Enjeux environnementaux : eau - air - sols
Enjeux environnementaux : eau, air, sols

Les exploitants agricoles sont des acteurs de premier plan pour la préservation et la reconquête des ressources en eau, tant en qualité qu’en quantité, ainsi que pour la préservation des sols et leur rôle dans le stockage de carbone. L’activité agricole est également concernée par les préoccupations émergentes relatives à la qualité de l’air.

La gestion complexe de ces questions nécessite une approche intégrée de l’ensemble des enjeux environnementaux liées aux cycles et aux mécanismes de transfert des différents intrants, pour l’ensemble des trois compartiments eau – sol – air et à des échelles d’actions variées, (exploitation, groupe d’exploitations, aire d’alimentation de captage, grand bassin versant, territoire national voire interactions transfrontalières, en particulier en matière de qualité de l’air).

Gestion des éléments nutritifs

Mieux gérer l’azote pour réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole

L’azote, un des quatre éléments chimiques principaux constitutifs de la matière vivante, est une matière première indispensable à l’activité agricole (fertilisation, alimentation animale...).

Toutefois sous ses formes réactives (ammonium, nitrates, nitrites, ammoniac, ,...) et dans certaines conditions, l’azote peut être source de pollution.

Les émissions d’azote vers les eaux sous forme de nitrates, qui proviennent essentiellement de l’agriculture constituent un enjeu d’actualité important.

Procédure de reconnaissance des outils de calcul de la dose prévisionnelle d’azote

Le programme d’actions « nitrates » impose de calculer, pour tout îlot cultural, la dose prévisionnelle d’azote à apporter dans le respect de l’équilibre de la fertilisation azotée. Les règles à suivre pour le calcul de la dose prévisionnelle sont fixées dans un arrêté préfectoral régional relatif au référentiel pour la mise en œuvre de l’équilibre de la fertilisation azotée (dit arrêté « référentiel »), qui indique pour chaque culture la méthode et les paramètres à utiliser.

L’utilisation d’outils de calcul de la dose prévisionnelle d’azote à la place du référentiel fixé par l’arrêté « référentiel » est autorisée sous conditions.

Pour clarifier la mise en œuvre de cette possibilité d’utilisation d’outils, une procédure de reconnaissance réglementaire des outils de calcul de la dose prévisionnelle d’azote est lancée. Cette procédure se déroulera en deux phases successives :

  •  une première phase (phase préparatoire) qui vise à recenser les outils de calcul de la dose prévisionnelle d’azote, à réunir les données nécessaires à la mise en œuvre de la procédure, à tester la méthode pour pouvoir retenir les critères qui seront utilisés pour la reconnaissance réglementaire.
  •  une deuxième phase visant à procéder à la reconnaissance réglementaire des différents outils d’ici la fin 2015.

Dans ce cadre, les éditeurs et concepteurs d’outils de calcul de la dose prévisionnelle d’azote souhaitant participer à ces travaux sont invités à se faire recenser. Le déroulé de la démarche, et notamment les modalités de recensement des outils, sont présentées dans le :

La déclaration d’engagement devra être transmise d’ici le 15 février 2015. Au vu des échéances courtes, la fiche descriptive pourra elle être transmise jusqu’au 1er mars.

Cette procédure ne concerne que les outils de calcul de la dose prévisionnelle d’azote. S’agissant des outils de pilotage de la fertilisation azotée, qui permettent d’ajuster les apports en cours de campagne culturale notamment en fonction de l’état de nutrition azotée de la plante, une étude est en cours de lancement afin de recenser et d’analyser le fonctionnement et la performance des différents outils disponibles.

Mandat spécifique confié par le plan EMAA

Dans le cadre du plan Energie, Méthanisation Autonomie Azote (EMAA) lancé conjointement par les deux Ministères le 29 mars 2013, le comité NPC s’est vu confier un mandat spécifique lié à la gestion de l’azote et notamment aux digestats de méthanisation, exprimé en ces termes :

Sur la gestion de l’azote

"identifier, suivre, capitaliser et valoriser les travaux nationaux et contribuer à une meilleure intégration dans les politiques existantes de l’objectif de meilleure gestion de la fertilisation et de substitution de l’azote minéral par l’azote organique.
Le comité devra notamment :
capitaliser et diffuser les travaux, études et outils existants ;
identifier les besoins de connaissance ou d’outils complémentaires ;
identifier des actions permettant de mieux intégrer ces enjeux aux politiques existantes ;"

Sur la valorisation des digestats de méthanisation

Mandat est donné au Comité NPC pour :

  • Promouvoir les travaux relatifs aux procédés de post-traitement nécessaires à apporter aux digestats de méthanisation pour les transporter et valoriser ;
  • Identifier des travaux d’études, developpement et diffusion complémentaires à mener."

Avis rendus par le comité NPC

Les porteurs d’études peuvent solliciter un avis de la part du comité NPC, qui peut être publié en même temps que l’étude si le porteur le souhaite.

Les avis du comité NPC

Gestion quantitative de l'eau

Les pluies assurent à la France un approvisionnement en eau globalement suffisant. Toutefois, la répartition annuelle des pluies ne coïncide pas toujours avec les besoins de l’agriculture, notamment en zone méditerranéenne. Plus précisément, la moitié Sud de la France est marquée par des étés secs qui, en l’absence d’irrigation, ne permettraient pas de productions agricoles diversifiées, voire, pour certaines régions où l’irrigation est pratiquée depuis l’Antiquité, le maintien même d’une activité agricole. Dans le reste de la France, notamment l’Ouest et le Centre, l’irrigation permet de régulariser la production, aussi bien sur le plan des rendements que de la qualité des produits, procurant ainsi aux agriculteurs une assurance contre la variabilité de leurs revenus. Pour apporter l’eau sur les zones agricoles des barrages sont nécessaires pour stocker l’eau en période de forte pluviométrie, et des réseaux (rivières, canaux, galeries ou canalisations) pour conduire l’eau sur les lieux d’utilisation.
 
Eau et production alimentaire
Combien faut-il d’eau pour produire 1 kg de farine ? Réponse : environ 500 litres. Ce rapport de 1 à 500 montre le rôle fondamental de l’eau pour assurer la sécurité alimentaire.
Pour produire les 300 g de farine entrant dans la composition des trois repas quotidiens d’une personne (pain, pâtes, céréales, gâteaux), les plantes ont absorbé 150 litres d’eau, soit autant que la consommation journalière de cette personne pour la boisson, la cuisine, la toilette, la lessive
Les apports moyens par la pluie qui représentent 750 mm par an soit 750 litres par m² seraient suffisants pour produire 10 tonnes de matière sèche à l’hectare si la pluie coïncidait toujours avec les besoins en eau des plantes. Mais ce n’est malheureusement jamais le cas, notamment dans les régions du Sud de la France qui connaissent des étés très secs.
Les prélèvements d’eau douce pour irriguer les surfaces cultivées doivent être compatibles avec les autres utilisations des ressources. Or, celles-ci sont limitées et vulnérables. La satisfaction de tous les besoins passe donc par une meilleure utilisation des eaux disponibles. Afin d’optimiser cette utilisation, les méthodes d’irrigation doivent être ajustées aux besoins des plantes.
 
Pour en savoir plus

Protection des captages contre les pollutions diffuses

La protection des captages en eau potable contre les pollutions diffuses

La politique de protection des captages contre les pollutions diffuses vise à restaurer la qualité de la ressource en eau utilisée pour la protection d'eau potable. Cette politique interroge l'agriculture dans sa relation à l'eau et mobilise différentes approches et outils des politiques agro-environnementales : démarches territoriales, outils de la PAC, recherche de la double performance économique et environnementale en agriculture, mobilisation de la profession agricole..

Au début des années 2000, suite notamment à l’adoption de la Directive européenne cadre sur l’eau, une prise de conscience de la nécessité de préserver les captages d'eau potable contre les pollutions diffuses a émergé. En effet, si l'eau distribuée dans les réseaux d'eau potable est de bonne qualité, la qualité de la ressource en eau brute est dégradée par endroits par les nitrates et pesticides et les traitements peuvent s’avérer coûteux.

Le Grenelle de l’environnement puis les conférences environnementales ont affirmé l'importance de protéger les captages les plus menacés. 500 captages dans un premier temps, puis 1000 captages au total ont ainsi été identifiés comme prioritaires à protéger. Ces captages prioritaires sont identifiés dans les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) adoptés fin 2015.

La démarche de protection repose sur la réalisation d'un diagnostic territorial puis l’élaboration d'un plan d’action territorial concerté, sous l’égide des collectivités propriétaires des ouvrages. Cette approche permet de définir avec les acteurs locaux les actions à mettre en œuvre, en fonction des enjeux et opportunités de chaque territoire. Dans certains cas, un outil réglementaire, le dispositif des zones soumises à contraintes environnementales, peut être mobilisé.

Afin d'améliorer l'efficacité des démarches de protection des captages, un centre de ressources captages a été mis en place au sein de l'Agence française pour la biodiversité en 2017. Son objectif est de renforcer les compétences des acteurs impliqués.

L'agriculture biologique et la protection des captages en eau potable

Depuis 2008, un comité de pilotage rassemblant les acteurs de l’agriculture biologique (Agence Bio, FNAB et associations régionales, ITAB), l’APCA, les agences de l’eau, le Ministère en charge de l’écologie et le Ministère en charge de l’agriculture a été créé pour construire des outils permettant de favoriser le développement de l'agriculture biologique pour la protection des ressources en eau, en particulier des captages d'eau potable.

Pratiques économes en produits phytosanitaires

Au terme du Grenelle de l’environnement, la France a décidé de réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 10 ans, et de supprimer progressivement les molécules les plus dangereuses du marché.

Écophyto

Le plan Ecophyto vise notamment à réduire la dépendance des exploitations agricoles aux produits phytos, tout en maintenant un niveau élevé de production agricole, en quantité et en qualité.