Egypte

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir 

Malgré une surface cultivable réduite, l'agriculture constitue un secteur clé de l'économie égyptienne, représentant 30% des emplois et 15% des exportations (hors produits pétroliers).

La politique agricole mise en place depuis les années 80 a permis au pays d'augmenter globalement sa production et même de devenir exportateur pour certains produits (fruits et légumes, coton, riz, fleurs coupées), en particulier vers l’Union européenne, avec laquelle l’accord d’association a libéralisé le commerce des produits agricoles.

Cependant, pour assurer la sécurité alimentaire de sa population en croissance rapide, l’Égypte demeure structurellement dépendante d’approvisionnements en produits de base sur le marché mondial, en particulier de blé, légumineuses et huiles.

Après trois années d’instabilité politique, le Gouvernement a entrepris des réformes structurelles et annoncé un ambitieux programme d’investissements pour restaurer la confiance des investisseurs, en particulier étrangers, et relancer l’économie. Le secteur agricole et agroalimentaire a toute sa place dans ce programme. Ainsi, dans le cadre de la conférence économique de Charm el Cheikh tenue en mars 2015, de nouveaux projets de bonification des terres concernant 400 000 ha ont été annoncés et ainsi que d’importants investissements dans les secteurs agricole et agroalimentaire.

Piliers du contrat social égyptien, des subventions à la fabrication du pain baladi et des cartes de rationnement alimentaire d’un montant global de 32MdLE, soit 3,7Md€, limitent les effets d’une pauvreté grandissante dans le pays (25% de la population). Des réflexions sont en cours pour réformer en profondeur ce système (recentrage sur les populations les plus vulnérables) et développer les infrastructures de stockage aujourd’hui insuffisantes.

L’Égypte est un acheteur important de blé français, ce commerce représentant près des 2/3, en valeur des exportations françaises de produits agroalimentaires vers ce pays (289M€ en 2014, contre 171 en 2013). Cependant, ces ventes de près de 1Mt en moyenne par an, sont irrégulières du fait d’une forte concurrence des blés de la Mer Noire.

La coopération agricole bilatérale se développe dans le cadre d'une collaboration institutionnelle centrée sur la politique agricole et de sécurité alimentaire, et en utilisant les moyens mis en place par l'UE et le G8 à la suite du printemps arabe.

Production agricole

L’agriculture est un secteur clé de l’économie égyptienne contribuant à un sixième du PIB et employant 30% de la population active. En raison des ressources limitées en eau douce et en terres arables de ce pays désertique, la surface agricole utile est de 3,6Mha, soit 4% du territoire. Plus de 95% des cultures sont irriguées. D’ores et déjà, 30% de ces surfaces proviennent de la mise en valeur du désert bordant la vallée et le Delta du Nil.

Le secteur agricole est dominé par la culture des céréales en Moyenne et Haute Égypte. La principale est le blé, planté en hiver sur plus du tiers des surfaces cultivées, soit 1,37mha en 2014, pour une récolte officiellement estimée en 2014 à 9Mt contre 9,4Mt en 2013. La production de maïs, estimée à 7,9Mt en 2013, est destinée à l’alimentation animale. Enfin, le riz, principale culture d’été, occupe environ 46 000 ha pour une production totale de 5,7Mt. Interdites en 2011 par le gouvernement pour se protéger des tensions sur le marché mondial, les exportations sont à nouveau autorisées depuis octobre 2012 pour le riz blanc.

En 2012, la culture du coton occupait 133 000ha, pour une production de 294 000t, inférieure de 45% à la moyenne des neuf dernières années. L’annonce de la fin des subventions au coton à compter de la campagne 2014/2015 devrait mettre un coup d’arrêt à cette production.

L'élevage est limité par la faiblesse des ressources végétales pour l’alimentation animale. Il est caractérisé par la prédominance de la production avicole. La production totale de volailles de chair a atteint 665 000t en 2010 tandis que la production d’œufs est estimée à 7,5Md d’unités par an. Un effort d’organisation du secteur bovin a permis d’atteindre un objectif d’autosuffisance en produits laitiers (production de 5,5Mlitres en 2013) et de réduction des importations de viande rouge (82% d’autosuffisance pour une production de 0,9Mt en 2013, en légère baisse -3%). Les autres types d'élevage (5,5Movins, 4,1Mcaprins, 0,3Mcamelins) demeurent peu structurés. L’Égypte a exporté pour 10,8M€ d’animaux vivants en 2010.

La pêche a vu sa production atteindre 100 000t en 2013 et l'aquaculture 1 450 000t. Cependant, la consommation a également augmenté, ce qui laisse le secteur très déficitaire.

La production est en hausse pour les fruits et légumes dans le cadre de la politique d'augmentation des surfaces cultivées d'ici à 2017. Les productions de fruits (oranges, pastèques, raisins, dattes et bananes) et légumes (tomates essentiellement, pommes de terre, aubergines, oignons) ont atteint respectivement 9,7Mt et 20,2Mt en 2010. Les exportations s’élevaient cette année-là à 1,2Mt (885M€) de fruits et 0,8Mt (590M€) de légumes.

Les industries agroalimentaires constituent un fort enjeu de développement avec 4 700 entreprises, dont de nombreuses PME, employant 250 000 salariés. Les exportations représentent 6,8% des exportations totales du pays, à destination d'abord du Moyen-Orient, puis de l’Europe, et avec une augmentation des échanges avec les pays d’Afrique de l’Ouest et du Sud. Il s'agit d'un secteur prometteur avec le futur développement des systèmes de distribution et la croissance de la population. Ses principaux enjeux sont la commercialisation de produits de qualité, la mise aux normes internationales des moyens de production, le développement des services, le développement de l’exportation, l'industrie de l’emballage et la production sous licence de produits étrangers de marque. L'Égypte souhaite attirer les investissements directs étrangers dans ce secteur.

Politique agricole

Malgré les résultats obtenus après la mise en place des réformes économiques et l’amélioration des ratios d’autosuffisance, l'Égypte, pays « à faible revenu et à déficit vivrier » selon le classement de la FAO, doit encore affronter de nombreux enjeux liés à la pauvreté et à la sécurité alimentaire, ce qui s’explique pour l'essentiel par la très forte croissance de sa population. Cette forte dépendance vis-à-vis des importations, notamment pour les principales denrées de base, et en particulier le blé, reste un grave sujet de préoccupation pour le gouvernement égyptien, qui cherche d’une part à assurer une certaine autosuffisance pour ses produits de base et, d’autre part, à augmenter son potentiel d’exportation.

Au cours des années 1960 et 1970, le secteur agricole en Égypte a été fortement orienté et contrôlé par l'Etat dans le cadre d’un fort interventionnisme gouvernemental. Le secteur agricole a été libéralisé à partir des années 1980 aboutissant à la privatisation totale du secteur agricole, avec une multiplication de petites exploitations de plus en plus fragmentées, avec une superficie moyenne de 0,4ha par exploitation.

Par ailleurs, la politique agricole égyptienne est passée dans le même temps d'une stratégie d'autosuffisance (économie fermée afin que le pays produise ce qu'il consomme) à une économie de sécurité alimentaire au sens large visant à augmenter les volumes de production et d’exportation des produits pour lesquels le pays est compétitif, et en même temps d’importer les autres produits pour lesquels l'Égypte a moins d'avantages comparatifs. Toutefois, il convient de relativiser certains aspects de cette politique : l'affichage de l'ouverture des marchés à la mondialisation doit être tempéré, car l'Égypte maintient de nombreuses barrières sanitaires et tarifaires.

Depuis 2010, la politique agricole égyptienne est entrée dans une nouvelle phase. Le plan d'action du Ministère de l'Agriculture et de la bonification des terres couvrant la période 2010-17 vise à augmenter de 1,3mha les surfaces cultivées d'ici 2017, ainsi qu'à améliorer l'approvisionnement des populations, en particulier en protéines. Le plan comprend neuf programmes de développement, traitant notamment les besoins en ressources humaines du secteur agricole, le développement durable et la gestion des ressources naturelles (en particulier la terre et l'eau), l'amélioration de la production pour répondre aux besoins de la sécurité alimentaire, et l'amélioration des moyens de subsistance des populations rurales. Plus de 100MdLE (environ 14,3Md€) sur sept ans doivent être investis, à hauteur de 54% par le secteur privé et de 46% par l'État.

Au final, combinée à une progression des rendements des cultures stratégiques, l'augmentation en cours des surfaces agricoles permet une amélioration de la sécurité de l'approvisionnement alimentaire de l’Égypte, malgré la croissance de la population.

En effet, les agriculteurs égyptiens ont largement répondu aux programmes de réformes économiques et de libéralisation, au transfert de technologies, au développement agricole et aux incitations par les prix. L’Égypte est maintenant autosuffisante en riz (109%), orge (100%), sucre (100%), légumes (105%), fruits (115%), produits laitiers (115%), œufs (100%) ainsi qu’en coton, plantes médicinales et aromatiques et en fleurs coupées dont elle peut même exporter certains excédents (agrumes, pommes de terre, coton…). Elle dépend néanmoins des importations pour satisfaire sa consommation, d’une part, en viande de volailles (94% d'autosuffisance), viande rouge (75%) et maïs fourrager (55%) et d’autre part en légumineuses (45%), en huiles (35%), et en blé (45%2) qui entrent dans la ration de base des égyptiens les plus vulnérables et sont donc au cœur des enjeux de sécurité alimentaire.

La forte dépendance aux importations de céréales constitue une faiblesse structurelle du dispositif de sécurité alimentaire égyptien. Après une année 2013 perturbée par la crise financière (insuffisances des réserves en devises) qui a ralenti les importations de blé, les importations ont retrouvé en 2014 leur niveau habituel (soit environ 10 Mt par an).

A moyen terme, le Gouvernement réfléchit à un développement des infrastructures de stockage du blé importé (et d’autres produits agricoles) pour réduire les pertes qui peuvent atteindre 20% et passer d’une capacité actuelle de 1,5Mt à 6Mt. Dans ce cadre, le projet financé par les Émirats Arabes Unis de construction de 25 silos de 60 000t vient d’être attribué au conglomérat AOI (Arab Organisation for Industrialisation) appartenant à l’armée, qui pourra sous-traiter sans appels d’offres la construction des silos (capacité totale de 1,5Mt). Dans le cadre de la conférence de mars 2015, le Gouvernement a aussi annoncé un projet de silos portuaires pour faire de la zone du canal de Suez un « hub céréalier » à vocation régionale pour l’ensemble du Moyen-Orient. Enfin l’Égypte cherche aussi, avec le soutien de la France, à améliorer la logistique de collecte et de stockage de la récolte de blé égyptien.

L’Égypte cherche parallèlement à développer la production et la collecte locales de blé. Outre la politique d’augmentation des surfaces agricoles, elle procède pour cela à l’achat de blé auprès des producteurs égyptiens par le General Authority For Supply Commodities (GASC) à des prix garantis supérieurs au cours mondial annoncé en début de campagne. Cette politique a entraîné une extension des surfaces cultivées en blé, passées de 1,2Mha en 2010 à 1,43Mha en 2013 (record) et 1,37Mha en 2014 pour une récolte officiellement estimée en 2014 à 9 Mt contre 9,4Mt en 2013.

En 2015, la collecte de la récolte de blé par le Gouvernement a battu son record à 5Mt contre 3,7Mt en 2013 et 2014. Cette progression spectaculaire serait liée à la confiance retrouvée des agriculteurs sur leur approvisionnement en pain subventionné. En effet, le système de subventions ayant été réformé, ils ressentiraient moins la nécessité de stocker du blé pour leur propre usage.

Une réforme du système de subventions alimentaires est en effet en cours, avec l’introduction dans 17 gouvernorats sur 29 d’un nouveau système, ciblé sur les populations les plus vulnérables, permettant l’accès à 20produits subventionnés afin d’améliorer l’équilibre et la teneur en protéines de la ration alimentaire des populations concernées. Ce nouveau système vise des économies budgétaires, une limitation de la corruption, et un moindre gaspillage. Les citoyens concernés bénéficient en effet d’un crédit dans le cas où ils n’utiliseraient pas le quota de pain quotidien auquel ils ont droit (le pain non consommé était auparavant perdu ou encore utilisé en alimentation animale). Ce crédit permet l’achat d’autres biens alimentaires subventionnés et aurait représenté 700M€/an.

Par ailleurs le Gouvernement, dans ce cadre de la réduction des subventions publiques, a décidé en juillet 2014 une diminution des subventions à l’énergie (l’essence a augmenté de 40 à 78% selon le degré d’octane et l’électricité de 28%) qui s’est traduite d’ailleurs par une augmentation du prix des engrais de 33 à 50%. Enfin, la fin des subventions au coton sur la campagne 2014/2015 devrait conduire à une forte réduction des surfaces.

Ces modalités d’intervention restent très coûteuses sur le plan budgétaire et sont toujours susceptibles d’être remises en cause.

La période d’instabilité institutionnelle post révolutionnaire a sensiblement dégradé l’environnement macroéconomique du pays (ralentissement économique, inflation élevée, dépréciation de la monnaie, réduction de 50% des réserves en devises) et en partie retardé la mise en œuvre du programme de la stratégie 2017 qui n’a cependant pas été abandonné. Depuis l’adoption de la nouvelle constitution en 2014 et l’arrivée du président actuel, l’Égypte a adopté un plan de développement centré sur des réformes structurelles et des investissements pour doper la croissance économique.

La stratégie pour 2030, qui constitue un réexamen de la stratégie pour 2017, a été a été confirmée lors de la conférence économique de Charm al Cheikh de mars 2015, et de colossaux investissements ont été annoncés dans le secteur agricole. D’une part, sept sites ont été identifiés dans le désert occidental, représentant au total 400 000ha de nouvelles terres (soit 10% de la SAU actuelle), pour une mise en valeur agricole, avec comme source d’approvisionnement en eau des nappes souterraines. D’autre part, des investissements sont envisagés pour la modernisation de l’irrigation dans les «anciennes » terres, l’accès au marché pour les productions de fruits et légumes, la transformation (fruits et légumes, sucre de betterave, plantes médicinales et aromatiques, produits laitiers, poissons). Enfin, la création d’un environnement législatif plus propice à l’investissement dans l’agriculture a été annoncée : une nouvelle loi sur les coopératives agricoles adoptée en décembre 2014 permet à celles-ci de devenir de véritables opérateurs économiques ; des réformes sont programmées concernant la contractualisation pour la vente des produits agricoles, la couverture sociale et la retraite des agriculteurs, ainsi que la propriété intellectuelle pour le secteur des semences.

Pour compléter le processus de réforme et pour aider à intégrer l’agriculture égyptienne dans l’économie mondiale, le pays a signé plusieurs accords de partenariat dont l’accord d’association avec l’UE en juin 2004 et ses amendements en 2009 (libéralisation du commerce des produits agricoles). Depuis, les exportations vers l’UE ont doublé.

Echanges commerciaux

Dans l’ensemble, le déficit structurel des échanges agroalimentaires de l’Égypte s’élevait à 5,3md€ au cours de l’année fiscale 2013/14, contre 7md€ l’année précédente. Le ralentissement des importations, entraîné par la suspension des achats du GASC de février à juillet 2013, ainsi qu’une hausse des exportations ont permis de sensiblement réduire le déficit commercial en 2013/14.

Les importations agroalimentaires égyptiennes ont nettement diminué en 2013/14 à 9Md€ (-10% sur un an), elles représentent près d'un quart des importations totales. La dépendance alimentaire de l’Égypte est en effet forte en céréales (2,8Md€ pour le blé, 1,9Md€ pour le maïs fourrager), protéines végétales (850M€ pour le soja et 308M€ pour les tourteaux de soja), huiles et graisses(2,2Md€), viande bovine (582M€), sucre (709M€) et poisson (442M€).

Les exportations égyptiennes ont atteint 3,7md€ en 2013/14 (+13%). Les principaux produits concernés étaient les fruits (663M€), les produits laitiers (447M€), les légumes (415M€), le coton (233M€), le sucre (228M€) et les pommes de terre (222M€). Les principaux clients de l’Égypte sont situés dans les pays voisins du Moyen Orient (Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis), d’Afrique (Soudan, Libye), et d’Europe (Italie).

Sur le plan bilatéral, le commerce de produits agroalimentaires a dégagé en 2014 un excédent commercial de 398m€ (+71% sur un an) pour la France. Cette hausse importante résulte d’une forte augmentation des importations égyptiennes en 2014, après une année 2013 fortement perturbée par la crise financière et l’instabilité politique.

Les achats français de produits égyptiens (essentiellement des fruits et des légumes frais ou transformés) se sont élevés à 37M€ (-24%).

Les ventes françaises en Égypte ont atteint 435M€ (+56% sur un an). Elles étaient essentiellement constituées de blé qui représente 63% du total. Le GASC est un acheteur important mais irrégulier de blé français (420 000t en 2013/14). Les spécifications du GASC requièrent un taux d'humidité bas et un fort taux de protéines sur lesquels il est nécessaire de s’aligner au risque de subir des réfactions. Les principales autres exportations en Égypte sont constituées de produits laitiers (55M€ en 2014, + 97%), de volailles vivantes et oeufs (18M€ en 2014, +33%), de viandes de volailles (4M€ en 2014 contre 0,1 en 2013) et de légumes (16M€ en 2014, -12%). L’Égypte est également un important importateur de plants de pomme de terre français (20% de nos exports en tonnage) selon des exigences phytosanitaires pouvant faire chaque année l’objet d’ajustements par les autorités égyptiennes, et susceptibles de complexifier voire de bloquer la certification phytosanitaire à l’exportation.

La France figure au cinquième rang des investisseurs étrangers en Égypte. Selon la Banque de France, le flux d’IDE vers l’Égypte atteignait 267M€ en 2013-14, pour un stock de 3Md€ en 2013, soit la moitié du stock d’investissements français au Proche-Orient. Selon la dernière enquête INSEE,la présence française se décline en une centaine d’entreprises filiales, employant près de 30 000 personnes, aux côtés également de quelques PME et d’entrepreneurs individuels.

Les principales entreprises agro-alimentaires françaises présentes en Égypte sont :

  • Lactalis, en joint-venture avec la société Best Cheese Co for Dairy Products, dispose de trois usines produisant du fromage fondu (Teama / Président) et d’un bureau régional de représentation.
  • Bel, via une filiale locale, production de Vache qui rit et commercialisation de Kiri.
  • Danone possède une usine pour de la fabrication de biscuits et une laiterie (adossée à une ferme de 5000 vaches laitières).
  • Bongrain, en partenariat avec le Groupe Rachid Mashreq, pour la fabrication de fromage fondu (Milkana). 

Accords internationaux

L'Égypte est située au centre d’un vaste réseau d’accords de libre-échange, avec ses partenaires arabes, africains et européens.

S’agissant de ses voisins arabes, l'Égypte est en effet membre de la Zone Arabe de Libre Echange, qui s’est constituée  en zone de libre-échange depuis le 1er janvier 2005. L'Égypte est en outre signataire d'accords bilatéraux de libre-échange avec de nombreux pays de la région (Tunisie, Liban, Jordanie, tous signés en 1998 ; Irak depuis 2001), ainsi que de l’Accord d'Agadir (février 2004), accord de libre-échange à quatre, rassemblant également la Jordanie, la Tunisie et le Maroc.

Par ailleurs, l'Égypte fait partie, depuis son origine en 1994,du Marché commun de l'Est et du Sud de l'Afrique (COMESA). Sur les 21 pays membres du COMESA, 10 ont constitué une zone de libre-échange, dont l'Égypte.

L'Accord d’association entre l'union européenne et l’Égypte, signé en juin 2001 et ratifié par le Parlement égyptien en avril 2003, est entré en vigueur le 1er juin 2004. Il prévoit notamment l'établissement d'une zone de libre-échange entre l’Union européenne et l'Égypte, comprenant des concessions plus favorables sur les produits agricoles et la suppression des droits sur les produits industriels, dans un délai de douze à quinze ans après l'entrée en vigueur de l'accord. En juillet 2008, les négociateurs sont parvenus à un accord préliminaire visant à poursuivre la libéralisation des échanges de produits agricoles frais et transformés et de produits de la pêche, cet accord devant servir de base à un futur accord, sous réserve de l'achèvement des procédures internes de chacune des deux parties. Cet accord, entré en vigueur le 1er juin 2010, prévoit que l'Égypte donne un accès libre et immédiat pour la plus grande partie des produits agricoles et de la pêche : en sus du tabac, de la viande de porc et des vins et spiritueux, l’Égypte n’a conservé que quelques produits sensibles qui ne sont pas soumis à libéralisation complète (produits sucrés, pâtes,chocolat et pâtisserie). En contrepartie, la libéralisation de l’UE porte sur 67% de ses importations agricoles, avec le maintien du système des prix d’entrée pour certains fruits et légumes et de la protection tarifaire pour certains produits sensibles.

Suite aux changements politiques intervenus début 2011 au Sud de la Méditerranée, la recherche d'Accords de Libre Échange Complet et Approfondi (ALECA) avec chacun des pays concernés a été initiée. Des mandats de négociation ont été adoptés par le Conseil européen en décembre 2011. L'UE cherche ainsi à renforcer sa politique de voisinage à travers l'arrimage de la rive sud au marché commun européen, notamment via la reprise de l'acquis communautaire et l'approfondissement des relations économiques entre les deux zones. Ces négociations d'un ALECA avec l’Égypte n'ont pas réellement démarré et en sont encore à l'exercice de définition du périmètre d'un potentiel futur accord.

Par ailleurs, les discussions courant 2010 entre l'UE et l'Égypte ont visé un renforcement des relations, ce qui lui permet de bénéficier de programmes d'appui dans divers domaines, dont l'agriculture.

Ainsi, toujours suite aux changements politiques intervenus début 2011, l'UE a décidé le renforcement de sa politique de voisinage. En réponse au «printemps arabe », 1,2md€ supplémentaires ont été débloqués (ces fonds s'ajoutant aux 5,7Md€ déjà prévus pour la période 2011-2013) afin de parer aux besoins immédiats des pays du voisinage et de les encourager aux progrès démocratiques. L'Égypte peut en bénéficier dans le domaine agricole et le développement rural.

Le sommet du G8 de Deauville, le 27 mai 2011, a également annoncé 35Md€ d'aide en faveur des transitions arabes, sous forme de prêts au développement ou d'aides bilatérales, avec une mention particulière pour la Tunisie et l'Égypte, premiers pays à s’être engagés dans la transition démocratique. Les Banques multilatérales de développement s'étaient engagées à mobiliser plus de 17,5Md€, dont 3,5Md€ provenant de la BEI au profit de l’Égypte et de la Tunisie d’ici 2013.

Les pays arabes ont également massivement soutenu l’Égypte : sous la présidence Morsi, le Qatar (8Md USD) et dans une moindre mesure la Libye (2Md USD) ont été les principaux soutiens financiers de l’Égypte. Sa déposition a rebattu les cartes avec près de 18,5Md€ d’annonces cumulées, depuis juillet 2013, d’aides du Koweit, de l’Arabie saoudite, et des Émirats Arabes Unis, dont 15Md€ auront effectivement été décaissés fin juin 2014.

L’action de la France passe par deux canaux : celui des institutions européennes et celui de l’Agence Française de Développement qui apporte près de 900M€ de prêts à conditions avantageuses pour soutenir la transition démocratique dans ce pays. L'aide directe de la France à l’Égypte, de 650M€, est ciblée sur la reprise économique et la création des conditions d’une croissance plus équitable, la formation professionnelle et l’accès à l’emploi. Cet effort exceptionnel comprend, au-delà d’un soutien budgétaire immédiat, un renforcement des dispositifs de garanties en faveur des PME, et le développement de projets d’infrastructure clefs pour améliorer les conditions de vie dans les zones déshéritées.

L'Égypte n’est pas membre du G20 mais a régulièrement rappelé son souhait d’y être intégrée. Concernant l'OMC, l’Égypte, auparavant partie contractante du GATT depuis 1970, est un membre influent de l'organisation depuis sa création en 1995, même si les changements de négociateurs semblent avoir affaibli son poids dans la négociation.Elle fait partie du groupe Africain, groupe essentiellement géographique qui n’a pas de position générale commune sur les négociations OMC, si ce n’est la promotion des intérêts des pays en développement et en particulier des pays les moins avancés. L’Égypte affiche ainsi régulièrement des positions libérales dans les négociations touchant à l’ouverture des pays développés. Cette ouverture constitue le véritable intérêt offensif de l’Égypte, notamment pour les fruits et légumes.

Par ailleurs, comme de nombreux pays émergents, l’Égypte maintient, malgré une politique affichée d'ouverture des marchés, de nombreuses restrictions tarifaires et non tarifaires. Ainsi par exemple, l'embargo sur les viandes bovines de l'Union européenne est partiellement maintenu en raison de l'ESB malgré les demandes étayées répétées. L’Égypte est également un pays en développement importateur net de produits alimentaires (PEDINPA). Ces pays avaient été identifiés lors des accords de Marrakech comme pouvant potentiellement pâtir de la libéralisation des échanges agricoles. A ce titre, les PEDINPA devraient faire l’objet d’un traitement particulier en ce qui concerne l’aide alimentaire et l’assistance technique et financière notamment.

L’Égypte a reçu par le passé des quantités relativement importantes d’aide alimentaire, surtout du blé et de la farine de blé en provenance des États-Unis et de l’Union européenne. Toutefois, l’aide alimentaire à destination de l’Égypte a baissé radicalement du fait d’un déclin de l’aide alimentaire dans son ensemble. L’aide sous la forme de blé et de farine de blé a diminué passant de 2Mt en 1990 (soit environ 20% de la consommation totale en 1990) à seulement 20 000 tonnes en 1999 (soit 0,2% de la consommation totale en l’an 2000).

Relations bilatérales

La coopération franco-égyptienne dans le secteur agricole reposait essentiellement sur le financement du fonds de contrepartie de l’aide alimentaire française doté de 50M€ qui depuis 1983 a financé une centaine de projets identifiés et suivis par le Bureau de Liaison Agricole Franco-Égyptien (BLAFE) et portant sur des sujets extrêmement variés : élevage, productions végétales, analyse et transformation des produits agricoles, protection des cultures, biotechnologies, machinisme agricole, systèmes d’information, standardisation/ certification des produits, promotion des PME, recherche…

Cette relation, fondée sur une amitié historique entre la France et l'Égypte, est en cours de réorientation vers des actions de coopération institutionnelle directe entre les ministères français et égyptien chargés de l'agriculture. Ceci devrait se formaliser par un protocole portant d’avantage sur des appuis en matière de politique et de gouvernance agricoles, d’organisation du secteur agricole (coopératives, chambres d’agricultures, syndicats agricoles) ou de recherche agricole. La transition politique entre 2011 et 2013 a retardé l’aboutissement de ce processus qui devrait être relancé en 2015. Il s’agira également de trouver des synergies avec l’AFD également engagée dans le secteur agricole au travers des opérations suivantes :

  • projet SASME : prêt souverain de 30M€ bonifié par une subvention de 22M€ déléguée par l’Union Européenne à l’AFD accordé en juin 2013 pour financer un programme de renforcement de l’accès à des services financiers pour les exploitations agricoles, les PME et les TPE de transformations (aquaculture marine et lait) ;
  • projet de Modernisation de l’irrigation à la parcelle dans le delta du Nil : prêt souverain de 35M€ accordé en avril 2012 pour un montant total de 166M€ (dont 78M€ de la Banque mondiale et 12M€ financés sur fonds propres par le Gouvernement égyptien) ;
  • partenariat PROPARCO avec WADI Holding, société de production et de transformation de produits agroalimentaires : 2,6M€ chacun en 2009, et prêt de 17,7M€ début 2012.

Par ailleurs, la France a participé de 2010 à 2011 avec les Pays-Bas à un jumelage communautaire dans le domaine vétérinaire et conduit depuis mai 2013, avec les Pays-Bas et le Royaume-Uni, un jumelage dans le domaine phytosanitaire. Enfin, un jumelage consacré au renforcement des capacités du Centre de Recherche Agricole (ARC) a été signé en décembre 2014, et constitue une opportunité intéressante d'appui aux politiques publiques, cet organisme étant chargé d'éclairer le ministère de l'agriculture dans ses décisions. D'une manière générale, la France cherchera à utiliser les possibilités offertes par les soutiens de l’UE à l'Égypte dans le cadre du programme d'appui à l'accord d'association, renforcé comme indiqué précédemment dans le cadre du printemps arabe, ainsi que par la déclaration du sommet du G8 du 27 mai 2011. à noter que depuis 2014, l’Égypte est éligible au programme ENPARD.

Dans le domaine de l'enseignement supérieur agronomique et vétérinaire,VetagroSup, l'Institut Lasalle Beauvais et l'IAM de Montpellier ont des accords de partenariat avec des universités égyptiennes. Dans le domaine de la formation technique, le lycée agricole d'Angers Le Fresne reçoit chaque année en BTS "production horticoles" des étudiants égyptiens dans le cadre d'un partenariat institutionnel.

Dans le contexte difficile qu’a traversé l’Égypte en 2013, les ministères de l’approvisionnement et de la coopération égyptiens ont sollicité un appui de la France sur la stratégie de renforcement des capacités de stockage du blé de collecte en Égypte.

Sources : Banque mondiale, FAO, douanes françaises et égyptiennes citées par Business France 2013 et 2014, CIHEAM, INSEE, AOAD, Banque centrale égyptienne, MAAF, Ambassade de France en Egypte.

 

Voir aussi