Le plan Écoantibio 2012-2016
24/04/2017
Pascale Briand, Catherine Dupuy, Lionel Parle
Le CGAAER a été chargé de faire une évaluation du plan Écoantibio 2012-2016 en vue de sa reconduction pour cinq nouvelles années

Rapport de mission d'évaluation n°16041 CGAAER

Décembre 2016

Mots clés : Antibiotiques, antibiorésistance, bonnes pratiques, prescription médicamenteuse

Enjeux

Le plan Écoantibio 2012-2016 visait deux objectifs principaux : diminuer la contribution de la médecine vétérinaire au développement de résistances bactériennes et préserver durablement l'arsenal thérapeutique vétérinaire.
Le ministre a souhaité disposer d'éléments permettant d'améliorer la première version de ce plan en vue de sa reconduction pour cinq ans.

Méthodologie

L'évaluation se fonde sur l’étude documentaire des résultats et des échanges avec les parties prenantes.

Résumé

Le plan Écoantibio a atteint ses principaux objectifs : diminution de 25 % de la consommation totale d'antibiotiques entre 2012 et 2016 et diminution de 25 % de la consommation d'antibiotiques critiques entre 2013 et 2016.

Les différents acteurs du plan sont aujourd'hui en capacité d'engager des actions complémentaires pour préserver l'arsenal thérapeutique vétérinaire et limiter l'émergence d'antibiorésistances. A cet effet, la mission a proposé plusieurs recommandations pour le futur plan.

Ce plan devra encourager la recherche sur les mécanismes de l'antibiorésistance chez les animaux, dans l'environnement (sol et eau) et chez l'homme. Il devra également développer la sensibilisation des professionnels de la santé humaine et de la santé animale et prévoir une communication grand public.

Il devra poursuivre et élargir l'observation des résistances bactériennes à travers le réseau Resapath animé par l’ANSES. Parallèlement, les indicateurs quantitatifs d'exposition des animaux aux antibiotiques retenus devront intégrer des données recueillies au plus près du terrain et être élaborés par espèce et par type de production selon une méthode harmonisée au niveau européen afin de faciliter les comparaisons entre États membres. Si des objectifs chiffrés doivent être fixés pour ces indicateurs, ils doivent être proposés par les filières de production elles-mêmes.

Il devra favoriser la diffusion de supports pédagogiques auprès des éleveurs et des professionnels de santé animale et humaine. De même, la mise à disposition des outils d'auto-évaluation prévus dans le plan, qui permettent aux éleveurs de situer leurs pratiques par rapport à des référentiels nationaux établis par les filières de production et les instituts techniques, doit être clairement identifiée comme une priorité du futur plan.

Compte-tenu de la difficulté rencontrée par les vétérinaires à faire rémunérer leur activité de conseil et de promotion des bonnes pratiques pour un usage raisonné des antibiotiques, la piste de mesures financières incitatives destinées aux vétérinaires, à l'instar de ce qui est pratiqué en médecine humaine, mériterait d'être explorée dès que les outils d'enregistrement des antibiotiques délivrés, prévus par la loi d'avenir et par le décret du 19 décembre 2016, seront opérationnels.

Pendant la durée du premier plan, de nombreux travaux ont concerné la prévention des maladies infectieuses et la mise au point d'alternatives au recours aux antibiotiques, sans que leur évaluation n'ait été assurée. Or les succès obtenus en matière de réduction de la consommation d'antibiotiques ne pourront se poursuivre qu'en recherchant de nouvelles pistes d'action. Des domaines très divers doivent être explorés tels que la vaccination, la génétique, l'alimentation, les mesures de biosécurité, les bâtiments, les techniques d'élevage : il s'agit de s’engager avec détermination dans le projet agro-écologique français.

Afin d'assurer une concurrence loyale aux productions agricoles françaises, les pouvoirs publics devront multiplier les initiatives pour inciter l'Union européenne à imposer aux produits importés la réciprocité en matière d'usage des antibiotiques.

Lien vers le rapport


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