« Le jardin d'Émilie » : un projet de jardin thérapeutique dédié aux autistes
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« Un jardin doux et apaisant, mais très coloré. » Trois adjectifs qui résument bien le jardin imaginé par Marie-Amélie Janin, aujourd'hui en terminale bac pro Aménagements paysagers au lycée horticole de Saint-Ilan à Langueux (Côtes-d'Armor), pour sa cousine Émilie, autiste. Retour sur un beau projet, lauréat 2017 du concours « Projet d’avenir » de la Fondation Georges Truffaut, à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme qui a lieu ce lundi 2 avril.

Au début de l'année scolaire 2016, quand sa professeure d'aménagement paysager propose à la classe de participer au concours « Projet d’avenir », qui porte sur la conception d'un jardin à but thérapeutique, Marie-Amélie sait tout de suite sur quelle pathologie elle va se pencher. Ce sera l'autisme, trouble neuro-développemental dont sont atteintes environ 650 000 personnes en France.

Touchée personnellement par ce sujet à travers sa cousine Émilie – avec laquelle elle n'a que 20 jours d'écart et dont elle a toujours été très proche –, Marie-Amélie a conçu « un jardin doux et apaisant, mais très coloré, pour procurer des sensations à travers les plantes » et, ainsi, répondre aux besoins des autistes. « J’ai imaginé ce jardin en pensant à ma cousine, en me basant sur ses réactions dans la vie de tous les jours », explique la jeune femme qui s'est également beaucoup renseignée sur l'autisme, par Internet, mais aussi en contactant une association spécialisée.

Un jardin qui joue avec les 5 sens

Dans son jardin thérapeutique demi-sphérique, quatre massifs tout en rondeur invitent à la découverte sensorielle. Chacun est en effet associé à un sens :

  • le massif du goût avec le fraisier gariguette, la menthe verte, le romarin, la plante huître et l'alkékenge ;
  • le massif de la vue avec du buis taillé en spirale, l'érable japonais, le glaïeul écarlate, du bois décoratif et le cornouiller blanc ;
  • le massif de l'ouïe avec le bambou, une fontaine sphérique, la rose de carême, l'alysson maritime et la crocosmia ;
  • le massif de l'odorat avec la lavande, l’oranger du Mexique, la daphné odora, la menthe et le romarin.

Et, enfin, le toucher avec les plates-bandes de graminées et les cheveux d'ange disposés en lignes courbes tout autour de l'espace. Sans oublier les trois œuvres d'art disséminées ça et là pour le côté ludique.

Tous ces choix, Marie-Amélie a pris soin de les faire valider par sa cousine... avec la difficulté de trouver le juste équilibre : « Il fallait que le lieu soit attirant, ludique, sans être agressif ».

Un projet récompensé au niveau national

Visiblement, mission remplie ! En juin 2017, le jury du concours « Projet d’avenir », séduit par la proposition de Marie-Amélie et par son approche, lui décerne le premier prix dans la catégorie Espoir (avec mention spéciale du jury) ainsi que le très convoité « coup de cœur » des anciens lauréats.

Et si « Le jardin d'Émilie » n'est pour l'instant qu'un beau projet sur papier d'ortithérapie, sa conception et les distinctions reçues l'ont en tout cas confortée dans ses ambitions professionnels : devenir paysagiste concepteur « pour donner du bonheur aux gens avec les plantes, qu'ils aient un handicap ou non d'ailleurs ! ».

Pour en savoir plus, télécharger le  dossier de présentation du projet « Le jardin d'Émilie » (PDF, 2.48 Mo)