur 7,7Mha. Pour les plantations (caoutchouc, huile de palme, cacao), de grandes exploitations, publiques ou privées, coexistent avec des petits producteurs. Par exemple, pour l’huile de palme, 60% des plantations de palmiers à huile appartenaient à des entreprises privées en 2007, 21% faisaient partie de projets gouvernementaux, 11% appartenaient à des petits producteurs et 7% étaient liées à des projets régionaux. Par ailleurs, pour les autres productions (fruits, légumes, riz, etc.), il s’agit essentiellement de petits producteurs cultivant en moyenne 1ha ou moins.

Productions végétales

La Malaisie exploite historiquement de nombreuses surfaces de cultures pérennes tournées vers l’exportation. Deux plantations tropicales (huile de palme et caoutchouc) représentent 87% de la surface agricole et 44% du PIB agricole en 2013.

La Malaisie est le 2e producteur d’huile de palme avec 19,2Mt en 2013 (33% de la production mondiale). Les palmiers occupent 5,2Mha (en comptant également les surfaces plantées qui ne produisent pas encore), soit 68% de la surface agricole. Les exportations s’élèvent à 18,1Mt en 2013, faisant de la Malaisie le deuxième exportateur mondial (40%). L’huile de palme a pris une place prépondérante dans ,l’agriculture, remplaçant les autres plantations, particulièrement le cacao et le caoutchouc naturel. Ainsi, l’hévéa occupe 1,5Mha en 2013, contre 1,8Mha en 1974 (surfaces plantées totales). La production de caoutchouc naturel est de 0,83Mt en 2013 (7% de la production mondiale) ce qui positionne la Malaisie comme le 4e pays producteur alors qu’elle occupait la première place jusqu’en 1989. Le cacao a connu un recul encore plus important que l’hévéa. La Malaisie était l’un des premiers producteurs mondiaux de cacao au pic de sa production en 1989 (247 000 t et 415 000 ha). En 2012, la production s’établit à seulement 3 600t sur 16 000ha. Enfin, 650 000t de noix de coco sont récoltées sur 112 000ha en 2013.

Le riz, céréale stratégique pour la sécurité alimentaire, est cultivé sur 0,67Mha pour une récolte de 1,7Mt, assurant 61% de la consommation nationale en 2013. Avec 2,46t/ha, le rendement a un niveau inférieur au rendement moyen de l’ASEAN (2,9 t/ha). La surface récoltée en 2013 était de 0,69Mha selon la FAO. Ainsi, même si le gouvernement tente depuis le début des années 2000 d’encourager les producteurs à mener deux cycles de production par an, une seule récolte est réalisée sur l’essentiel des surfaces.

La malaisie produit également des fruits tropicaux sur 100 000ha. Elle est le deuxième producteur mondial de durian avec 0,4Mt en 2012. La banane occupe 31 000 ha pour une production de 0,33Mt en 2012. La même quantité (0,33Mt) d’ananas est produite sur 16 000 ha. La mangue occupe 15 000ha pour une production de 75 000t.

Productions animales

L’élevage représente 13% du PIB agricole. la malaisie est le deuxième plus gros éleveur de volailles de l’ASEAN, avec 311millions de têtes pour une production de 1,4Mt de viande de volailles en 2013 (91% de poulet) qui représente 82% des 1,7Mt de viandes produites par la Malaisie en 2013. La progression du cheptel a été spectaculaire, à un rythme annuel de 11% entre 1991 et 2012, permettant à la volaille d’être l’un des rares secteurs alimentaires excédentaires.

Le cheptel porcin, après avoir atteint un pic en 1997 (3,2millions de têtes pour 0,28Mt de viandes produites) a été décimé par l’encéphalite japonaise et a quasiment diminué de moitié en 2000 (1,8million de têtes). La production est repartie à la hausse après une restructuration de la filière.

La production de viande porcine s’établit à 0,23Mt en 2013, soit 14% de la production de viande nationale. Les Chinois, qui représentent 25% de la population en sont de gros consommateurs. Le reste du cheptel comprend 0,5million de caprins et 0,78million de bovins dont 160 000 pour la production laitière.

Cette production de lait est faible, avec 0,1Mt, et ne permet de couvrir que 7% de la consommation.
La pêche et l’aquaculture représentent 14% du PIB agricole avec 1,7Mt produites en 2013. La pêche s’effectue surtout sur les côtes de la Malaisie péninsulaire. La principale prise est du poisson destiné à l’alimentation des élevages aquacoles (219 000 t). Le maquereau est la seconde espèce pêchée (129 000 t), suivi de la crevette (108 000 t) et du thon (68 000t). L’aquaculture ne représente que 21,1% du volume de produits de la mer, avec principalement du poisson chat (51 000 t) et du tilapia (33 000t). Ce secteur est le 6e poste d’exportation agroalimentaire, avec majoritairement des crevettes.

Politique agricole

Un développement volontariste des plantations visant à lutter contre la pauvreté

Suite à l’indépendance en 1963, le gouvernement malaisien a poursuivi des programmes visant à lutter contre la pauvreté rurale via le développement de cultures pérennes. Des agences d’Etat ont été mandatées pour organiser le développement rural. FELDA (Federal Land Development Authority), créée en 1956, visait à installer des familles rurales sur de nouvelles exploitations de 4 ha en leur fournissant des services (prêts) et des infrastructures (école, route,…). FELCRA (Federal Land Consolidation and Rehabilitation Authority, 1966) et RISDA (Rubber Industry Smallholder Development Authority, 1973) ont reçu pour mission d’améliorer le revenu des petites exploitations déjà existantes en les rendant compétitives. FELDA a ainsi installé 113 000 exploitants sur 522 000 ha (70% des plantations étaient de l’huile de palme et 25% du caoutchouc). Les programmes RISDA et FELCRA concernent 523 000 petits exploitants sur 1,3Mha en 2013. De nombreuses études ont montré l’impact positif de ces programmes sur les revenus des bénéficiaires. De plus, 76% des familles installées par FELDA sont propriétaires de leur parcelle (en 2015), ayant réussi à rembourser le coût de leur installation prélevé sur leur production durant parfois plus de 30 ans.

Les National Agricultural Policy (NAP) 1 et 2 (1984-1991 et 92-97) se sont focalisées toutes deux sur la mise en culture de plantations et l’amélioration de leur productivité pour les petits exploitants, laissant le reste de l’agriculture se libéraliser en diminuant les aides sur les intrants. Les industries d’aval ont été développées à cette période, encouragées par un système de taxe différentielle sur les exportations, montrant la volonté du gouvernement de faire contribuer les plantations au PIB. La matière première brute (huile de palme ou caoutchouc non transformé) est d’avantage taxée que les produits de leurs industries. Ainsi, la Malaise a développé une filière de produits oléo chimiques (huile de palme) et de gants en latex (caoutchouc).

Toutefois, à partir des années 90, les installations de familles cessent et les petits producteurs se voient marginalisés dans la gouvernance de FElDA. FElDA ne développe plus que des plantations commerciales, plus rentables. 356 000ha sont ainsi plantés jusqu’en 2012. Elle est ensuite progressivement privatisée en partie : FELDA Global Venture devient un énorme conglomérat (également premier raffineur de sucre malaisien par exemple) qui possède les huileries et les terres mises en cultures après 1990.

Une partie de FELDA reste néanmoins publique et continue à aider les 113 000 familles installées. L’espoir de la première génération de producteurs de voir leurs enfants accéder à leur tour à de nouvelles concessions disparaît et ils profitent peu de l’introduction en bourse de la compagnie en 2012 (2,4Md€ levés), 2,5% des actions leur étant attribuées.

FELDA semble bien illustrer le changement qui s’est opéré dans le développement des plantations en Malaisie, qui concerne désormais majoritairement des multinationales capables d’investir également à l’étranger. Plus généralement, le paysage des plantations malaisiennes a changé. En 2013, 62% de la surface de palmier est cultivée par des grands groupes. En revanche, RISDA et FELCRA aident toujours les petits exploitants de caoutchouc (deuxième plantation du pays) sur 46% de la surface totale en fournissant formations, intrants et infrastructures.

Cette croissance des surfaces est confrontée à la question ,de durabilité sociale et environnementale. La Malaisie s’est engagée au sommet de Rio de 1992 à limiter la déforestation et à conserver de la forêt sur la moitié de son territoire. En 2013, avec 20,3Mha, la couverture forestière est de 62% (FAO). Pour autant, le développement de palmeraies n’est pas la première cause de déforestation. Les forêts effectivement converties en palmeraies étaient parfois déjà dégradées du fait de leur exploitation antérieure pour le bois et les nouvelles plantations de palmiers se sont également développées à la place de l’hévéa. Concernant l’aspect social, les étrangers représentent 76% de la main d’oeuvre (650 000 employés au total) qui travaille dans les plantations de la Malaisie. De plus, la Malaisie voit affluer un nombre important d’émigrés clandestins (de l’ordre de 1 à 2 millions de personnes en 2013) qui travaillent notamment dans ces plantations.

La Malaisie s’est impliquée sur un mode défensif dans l’initiative Roundtable on Sustainable Palm Oil, le label le plus avancé pour l’huile de palme, souhaitant ainsi conserver une meilleure emprise sur le développement de la certification de la durabilité. RSPO définit des critères de durabilité sur le plan environnemental et social sur la base de compromis entre les différentes parties impliquées dans la filière. En parallèle, la Malaisie a récemment lancé le Malaysian Suistanable Palm Oil (MSPO), label national fondé sur une synthèse de sa réglementation. Ces deux labels sont basés sur une adhésion volontaire. La certification RSPO entraînera automatiquement celle du MSPO.

Un pays importateur net de denrées vivrières

A son indépendance en 1963, la Malaisie produit 50% de son riz (697 000Mt en 1961, FAO). La révolution verte, avec un fort investissement dans l’irrigation, permet de quasiment doubler la récolte entre 1961 et 1974 (le rendement passe de 1,3 t/ha à 1,8 t/ha) et d’atteindre 92% d’autosuffisance.

Néanmoins, les années 80 sont marquées par une libéralisation des échanges agricoles et une forte volonté de dégager de la valeur ajoutée sur les cultures tropicales non alimentaires destinées à l’exportation. Ainsi, la production de riz ne progresse plus et se situe toujours à 1,8Mt en 2013 et ne permet plus d’assurer que 73% de la consommation. Le gouvernement compte sur les importations pour nourrir sa population.

La crise asiatique (entraînant la dévaluation du Ringgit), puis la crise des matières premières agricoles de 2007, font exploser le coût des importations de denrées alimentaires.
Le riz représente à lui seul 0,55Md€ en 2008, soit 2 fois plus qu’en 2007, alors que l’autosuffisance en riz n’est plus que de 61%. En conséquence, la 3e National Agricultural Policy (NAP, 1997-2010) réintroduit la sécurité alimentaire comme objectif, qui concerne particulièrement le riz, principale céréale produite et consommée. Dans la NAP 2010-2020, cette orientation est maintenue et l’objectif est « d’assurer un approvisionnement sûr et suffisant en produits alimentaires». Bernas, une agence d’État, est chargée de l’atteinte de ces objectifs pour le riz. Elle achète la production en dernier recours aux riziculteurs à un prix fixé par le gouvernement (entre 20% et 30% de la production nationale achetée selon les années). De plus, Bernas dispose d’un monopole pour l’importation de riz, ce qui protège la production nationale. Par ailleurs, la Muda Agricultural Development Authority (MADA) est chargée d’organiser le développement de grandes exploitations rizicoles mécanisées dans l’extrême Nord-Ouest du pays qui concentre déjà 40% de la production de riz et 22% des surfaces. L’objectif est de doubler le rendement pour augmenter l’autosuffisance, qui stagne à 61-62% depuis 2008. Enfin, à ces mesures s’ajoutent également un soutien aux consommateurs via un prix subventionné pour le riz.

Au total, la balance commerciale agroalimentaire malaisienne est largement excédentaire, mais la balance alimentaire (en enlevant l’huile de palme et le caoutchouc) est structurellement déficitaire. L’élevage, la pêche et l’aquaculture, en dépit d’une forte progression cette dernière décennie, ne permettent pas de répondre à la demande locale et ne sont soutenues que par des barrières sanitaires qui freinent les importations.

Les niveaux d’autosuffisance pour le boeuf (30%), le mouton (12,6%) et les légumes (53,3%) sont également faibles.

Indications géographiques (IG)

La Malaisie a adopté une législation sur les IG via le Geographical Indication Act de 2000. Cette réglementation est mise en place par le bureau chargé des droits de propriété intellectuelle (DPI), placé sous l’autorité de l'ancien ministère du commerce et de l'industrie. Ce bureau est devenu une agence autonome en 2003 et a été rebaptisé MyIPO (Intellectual Property Corporation of Malaysia) en mars 2005.

En octobre 2014, la Malaisie avait reconnu 45 IG dont 5étrangères. C’est le poivre de Sarawak qui a ouvert la voie en 2003. 24 d’entre elles ont été reconnues officiellement en novembre 2014, d’où un doublement du nombre d’IG enregistrées.

Les IG concernent des produits agricoles comme l’huile de coco vierge de Bornéo (Borneo Virgin Coconut Oil) ou le riz Bario (Bario Rice), agroalimentaires et des produits artisanaux, à base de bois (Ukiran Kayu Besut) ou de cuivre de Ladang (Tembaga Ladang).

Les IG étrangères sont le scotch whisky du Royaume-Uni, le Cognac et Champagne français, le parmesan Parmigiano Reggiano italien et le pisco du Pérou.

Echanges commerciaux

Le commerce agroalimentaire malaisien est structurellement excédentaire depuis quelques décennies. Néanmoins, le pays est un importateur net de denrées alimentaires, l’huile de palme représentant la majeure partie des exportations.

Exportations

Les exportations de produits agroalimentaires de la Malaisie (24 premiers chapitres du système harmonisé des douanes) représentent 18,7Md€ en 2014. à ces exportations, il faut ajouter les exportations de caoutchouc naturels et de ses dérivés qui représentent 5,2Md€. Les deux cumulés représentent ainsi 13,5% de l’ensemble des exportations du pays (176,2md€).

Les huiles végétales dominent largement les exportations, avec 11,9md€, soit 64% des exportations agroalimentaires. L’huile de palme arrive en tête avec 9Md€ sous forme brute et 1,5Md€ sous forme raffinée ou d’huile de palmiste. L’huile de coprah représente 0,79Md€.

La Malaisie possède une industrie agroalimentaire bien développée et exportatrice, à hauteur de 3,3Md€. Ce sont le cacao et ses dérivés qui arrivent en tête avec 1,11Md€, avec du beurre, de l’huile, de la poudre, de la pâte de cacao et du chocolat. Les céréales transformées suivent avec la farine et la semoule (0,5Md€) et la boulangerie-pâtisserie (0,41Md€).

Les produits issus du café et du thé totalisent respectivement 0,3Md€ et 21M€.

Les exportations agroalimentaires en direction de la France s’élèvent à 85M€ en 2014 et sont relativement stables depuis 2001. L’huile de palme non chimiquement modifiée domine ces exportations avec 38M€, soit 45%. Le cacao et ses préparations représentent 23M€. Il s’agit majoritairement de beurre de cacao (21M€). Les préparations et conserves de poisson suivent (3M€).

Importations

Les importations de produits agroalimentaires de Malaisie représentent 12,4Md€ en 2014, soit 7,9% de l’ensemble des importations du pays (157Md€). Le premier poste d’importations agroalimentaires concerne les produits destinés à l’alimentation (humaine et animale), avec les céréales (1,4Md€) et les légumes (0,57Md€). Le maïs en provenance de l’Argentine, du Brésil et de l’Inde arrive en tête avec 0,72Md€, suivi du riz (0,37Md€) et du blé (0,30Md€, la moitié en provenance d’Australie).

Les légumes sont principalement des oignons (0,17Md€) et des choux (83M€). Les importations de viande représentent 0,67Md€ (dont 63% de viande bovine) et l’alimentation animale 0,98Md€ avec des tourteaux de soja et des prémix.

Les produits laitiers représentent eux 0,88Md€ avec de la poudre de lait (0,56Md€) et du lactosérum (0,12Md€).

Le second poste concerne des matières premières destinées à son industrie de transformation. Les huiles végétales représentent 1,1Md€ avec principalement de l’huile de coprah (0,37Md€) et de l’huile de palme brute (0,29Md€). Le cacao suit ensuite sous forme de fève (0,69Md€), de pâte (114M€) et de poudre (21M€). Le sucre de canne brut représente 0,75Md€ (en provenance du Brésil) et le caoutchouc naturel 1,3Md€.

Les importations agroalimentaires en provenance de la France s’élèvent à 149M€. Les boissons et liquides alcooliques sont le premier poste avec 50M€ de spiritueux et 9M€ de vins (soit en tout 40% des exportations françaises). De plus, un flux à peu près équivalent de vins et spiritueux français alimente le marché malaisien à partir de Singapour. Les produits laitiers occupent la deuxième position en représentant 40M€ (lait, crème de lait concentré et lactosérum principalement).

Les conditions d’accès au marché malaisien

La Malaisie est un pays ouvert aux échanges agricoles comparé à ses voisins de l’ASEAN. La moyenne des droits NPF1 pour les produits agricoles s’élève à seulement 2,9% en 2013. Seules quelques rares exceptions comme le riz sont taxées fortement (40%).

La contrainte majeure pour les exportations agroalimentaires françaises en Malaisie relève de la certification halal des établissements producteurs, obligatoire pour tous les produits carnés (hors porcs et autres animaux haram). L’interprétation de la norme halal fait l’objet de discussions, ce qui ralentit les procédures d’accès au marché malaisien.

A contrario, l’agrément sanitaire des établissements relatif à la sécurité sanitaire des produits n’est pas problématique dans la mesure où les exigences malaisiennes sont semblables au référentiel européen.

Par ailleurs, l’existence de droits d’accises élevés sur les alcools en Malaisie freine la progression des exportations françaises de vins et spiritueux.

Accords internationaux

La Malaisie est membre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) depuis 1995. Elle est membre de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) depuis 1970, ainsi que du CODEX Alimentarius, de la CIPV (Convention internationale pour la protection des végétaux) et de la CBD (Convention on Biological Diversity). Elle est enfin membre du groupe de Cairns.

La Malaisie est résolument engagée dans la libéralisation des échanges depuis les années 80 et a signé de nombreux accords bilatéraux, avec pas moins de 14 accords économiques.

Elle est tout d’abord un membre fondateur de l’ASEAN et a donc signé l’ASEAN Trade in Goods Agreement (ATIGA) et entre dans tous les accords négociés avec l’ASEAN. Ensuite, la Malaisie a déjà signé plusieurs accords de libre-échange (AlE) : avec la Nouvelle-Zélande (2010), avec le Chili (2012) et avec l’Australie (2013). Un autre est déjà conclu mais non effectif encore avec la Turquie (2014). Plusieurs autres ALE sont en cours de consultation ou de négociation avec la Syrie, la Corée, Hong-Kong-Chine et le Pakistan. Les négociations d’un accord de libre échange avec l’Union européenne ont débuté en 2010, le dernier round ayant eu lieu en avril 2012. Les négociations ont été suspendues par la suite du fait d’élections en Malaisie et n’ont pas repris depuis.

Un accord de partenariat économique a également été signé avec le Japon en 2013. Deux autres partenariats concernent l’Inde (Comprehensive Economic Cooperation Agreement), signé en 2011, et le Pakistan (Closer Economic Partnership Agreement) en 2008.

La Malaisie est également engagée dans les négociations du transPacific Partnership (tPP) avec notamment les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et le Vietnam.

Relations bilatérales

Le Cirad coopère depuis 2011 avec l’université de Putra Malaysia. Les sujets concernent d’une part l’impact des normes dans le secteur agro-alimentaire et d’autre part les politiques publiques et l’économie des produits forestiers. Sur ce dernier sujet des bois tropicaux, un partenariat existe également avec le FRIM (Forest Research Institute of Malaysia) depuis 2006.

Un accord de partenariat lie depuis 2011 le Cirad avec FELDA Global Ventures dans le domaine des biotechnologies appliquées à l’amélioration génétique du palmier à huile.

Avec le World Fish Institute, un Centre de Recherche International membre du Consortium CGRAI et basé à Penang, le Cirad développe des recherches en aquaculture, principalement sur la résistance à la salinité du poisson d’élevage Tilapia.

Sources : Banque mondiale, douanes françaises et malaisiennes citées par Business France 2013 et 2014, MAAF, Ambassade de France à Singapour. 

Voir aussi