La Guyane, une région agricole tropicale et florissante
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

La Guyane est la seule enclave française et européenne en Amérique du Sud. Elle partage ses frontières fluviales, à l’est avec le géant brésilien et à l’ouest avec le Surinam. Au nord, la Guyane est bercée par l’océan atlantique. Elle est de très loin le département français le plus vaste (83 534 km²) et la deuxième région française par sa superficie, avec cependant une densité de population très faible (3,1 hab/km²) puisque environ 96 % du territoire est recouvert par la forêt amazonienne.

La population du département est caractérisée par sa mixité ethnique : historiquement Amérindiens, Bushinengués (esclaves noirs ayant fui les plantations pour se réfugier dans la forêt), Créoles, Européens et plus récemment Chinois, Brésiliens, Haïtiens, Hmongs, Maghrébins, etc. Ces apports de populations ont nourri une grande diversité dans l’offre agricole. Elle va de l’ananas, ou du pitahaya natifs des amériques, à un panel de « fruits » de diverses origines  : ramboutan, mangue, jacquier, corossol, cupuaçu, etc, sans compter de nombreux tubercules, comme le manioc ou l’igname.

La cuisine est elle aussi très variée avec des plats créoles typiques et d’autres plus spécifiques comme le couac (semoule de manioc), le bouillon d’awara, le kala wang (salade de mangue) les bami ou la salade de papaye verte. Cette diversité emblématique donne une empreinte et un charme très particuliers aux marchés du département. Ceux-ci s’avèrent incontournables car l’approvisionnement en produits agricoles de la population présente la particularité d’être resté très tourné vers les circuits courts. Les courses au marché représentent un véritable rituel  pour les achats de fruits, légumes, poissons et viandes.

L’agriculture guyanaise : entre tradition et modernité

L’agriculture guyanaise est en plein essor et la SAU (Surface Agricole Utile) guyanaise a augmenté de près de 20% entre 2010 et 2016, afin de couvrir les besoins croissants liés à la démographie galopante du territoire. Elle se caractérise par la coexistence d’une agriculture traditionnelle manuelle itinérante (basée sur de la culture essentiellement vivrière sur brûlis, souvent pratiquée par les femmes) et d’une agriculture mécanisée à vocation marchande située sur la bande littorale. Ces deux systèmes de production diffèrent tant par les techniques culturales que par le nombre d’agriculteurs concernés : 5 400 pour la « petite agriculture » et 600 pour l’agriculture marchande.

La pêche est la deuxième filière économique de Guyane notamment grâce à la pêche crevettière. La crevette guyanaise fait partie des plus grosses du monde ! La ressource halieutique comprend nombre d'espèces originales comme l'acoupa rouge, le vivanneau, le tarpon en pêche hauturière ou le jamais gouté, l'atipa (poisson à écailles ossifiées se déplaçant sur la terre ferme grâce à deux nageoires semblables à des pattes) et l'aïmara en eau douce.

Un produit, un lycée agricole, une forêt, un événement, une initiative...

Retrouvez ci-dessous les spécificités de la région avec, au choix :

Le wassaï, la petite baie qui monte !

Le wassaï (Euterpe oleracea), également connu sous le nom d’açaï, est un fruit de palmier, appelé palmier Pinot en Guyane. Mise en avant pour ses propriétés anti-oxydantes et énergétiques, cette baie est depuis quelques années très en vogue en Europe et aux États-Unis. En Guyane, point « d’açaï bowl » ou « d’açai na tigela» comme au Brésil, le wassaï est consommé frais, pressé. Il est aussi bien dégusté au petit-déjeuner, mélangé avec du lait concentré sucré, qu’en accompagnement de viandes ou de poissons ou servi avec du couac.

Les plantations traditionnelles de wassaï répondent aux exigences de l’agriculture biologique et sont le plus souvent situées dans les zones marécageuses.

Plusieurs projets de développement de cette filière exploitant de nouvelles variétés et visant à répondre aux besoins internes mais surtout à l’export de baies certifiées en agriculture biologique sont en cours de démarrage en Guyane.

Le lycée agricole de Matiti, au cœur de la nature

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DAAF / Guyane
Situé dans la commune de Macouria, à mi-chemin entre Cayenne et Kourou, c'est un lycée d’enseignement général, technologique et professionnel. Il propose des formations allant de la 3e au BTSA. Il est intégré au sein d’un Établissement Public Local d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole qui comprend également un CFA, un CFPPA et une exploitation agricole de 155 hectares dont 70 hectares de forêt. Cet EPLEFPA prépare aux métiers de l’agriculture, du commerce, de l’environnement, de la forêt et du paysage.

Ouvert depuis près de 10 ans au lycée agricole de Matiti, le BTSA Gestion et Protection de la Nature forme les futurs acteurs du développement durable enplein cœur de la biodiversité amazonienne. Grâce à une faune et une flore uniques en France, ce BTS attire tous les amoureux d’espaces naturels encore préservés.

Entre stage d’immersion en forêt et travaux pratiques, ce BTS offre aux jeunes étudiants une expérience forte entre immensité verdoyante et richesses ethniques.

La forêt amazonienne, la démesure à l’état brut

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Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Communément appelée « poumon de la planète », la forêt amazonienne s’étend sur une superficie globale de 550 millions d’hectares. En Guyane, elle s’étend sur 8,3 millions d’hectares dont la quasi-totalité dépend du domaine privé de l’État. La forêt guyanaise est de type tropicale humide et possède un patrimoine faunistique et floristique parmi les plus riches au monde.

Cette forêt est gérée par l’ONF et par le Parc amazonien de Guyane.

Troisième filière économique de la Guyane, la filière forêt-bois compte environ 250 entreprises dont près de 90% de TPE (Très Petite Entreprise), et emploie directement plus de 900 personnes. Environ 80 000 m³ de grumes sont exploités chaque année sur des parcelles du domaine forestier permanent, gérées durablement. Les essences exploitées sont particulières et présentent des propriétés intéressantes pour la construction, comme l’angélique, le gonfolo et pour les extractibles comme le bois de rose.

Faisant partie des dix parcs nationaux français, le Parc amazonien est le plus vaste de France et de l’Union Européenne. En effet, il s’étend sur 3,4 millions d’hectares dans le centre et le sud de la Guyane et allie préservation des patrimoines naturels et culturels et développement durable au côté des opérateurs locaux.

À la découverte des fruits et légumes sauvages

Savez-vous que l’homme n’exploite dans son alimentation qu’une très faible proportion des espèces végétales comestibles ? À l’heure où la diversification alimentaire et le souhait de proposer des mets nouveaux sont de mise, la Guyane regorge de potentialités.

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DAAF / Guyane

Moringa, Jicama et autre Hoffe peuvent être remis à l’honneur. Qui sont-ils ? Ce sont des Plantes Alimentaires Non Conventionnelles (PANCs), c'est-à-dire des plantes sauvages comestibles peu connues mais présentant un intérêt nutritionnel important et des saveurs originales. Pour améliorer la connaissance de ces trésors méconnus, la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Guyane (DAAF) et l’Inra, en partenariat avec la Collectivité Territoriale de Guyane, ont organisé, début 2018,  le 1er séminaire dédié aux PANCs. Durant cette semaine, des sorties de reconnaissance des plantes, divers ateliers ont été organisés et des intervenants venus de Guyane, Guadeloupe, Métropole et Brésil ont animés des conférences de vulgarisation.
Des ateliers cuisine très appréciés, animés par un chef venu du Brésil, ont permis aux élèves des sections culinaires, de découvrir des recettes élaborées à partir de ces PANCs.

La Guyane en chiffres

  • 6 400 exploitations agricoles ;
  • 20 564 actifs en exploitations agricoles ;
  • 8,3 millions d’hectares de forêt ;
  • 773 élèves et 80 apprentis dans l'enseignement agricole.

Retrouvez le site de la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Guyane