Des cas de fièvre charbonneuse identifiés dans les Hautes-Alpes
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Depuis le 30 juin 2018, quatorze cas de fièvre charbonneuse ont été détectés sur des bovins, des ovins et un cheval de 6 communes du département des Hautes-Alpes avoisinantes de la commune de Gap.

La fièvre charbonneuse ou charbon bactérien est une zoonose (maladie commune à l’homme et à l’animal) qui affecte les mammifères et principalement les herbivores. Elle est due à la bactérie Bacillus anthracis qui a la particularité de persister sous forme de spores dans les sols. Ces spores sont susceptibles de remonter en surface à la faveur de conditions climatiques particulières (alternance de sécheresse et de fortes précipitations) et écologiques et/ou d'activités humaines.

En France, des foyers sont régulièrement détectés dans certaines régions et surviennent généralement de manière sporadique. Le nombre de cas identifiés varie selon les années (0 à 5 par an) mais une conjonction de conditions climatiques et géologiques peut parfois donner lieu à des résurgences multiples groupées telles que constatées cet été 2018 dans le département des Hautes-Alpes.

Pour les troupeaux concernés des Hautes-Alpes, un traitement antibiotique et/ou la vaccination des animaux ont été mis en place. Une vaccination préventive pour les élevages exposés est également organisée par les services de l’État avec le concours de vétérinaires sanitaires.

Des mesures particulières de prévention ont également été prises pour les personnes qui peuvent présenter un risque d'exposition (éleveurs et vétérinaires notamment).

Les services de l’État (Préfecture, Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, Agence régionale de santé) appuyés par l'expertise de l'Anses sont mobilisés et suivent au plus près l'évolution de la situation.

Qu’est-ce que la maladie du charbon ou fièvre charbonneuse ?
La fièvre charbonneuse est une maladie due à la bactérie Bacillus anthracis qui provient du sol, où elle peut être présente depuis de nombreuses années et remonter ponctuellement près de la surface à la faveur de mouvements de terrain ou d’aléas climatiques.
La plupart des mammifères sont sensibles à la maladie, mais elle affecte principalement les animaux herbivores. La maladie se manifeste chez les animaux sous la forme notamment d’une forte fièvre, avec des symptômes généraux, circulatoires, hémorragiques, digestifs et urinaires, et évolue rapidement vers la mort.

Quel est le mode de contamination des animaux ?
La forme de transmission la plus courante chez l’animal reste l’ingestion en pâturant sur des terrains contaminés par des spores (phase du cycle de vie de la bactérie), qui peuvent germer en pénétrant le corps de l’animal et provoquer la maladie. La transmission entre animaux est très rare.

Quel est le risque de contamination à l’homme ?
Le principal mode de contamination à l’homme est dû au contact ou à l’ingestion d’animaux infectés. Les derniers cas humains en France remontent à 2008. La transmission du charbon d'une personne à une autre n’a jamais été observée.

Comment soigner et prévenir la maladie ?
Que ce soit chez l’animal ou chez l’homme, les antibiotiques sont efficaces contre la fièvre charbonneuse.
Le meilleur moyen pour limiter sa propagation reste la vaccination des animaux.

Quelles précautions à prendre pour les habitants des zones concernées ?
Des mesures de prévention simples dans les communes à risque permettent de se prémunir de toute contamination. Il convient donc pour les personnes de ne pas franchir les enclos des pâtures, ne pas toucher les animaux trouvés morts, de bien tenir les chiens en laisse et ne pas cueillir les baies sauvages et les champignons

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