La rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR)
Vache Salers au Gaec Duffayet.
©Xavier Remongin/Min.agri.fr.
La rhinotrachéite infectieuse bovine est une maladie virale du bétail provoquée par l’herpesvirus bovin de type 1 (BHV-1).

Qu’est ce que l’IBR ?

La rhinotrachéite infectieuse bovine est l’affection qui touche essentiellement les bovins, se traduit par une atteinte des voies respiratoires supérieures, mais peut éventuellement prendre la forme d’encéphalites (veaux), de conjonctivites, d’avortements et de métrites. L’IBR n’est pas transmissible à l’homme.

Pathogénie :

Les bovins se contaminent de proche en proche par voie respiratoire ou génitale. L’agent infectieux se développe alors dans l’organisme provoquant les signes cliniques. La réaction immunitaire, qui apparaît entre 10 et 35 jours après l’infection, fait cesser les symptômes et l’excrétion virale, mais conduit à une phase de latence du virus. Les animaux infectés deviennent alors porteurs asymptomatiques du virus. A l’occasion d’un stress ou d’un traitement médical, tout animal infecté est susceptible de réactiver et de réexcréter le virus et de contaminer ainsi les autres animaux du troupeau.

Symptômes :

La forme subclinique (pratiquement sans symptôme) est très fréquente.

L’autre forme la plus souvent observée est la forme respiratoire. Elle apparaît 2 à 4 jours après l’infection de l’animal. Les principaux signes sont une fièvre importante (>40°), un abattement et un écoulement nasal séreux puis mucopurulent. Des ulcérations de la muqueuse nasale et des surinfections bactériennes peuvent se développer. En l’absence de complications, la disparition des signes cliniques intervient généralement 15 jours après l’infection.

L’IBR peut également entraîner des avortements chez la vache entre le 5ème et le 8ème mois de gestation, et des encéphalites chez les veaux de moins de 6 mois.

La situation de la maladie :

En France, la situation épidémiologique au regard de l’IBR, n’est pas homogène. Le pourcentage de troupeaux (laitiers et allaitants) infectés varie nettement en fonction des départements, la prévalence moyenne nationale étant de moins de 9% en 2011 (suite à la campagne annuelle 2010 - 2011). Le taux de prévalence de la maladie est sensiblement plus bas dans les régions à vocation laitière.

En Europe, la situation est tout aussi variable puisque le Danemark, l’Autriche, la Finlande, la Suède, la province de Bolzano en Italie et certaines régions d’Allemagne (Haut-Palatinat et Haute-Franconie dans le Land de Bavière) sont indemnes, alors que les Pays-Bas ou la Belgique ont des taux de prévalence élevés. Au sein de l’Union Européenne, les pays ou régions indemnes peuvent imposer aux autres Etats membres des garanties spécifiques avant l’introduction de bovins sur leur territoire (contrôle sérologique individuel avant l’expédition).

Mesures obligatoires de prophylaxie collective

La rhinotrachéite infectieuse bovine est une maladie réglementée par l’Etat depuis 2006.

Sont désormais obligatoires :

  •  le dépistage sérologique à l’introduction pour l’ensemble des bovins quel que soit leur âge ;
  •  le dépistage sérologique des effectifs bovins, semestriel sur lait de tank dans les élevages laitiers, et annuel sur prélèvement sanguin des bovins de plus de 24 mois dans les élevages allaitants ;
  •  la vaccination des bovins pour lesquels un résultat sérologique s’est révélé non négatif ; cette vaccination doit être réalisée dans les 2 mois suivant la notification du résultat à l’éleveur.

Des dérogations ponctuelles au contrôle d’introduction peuvent être accordées par les maîtres d’œuvres locaux, les GDS (groupements de défense sanitaire).

Qualification facultative des cheptels

Depuis 1996, une qualification de cheptel, reconnue officiellement, permet d’offrir aux acheteurs de bovins des garanties sanitaires en matière d’IBR. Le système de certification est géré par l’Association pour la certification de la santé animale en élevage (ACERSA), dont les intervenants sont organisés au niveau local au sein de schémas territoriaux de certification (STC).

Les conditions sanitaires ouvrant droit à la qualification des cheptels sont fixées dans le cahier des charges approuvé par le ministre chargé de l’agriculture.

Au 31 mai 2011, 60 % des cheptels français bénéficient d’une appellation en IBR (plus de 120 000 cheptels ont une appellation A ’Cheptel indemne IBR ’).

 

Les fondamentaux

Voir aussi