La FAO recommande dans un communiqué du 29 août 2011 une surveillance et une vigilance accrues face à une possible réapparition importante du virus hautement pathogène de l’influenza aviaire, au moment où une souche mutante de ce virus mortel se propage en Asie et au-delà, avec des risques imprévisibles pour la santé humaine (en savoir plus sur le portail interministériel de prévention des risques majeurs : http://risques.gouv.fr).
L’apparition en Chine et au Vietnam d’une variante du virus apparemment capable de contourner les défenses fournies par les vaccins existants est une source de préoccupation importante. Un nouveau vaccin adapté à cette nouvelle souche est en cours de développement par l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale). Les mutations de virus sont des phénomènes courants. L’émergence de cette nouvelle souche rappelle le besoin de poursuivre une surveillance active des virus dans les populations animales.
Questions réponses sur l’Influenza aviaire
Qu’est-ce que l’Influenza aviaire?
L’influenza aviaire est une maladie infectieuse, virale, très contagieuse. Elle affecte les oiseaux chez lesquels elle peut provoquer, dans sa forme hautement pathogène, des atteintes importantes pouvant aboutir rapidement à la mort. L’influenza aviaire fait partie des maladies réputées contagieuses, sa déclaration est donc obligatoire.
Quelles sont les espèces concernées?
Toutes les espèces d’oiseaux, domestiques ou sauvages sont sensibles à cette maladie. Les oiseaux migrateurs constituent un vecteur de diffusion des virus qui peuvent atteindre les élevages de volaille. Dans certaines circonstances, les virus peuvent être transmis à d’autres espèces animales (notamment le porc) et dans certains cas à l’homme. Cependant la transmission à l’homme est extrêmement rare, elle nécessite un contexte épidémiologique exceptionnel (transmission par voie respiratoire, en atmosphère confinée avec les oiseaux infectés).
Comment circule le virus?
La maladie peut être introduite dans un élevage par l’intermédiaire des véhicules, du matériel, des personnes, des fientes, des résidus d’élevage et d’oiseaux malades.
La viande de volaille et les œufs présentent-ils des risques?
Non, la viande et les œufs ne présentent aucun risque pour la consommation.
Comment protéger son élevage?
Pour protéger votre exploitation, vous ne devez y laisser entrer que des camions et du matériel nettoyés et désinfectés. Le transporteur doit vous présenter une attestation de nettoyage et désinfection. Évitez de faire entrer des personnes extérieures dans vos bâtiments d’élevage.
Quels sont les signes cliniques?
Les formes graves se traduisent par une atteinte importante de l’état général des oiseaux. Des symptômes respiratoires, digestifs et / ou nerveux, peuvent y être associés. En cas de baisse de productivité ou de mortalité anormale, les éleveurs doivent contacter leur vétérinaire.
Quelle est la situation en France, dans l’Europe, dans le Monde?
En France, les derniers cas de H5N1 hautement pathogène sur l’avifaune remontent à l’été 2007. Aucun cas d’influenza aviaire hautement pathogène n’a été relevé en France en 2010, que ce soit sur la faune sauvage ou sur les oiseaux domestiques.
La France a donc conservé en 2010 son statut indemne vis-à-vis de l’influenza aviaire hautement pathogène.
En Europe, seuls deux pays ont connu en 2010 une circulation de virus H5N1 hautement pathogène : la Roumanie sur des volailles de basse cour et la Bulgarie sur un oiseau sauvage (une buse).
Ces deux événements sont restés isolés et aucun autre cas n’a été identifié par la suite au sein de l’Europe.
- Pour des informations complémentaires sur la situation européenne : consulter le site de l’Union Européenne
Depuis le début de l’épizootie (décembre 2003), 63 pays, ou territoires, ont notifié des cas de grippe aviaire chez des oiseaux sauvages ou d’élevage, dont 16 en 2010 :
Bangladesh, Bhoutan, Birmanie, Bulgarie, Cambodge, Chine, Hong-Kong (Rép.pop.de Chine), République de Corée, Inde, Israël, Japon, Laos, Népal, Roumanie, Russie, et Vietnam.
Deux pays se sont déclarés à l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) comme endémiques vis-à-vis du virus H5N1 hautement pathogène : l’Égypte et l’Indonésie.
Depuis 2003, le virus H5N1 a tué ou conduit à l’abattage plus de 400 millions de volailles, selon les chiffres cités par la FAO.
Au total, on a enregistré 565 cas humains confirmés, dont 331 décès depuis janvier 2004 (source : OMS).
- Pour des informations complémentaires sur la situation internationale : consulter le site de l’Office international des épizooties : l’Office international des épizooties
Quelles sont les mesures de lutte?
Les mesures de lutte sont définies au niveau européen. Elles prévoient :
- En cas de suspicion, la mise sous surveillance de l’exploitation, la réalisation de prélèvements pour analyse, la réalisation d’une enquête épidémiologique.
- En cas de confirmation, l’abattage et la destruction sur place de toutes les volailles et des œufs de l’exploitation, le nettoyage et la désinfection de l’exploitation suivis d’un vide sanitaire de 21 jours, la mise en place de zones de protection (rayon de 3 km) et de surveillance (rayon de 10 km) autour de l’exploitation, la mise en œuvre de ces mesures dans les exploitations suspectes identifiées lors de l’enquête épidémiologique.
La vaccination est-elle possible?
En France, les maladies liées à la circulation des virus aviaires sont très rares et ne justifient pas l’utilisation de vaccin. De plus, la grande diversité des virus influenza limite la portée d’une vaccination préventive. En France, la vaccination influenza aviaire est actuellement interdite Elle ne sera autorisée que dans des cas exceptionnels et pour des programmes de vaccination ponctuels et après information de la Commission. Il est cependant possible, en cas de foyers particulièrement importants, de fabriquer en urgence un vaccin à partir de la souche en cause dans un délai de quelques mois.
Quelles sont les mesures prises pour éviter l’introduction de cette maladie dans l’Union Européenne suite à la situation en Asie?
Depuis le 23 janvier 2004, la Commission européenne a pris des mesures de protection contre l’influenza aviaire suite aux foyers découverts en Asie.
Ainsi, les importations d’oiseaux vivants en provenance de pays infectés sont interdites. En outre, il est important de retenir, sur un plan plus général, que les flux d’importation de volailles vivantes depuis les pays autorisés sont extrêmement limités.
De la même façon, les importations de produits issus de volailles, de ratites, de gibiers à plumes d’élevage et sauvage tels que les viandes fraîches, les préparations à base de viande de ces espèces, les œufs, et les aliments crus pour les animaux de compagnie sont interdits en raison du risque d’exposition pour les élevages.
Seuls les produits à base de viande de volailles, répondant à des conditions précises de traitement thermique, peuvent être autorisés.
Enfin, depuis 2005, l’importation des oiseaux de compagnie en provenance des pays tiers dans l’Union européenne est soumise à la présentation d’un certificat sanitaire attestant la réalisation d’une quarantaine, d’un dépistage ou d’une vaccination contre l’influenza aviaire H5.
Les fondamentaux
- Questions / Réponses à usage des éleveurs, vétérinaires, chasseurs
- Pays ayant déclaré des foyers de grippe aviaire sur des élevages d’oiseaux domestiques