Côte d'Ivoire

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

La Côte d'Ivoire est un pays ACP (Afrique-Caraïbes- Pacifique) à revenu intermédiaire. Non PMA (Pays les moins avancés), le pays ne bénéficie pas à ce titre de l’initiative Tout sauf les armes. Après une période de contraction due à la crise, les échanges économiques ont repris en 2012. La Côte d’Ivoire demeure le seul pays UEMOA (zone franc CFA) à dégager un excédent commercial. Avec 12% de part de marché, la France demeure son deuxième partenaire commercial derrière le Nigeria (22%). Hors pétrole, elle reste en tête. La Côte d’Ivoire est le troisième marché pour la France en Afrique subsaharienne derrière le Nigeria et l’Afrique du Sud.

En 2014, la Côte d'Ivoire représentait encore 34% du PIB de l'UEMOA, après une baisse à 30% en 2011. Deuxième économie d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) après le Nigeria, la Côte d’Ivoire est la première puissance économique de l’UEMOA. Elle réalise 65% des exportations agricoles de l’UEMOA et 33% de celles de la CEDEAO (2013).

Le secteur agricole représente, en 2013, 22,3% du PIB de la Côte d'Ivoire et 47% des exportations globales du pays (56% en en 2012), 62% hors pétrole. Il emploie la moitié des actifs et fait vivre deux tiers de sa population du pays.

Après la récession sévère de l’année 2011 due à la crise post-électorale, la croissance ivoirienne a rebondi en 2012 (10,7%) et s'est établie en 2013 à 8,7% (FMI) avec un taux d’inflation modéré (2,6% en 2013).

Le Liberia et la Guinée, pays limitrophes à l’ouest de la Côte d’Ivoire, sont touchés depuis 2014 par une épidémie de la maladie à virus Ebola. La Côte d'Ivoire n’a pas été touchée par la maladie. Néanmoins la fermeture des frontières terrestres concernées et l’interdiction de la consommation de viande de brousse, ont eu un impact sur les marchés agricoles et la situation alimentaire à l’ouest du pays.

Production agricole

Quatre ans après la crise post-électorale de 2010, la Côte d'Ivoire confirme le redémarrage de sa croissance. À deux chiffres en 2012 (10,7%), elle s’est établie à 8,7% en 2013 et devrait être de 8,5% en 2014. Cependant, les conditions de vie des ménages se sont détériorées depuis les années 1990 avec un taux de pauvreté atteignant 42,7% (2008, BM) alors qu’il était de 10,1% en 1985 et ce, particulièrement en milieu rural (62,5%).

Le secteur agricole a constitué le principal moteur de la croissance ivoirienne après l’indépendance avec le développement des cultures de rente impulsé par l’État. L’agriculture (y-compris la foresterie, la chasse, la pêche et la production animale) demeure aujourd’hui le socle de l’économie ivoirienne. Elle contribue à créer 22,3% du PIB (2013, BM) et représente 47% des exportations globales du pays en 2013 (62% hors le pétrole). Elle occupe 46% de la population active du pays et est une source de revenus pour les deux tiers d’une population à 50,3% rurale (recensement 2014).

Premier producteur mondial de cacao et deuxième de noix de cajou, la Côte d’Ivoire dispose de potentialités agricoles naturelles (terres fertiles, ressources hydrologiques importantes,climat favorable) et une diversité de conditions agroécologiques. Son positionnement aux tous premiers rangs africains pour d’autres grandes productions agricoles (caoutchouc, huile de palme, banane, ananas, coton, café, noix de coco, cola) et maintenant minières (manganèse, fer, bauxite, or, diamants, pétrole, gaz, etc.) favorise la diversification de sa base productive, confortée par un tissu de grandes entreprises et de PME/PMI.

Les terres cultivables sont estimées à 21Mha, soit 65% de la superficie totale du pays. La surface mise en culture en 2012 est de 7,4Mha (FAO), soit 35% des terres cultivables, dont 2,9Mha de terres arables et 4,5Mha de cultures permanentes. Les forêts couvrent en 2012 10,4Mha (FAO) alors qu’elles représentaient 16Mha en 1960.

Les cultures de rente ou cultures agro-industrielles

Les productions d’exportation assurent près de 40% des recettes d’exportations et soutiennent le développement agro-industriel du pays. Certaines sont en pleine expansion (hévéa, anacarde, mangue), d’autres sont stationnaires (cacao, palmier à huile, banane) ou en régression (café, ananas,bois). La compétition pour l’espace cultivé est actuellement favorable à l’hévéa dans la moitié sud du pays et à l’anacarde dans sa moitié nord.

La Côte d'Ivoire est depuis plus de 20 ans le premier pays producteur mondial de cacao devant le Ghana, avec des récoltes record en 2014 (20% par rapport à 2012-13), la production atteint 1,74Mt, ce qui représente 40% de la production mondiale. Les exportations de cacao (fèves et cacao transformé) représentent 26% des exportations globales du pays (2013), 34% hors pétrole.

Avec une superficie cultivée de 2Mha, la production cacaoyère occupe environ 800 000 planteurs et fait vivre 6millions de personnes, soit le quart de la population ivoirienne. Les exploitations sont généralement de taille comprise entre 3 et 5ha et de type familial.

Le secteur cacao s’est engagé à la demande des bailleurs de fonds (Banque mondiale notamment) dans une réforme institutionnelle et fiscale portant en priorité sur l’amélioration de la transparence dans la gestion de la filière et sur la garantie de revenu rémunérateur aux producteurs. La réforme fiscale est appliquée depuis la campagne cacaoyère 2010/2011, l’ensemble de la taxation ayant été plafonnée à 22% du prix international. La réforme institutionnelle en vigueur depuis novembre 2012 a abouti au retour d’un système de stabilisation réajusté. La Côte d’Ivoire vend à terme (chaque jour) sur le marché international 80% des estimations de production de la campagne donnée, le solde faisant l’objet de vente onspot. Le prix d’achat du cacao aux planteurs est fixé à 60% du prix moyen CAF.

La Côte d’Ivoire travaille aussi à améliorer la productivité, la qualité et la durabilité de sa filière cacao via le programme 2QC (quantité, qualité, croissance). La reconquête de la qualité du cacao ivoirien a été permise par un travail sur les bonnes pratiques agricoles ainsi qu’un renforcement des contrôles qualité. En outre, les vergers vieillissants sont remplacés par des pieds de cacaoyers de variété à haut rendement produisant à partir de 18 mois : le Cacao Mercedes, mis au point par le Centre national de recherche agronomique. Des perspectives de développement existent au niveau de la transformation. Au-delà du premier niveau, le pays souhaite pousser la deuxième transformation afin d’augmenter la création de valeur ajoutée, à l’image de la prochaine ouverture de l’usine CÉMOI de production de chocolat en Côte d’Ivoire visant les marchés local et régional ouest-africain.Le café, malgré une baisse de production depuis une dizaine d’années, représente néanmoins encore 1,4% des exportations ivoiriennes avec 130 800t en 2013.

La Côte d'Ivoire est au 1er rang africain et au 7e rang mondial des producteurs de caoutchouc naturel. Le caoutchouc naturel occupe le 3e rang des produits d’exportation en Côte d’Ivoire (2e hors pétrole) représentant en 2013, 6%des exportations du pays. Il est destiné essentiellement à l’industrie pneumatique du marché de l’Union européenne (70% des exports). 70% de la production ivoirienne de latex est issu de plantations villageoises, cultivées par 90 000 planteurs environ (2012), le restant de plantations est issu de sociétés agricoles. Les superficies cultivées et exploitées devraient continuer de s’accroître à moyen terme même si avec le fléchissement des cours mondiaux (baisse du cours moyen 2014 de 32,6% par rapport à 2013) devrait ralentir le rythme des plantations.

Avec 550 000t produites en 2014, soit 20% de la production mondiale, la Côte d’Ivoire est le 2e producteur mondial de noix de cajou (anacarde), derrière l’Inde (800 000 t) et devant le Vietnam (400 000t), et premier producteur africain. La filière anacarde se positionne désormais devant le coton comme la première culture de rente dans le nord de la Côte d’Ivoire. Le pays souhaite en développer la transformation locale.

Après s’être relevé d’une chute de production importante dans les années 2000, la Côte d’Ivoire est le 3e producteur ouest-africain de coton avec 20% de la production de coton de la CEDEAO (405 000t de coton graines en 2013-2014), derrière le Burkina-Faso et le Mali, et 2e exportateur régional. Le coton génère 2% des exports du pays et joue un rôle socio-économique majeur au nord et centre du pays (moitié du territoire) au niveau des populations rurales et comme source d’industrialisation. Pour le moment, malgré la chute continue des cours mondiaux (- 30% en 2014), les prix aux producteurs restent assez stables, mais en légère baisse. Néanmoins, les sociétés cotonnières ouest-africaines pourraient ne plus pouvoir encaisser le choc de la baisse de cours et les prix aux producteurs pourraient être amenés à baisser sensiblement.

La filière huile de palme se situe à la 4e place dans l’économie ivoirienne et emploie plus d’un million de personnes dans la partie sud de la zone forestière. Avec 400 000t d’huile de palme brute produites par an, la Côte d’Ivoire occupe le 5e rang mondial après la Malaisie l’Indonésie, le Nigeria et la Colombie. Elle est le 1er exportateur africain et 2e producteur africain derrière le Nigeria. La production ivoirienne devrait continuer à augmenter pour répondre aux besoins propres du pays et à la demande ouest-africaine en oléagineux.

L’ananas, la banane et la mangue assurent 1,5% des exportations totales ivoiriennes. Le pays est le 2e exportateur africain de bananes vers l'UE, derrière le Cameroun, avec 90% de la production exportée à 80% vers l’UE (5% du marché UE). La production de bananes a été affectée en 2014 par les fortes pluies (1 300ha de plantation inondés) qui ont entraîné la perte de plus de 75 000 t de bananes (quart de la production nationale). La majeure partie de la production provient des plantations des entreprises privées filiales de groupes agro-industriels. Tout comme l’ananas, filière en crise avec des exportations passées de 210 000t en 2003 à 20 500t en 2014, la banane ivoirienne est concurrencée sur le marché européen par les importations des multinationales latino-américaines. Elle doit faire face à l’érosion des préférences tarifaires et à des différentiels de coûts d’emballages. Enfin, avec 18 000t (8,9M€) de mangues exportées (2013), la Côte d’Ivoire est le 1er exportateur africain de mangues (suivie du Mali et du Sénégal) et le 3e fournisseur sur le marché européen après le Brésil et le Pérou.

Avec une production de l’ordre de 214 000t de sucre fini en 2013, la Côte d’Ivoire possède la première industrie sucrière de la zone UEMOA. Au nord, deux complexes sucriers (hérités de la Sodesucre) exploitent la canne sur 25000ha environ (irrigué à 84%) : Sucaf, filiale du groupe français Castel associée au groupe Somdiaa, et Sucrivoire, du consortium ivoiro-mauricien Sifca/Harel frères Ltd.

La production est essentiellement destinée au marché local pour la clientèle des ménages (~80 %) et des industriels. Seule activité industrielle au nord du pays à l’exception de la filière coton, l’industrie sucrière contribue à fixer les populations locales par les emplois générés et l’implication sociale des deux compagnies.

Productions vivrières

La production vivrière représente plus de 10,7Mt par an en Côte d’Ivoire avec essentiellement des tubercules (49% d’igname avec 5,7Mt), des racines (21% de manioc avec 2,4Mt), de bananes plantains et des céréales (6,4% de riz et 5,9% de maïs ainsi que le mil et le sorgho). Si la demande nationale pour l’alimentation humaine est couverte en igname, manioc, banane plantain et maïs, le pays reste encore très dépendant de l’extérieur pour certains produits comme le riz, le blé, les oignons et pommes de terre.

Deuxième poste d’importation de la Côte d’Ivoire derrière le pétrole avec 803 000t (2013) de riz blanchi importé principalement de Thaïlande et d’Inde, le déficit en riz croît régulièrement (6% par an). La production de riz blanc est estimée à 700 000t/an (1Mt de riz Paddy) et ne couvre que 30% des besoins locaux. Le pays s’est engagé dans un projet de relance de la production rizicole que l’office national du riz créé en 2009 est chargé de mettre en œuvre, avec notamment un objectif de développer le riz irrigué. En effet, sur les 600 000ha de superficies cultivées en riz, 95% sont en culture pluviale et 5% en culture irriguée et la productivité encore peu performante. Le projet de relance de la production locale commence à porter ses fruits car la quantité importée de riz blanchi a baissé de 34,5% (passée de 1,27Mt en 2012 à 0,803Mt en 2013) compensée par l’offre nationale.

La Côte d’Ivoire se lance aussi dans la production intensive de maïs à grande échelle en s’appuyant sur les agro-industriels (baux emphytéotiques de l’État/intégration de petits producteurs sur surface équivalente) à destination surtout de l’alimentation animale où la demande est importante pour le développement des élevages à cycle court (avicole et porcin) ainsi que pour la brasserie (marché de niche). Le soja se développe aussi pour l’alimentation animale et la fabrication de mayonnaise (besoin en œufs).

Concernant les biotechnologies, la Côte d’Ivoire s’est dotée dispose d’un cadre de biosécurité qui définit sa politique globale et donne les orientations générales en la matière de biotechnologies modernes. Le pays a fait voter par l’Assemblée nationale et promulguer par le Président de la République, une loi instituant la création, à Grand-Bassam, d’une Zone franche spécialisée en biotechnologies et en technologies de l’information et de la Communication. L’avant-projet de loi portant régime de biosécurité a été finalisé, un atelier d'information et de sensibilisation sur la biotechnologie moderne et la biosécurité s’est tenu en juillet 2014. Un projet de décret déterminant les modalités d’utilisation des OGM a été élaboré.

Les productions animales et halieutiques

La dépendance de la Côte d’Ivoire à l’égard des importations de produits d’origine animale est importante, particulièrement pour ce qui concerne les produits halieutiques, la viande et le lait, où l’offre intérieure est déficitaire en volume, respectivement de 87%, 53%, et 87%. La demande intérieure en viande est en progression du fait de la croissance démographique, elle croît deux fois plus vite que l’offre. Pour couvrir la demande, le pays a importé en 2013, 72 500t de viandes et abats comestibles, pour un montant de 59,3M€ (65% d’abats et 20% de viande de porc), avec la France comme premier fournisseur (23% de la valeur importée).

L’élevage dans le pays est pratiqué sur l'ensemble du territoire national avec une forte prédominance des bovins au Nord et au Centre, et des élevages à cycle court (porc, volailles) et non conventionnels (miel, aulacodes, escargots) au Sud. Pour relancer les filières ovines et surtout bovines très touchées par la crise de 2002, des chantiers vont être menés par le Ministère de la Production Animale et des Ressources Halieutiques sur la génétique animale, sur les infrastructures de production (points d’eau, paddocks fourragers, quais d’embarquement, parcs et couloirs de contention), d’abattage, de commercialisation (marchés à bétail, boucheries et points de vente.

La filière avicole couvre en grande partie les besoins nationaux en œufs et en viande de volaille. La production de poulets de chair est passée de 17M (2010-2011) à 25,3M de têtes en 2012. La filière avicole favorise des débouchés pour les produits agricoles et les sous-produits agro-industriels maïs, coton, soja, blé…) dont la demande pour l’alimentation animale est croissante.

La Côte d'Ivoire relance sa filière porcine (élevages modernes) car le pays importe 80% de sa consommation en viande de porc (18 600t pour une valeur de 12M€ en 2013). Le cheptel de 53500 têtes dans les élevages modernes, concentré dans le district d’Abidjan, s’ajoute au cheptel de porcs traditionnels. Sont prévus un programme d’amélioration génétique et de repeuplement des élevages, la réhabilitation de l'abattoir de la SIVAC ainsi que la rénovation des points de vente Gaby. La Côte d’Ivoire dispose de 550 km de côtes maritimes pour la pêche. Cependant, le secteur de la pêche est en déclin, avec une production ivoirienne de produits halieutiques de74 000t (FAO, 2010), dont 72 000t de captures et 2 000t d'aquaculture. La production nationale reste largement dominée par la pêche artisanale dont les principaux acteurs sont des pêcheurs étrangers ressortissants de la sous-région ouest africaine.

Le poisson joue un rôle important dans l’alimentation des populations, puisqu’il est la principale source de protéines animales du consommateur ivoirien. Bien que la Côte d’Ivoire soit le premier producteur de thon en Afrique (et le 6e mondial), le poisson congelé (285 000t) est son 3e poste d’importation, pour un coût de 269,6M€ (importé principalement de Mauritanie, du Sénégal, de Guinée et de Chine). Le port d’Abidjan est l’un des principaux points de débarquement et de transbordement de captures de thons en Afrique de l’Ouest et dans le Golfe de Guinée (notamment par les flottes européenne, française et espagnole) : il dispose pour cela d’infrastructures adaptées et d’une filière de transformation (conserveries). La Côte d’Ivoire est donc un point important d’exportations de conserves de thons vers le marché européen.

Ebola

L’épidémie de la maladie à virus Ebola s’est propagée en 2014 en Guinée et au Liberia, deux pays limitrophes de la Côte d’Ivoire à l’ouest, ainsi qu’en Sierra Leone. Si aucun cas d’Ebola n’est apparu en Côte d'Ivoire, la crise sanitaire voisine a eu néanmoins un impact sur les marchés agricoles et la situation alimentaire à l’ouest du pays du fait des mesures sanitaires prises. En effet, les flux de produits agricoles ont été quasiment stoppés sur les marchés à l’ouest après la fermeture de la frontière terrestre. Ceci a eu pour conséquence un engorgement des stocks et une baisse des prix des produits agricoles (huile de palme rouge, choux, manioc), avec un impact sur les moyens de subsistance des populations locales. Par ailleurs l’interdiction de chasse et de consommation de viande dite «de brousse» pourrait avoir un impact sur l’équilibre nutritionnel des populations les plus pauvres. Après une hausse fin septembre due à la crainte d'une contagion d'Ebola aux principaux producteurs de cacao en Afrique de l’ouest, les cours internationaux du cacao sont revenus à la normale, aucun cas n'ayant été signalé en Côte d'Ivoire ou au Ghana.

Politique agricole

Politique régionale

La Côte d'Ivoire est membre de la CEDEAO (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest), qui a adopté en 2005 une politique agricole régionale, l’ECOWAP/PDDAA (Economic Community of West Africa States Agricutural Policy), traduction régionale du Programme Détaillé de Développement de l'Agriculture Africaine (PDDAA) du NEPAD (New Partnership for Africa's Development).

L’ECOWAP/PDDAA se veut le cadre de référence des interventions de la région en matière de développement agricole. Il vise à construire un marché régional performant en s'appuyant sur les exploitations familiales et la promotion des entreprises agricoles grâce à l'implication du secteur privé. Il repose sur la coordination de Programmes Nationaux d’Investissements Agricoles (PNIA) développés au niveau des pays, et d’un Programme Régional d’Investissements Agricoles au niveau communautaire (PRIA). Le PRIA fédère les priorités régionales et combine les investissements et les réformes de politiques. Il est structuré autour de trois objectifs : (i) la promotion des produits stratégiques pour la souveraineté alimentaire (riz, maïs, manioc, bétail et produits animaux, produits halieutiques) ; (ii) la promotion d’un environnement global favorable au développement agricole ; et (iii) l’amélioration de l’accès des populations vulnérables à l’alimentation. Les PNIA, quant à eux, traduisent les priorités des acteurs nationaux et sont centrés sur des investissements productifs portant sur le secteur agricole au sens large (production végétale, élevage, pêche, foresterie).

Le 25 octobre 2013, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO a approuvé la structure du tarif extérieur commun (TEC) de l'organisation. Le TEC est structuré en 5 bandes (0% - 5% - 10% - 20% - 35%). L’agriculture est relativement plus protégée que les autres secteurs par le TEC CEDEAO avec 55% des lignes tarifaires agricoles dans la bande à 20% ou 35% et aucune dans la bande de 0%. En outre, 90% des marchandises incluses dans la 5e bande taxée à 35% sont des biens agricoles. Sa mise en œuvre intervient depuis janvier 2015, une période de transition permettant des variations et des exemptions.

La CEDEAO pilote un projet régional de réserves alimentaires d'urgence. Dans le cadre du G20, un projet pilote pour la mise en place au niveau régional de réserves alimentaires humanitaires d'urgence en Afrique de l'Ouest a été lancé. Il consiste en l’établissement de stocks régionaux, sous forme physique (pour un tiers) et financière (pour deux tiers), en complément des réserves nationales existantes.

La gestion technique de la réserve est assurée par une unité spéciale placée au sein de l'Agence Régionale pour l'Agriculture et l'Alimentation (ARAA), dont le siège est à Lomé.

La CEDEAO a lancé en février 2014 le projet Faim Zéro, qui concrétise l'initiative Faim Zéro visant à éradiquer la faim et la malnutrition dans la région à l'horizon 2025. Ce projet de trois ans est financé par la coopération allemande (1,9M€) et la CEDEAO avec l’appui technique de la FAO. Il vise à amener la CEDEAO, les organismes publics et la société civile à travailler en synergie et les aider à prendre des mesures concrètes pour lutter contre la faim et la malnutrition. Pour ce faire, les réflexions devront être approfondies sur la gouvernance politique - architecture des politiques de la Faim zéro dans le plan nationaux et régionaux, cadre légal pour le droit à l’alimentation –ainsi que sur les aspects techniques en vue de capitaliser les stratégies gagnantes d’agriculture et de protection sociale sensibles à la nutrition et de les promouvoir dans la région ouest-africaine.

Politique nationale

Pour le PNIA de la Côte d'Ivoire, les six programmes retenus sont :

  1.  Amélioration de la productivité et de la compétitivité des productions agricoles 
  2. Développement des filières
  3. Amélioration de la gouvernance du secteur agricole
  4. Renforcement des capacités des parties prenantes au développement de l'agriculture
  5. Gestion durable des ressources halieutiques
  6. Réhabilitation forestière et relance de la filière bois.

L'État ivoirien a organisé une table ronde de mobilisation de ressources pour la mise en œuvre du PNIA et de l’initiative du G8 Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en faveur des pays africains, lancée en mai 2012. Elle a permis d’enregistrer des intentions de financement de l’ordre de 3,1Md€ (2041Md FCFA), soit 101,6% de couverture des besoins en investissement estimés à 3,05Md€ (2003MdFCFA) dans le Plan d’Investissement détaillé présenté.

Les financements prévus du secteur privé dans la mise en œuvre du PNIA se chiffrent à 689M€ (452Md FCFA) et concernent les secteurs de la production du maïs, du riz, de la cacao culture, de l’anacarde, du coton, de l’élevage et des intrants.

Enfin, le gouvernement a élaboré un Plan National de Développement pour la période 2012-2015. Il est prévu d'investir un peu plus de 1,4Md€ pour renforcer le secteur agricole (renforcement des capacités techniques, renouvellement des vergers de café et de cacao, soutien aux productions de coton, ananas, anacarde, riz…).

Loi sur le foncier rural

Depuis la loi de 1998 relative au domaine foncier rural, 2% des 23Mha de terres rurales bénéficient de titres d'occupation. Un programme de relance de la mise en œuvre de la loi a été adopté. En août 2013, le Parlement ivoirien a adopté une loi accordant un délai supplémentaire de 10 ans pour se conformer à la loi.

Les partenaires sont mobilisés sur le sujet avec un appui de l’Union Européenne (UE), de l’AFD et de la Banque Africaine de Développement (BAD). L’UE qui appuie la mise en oeuvre de la loi de sécurisation foncière depuis 2006 va poursuivre son accompagnement via un appui budgétaire (30-40M€). Elle va financer aussi quelques projets pilotes sur le foncier en privilégiant une approche par filière et des coopérations entre public et privé dans l’esprit de l’opération 1 parcelle d’hévéa=1 certificat foncier lancée en novembre 2014. Un projet  pilote de sécurisation foncière rurale associant État, populations rurales et investisseurs privés sur financement FASEP, s’inscrit dans cette dynamique et démarre début 2015.

SARA

La Côte d’Ivoire a tenu la 3e édition du SARA, Salon international de l’Agriculture et des Ressources Animales, du 3 au 12 avril 2015. 37 exposants français ont participé au Pavillon français du SARA, organisé par l'ADEPTA (Association pour le Développement des Échanges de Produits et Techniques Agro-alimentaires). Les visiteurs porteurs de projets de création ou de développement d'élevages, de production agricole ou d'unités agro-industrielles ont pu y trouver les solutions techniques. Le GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et plants) a organisé à cette occasion en partenariat avec l'association des  semenciers africains, un séminaire sur les semences.

Echanges commerciaux

Situation de la Côte d'Ivoire (sources : douanes ivoiriennes)

Le commerce agroalimentaire de la Côte d'Ivoire est excédentaire (+1,9Md€ en 2013).

Les exportations (+3,94Md€ en 2013, hausse de +7,7% par rapport à 2012) sont tirées par les exportations agricoles qui représentent 47% des exportations globales du pays en 2013 (62% hors le pétrole), en particulier le cacao (55% des recettes d’exportation agroalimentaire, 2,44Md€). Les principaux clients de la Côte d'Ivoire pour le cacao sont les Pays-Bas, les États-Unis et la France (3e client, part de 11%). Le caoutchouc naturel gardait la seconde place en 2013 (574,7M€) mais il n’est plus que 5e en 2014 avec 5% des exportations et une baisse de 20% en valeur suite à une baisse du cours international du caoutchouc. L’anacarde conforte sa 2e place dans les produits agricoles exportés avec 6% des ventes, soutenue par une hausse de 136% en valeur (255,5M€). Viennent ensuite le coton (204,7M€), l’huile de palme (141,6M€), le café (130,8M€) et la banane (113,9M€).

Les importations (1,4Md€ en 2013) sont constituées pour 38% de céréales (dont 68% de riz). Les principaux fournisseurs en céréales de la Côte d'Ivoire sont la France (premier fournisseur, notamment de blé), la Thaïlande et le Vietnam (riz). Après le riz (803000t importées pour 355,7M€), les principaux produits agricoles et alimentaires importés en 2013 en valeur sont : le poisson congelé (269,6M€), le blé (158,8M€, 534 300t), le tabac (81,6M€), le lait entier sec (48,8M€), les abats (38,4M€), les oignons (29,6M€, 94300t), le vin (28,2M€), l’huile de palme (27,8M€), le malt (15,9M€), les préparations alimentaires (13,4M€), les tomates concentrées (12,2M€), la viande (12M€) et les eaux minérales (11,6M€).

Échanges France - Côte d'Ivoire (sources : douanes françaises)

En 2014, les exportations de produits agricoles français à destination de la Côte d'Ivoire ont représenté une valeur totale de 319M€, chiffre en baisse de - 5% par rapport à 2013. Constituées à 99% par le blé, les céréales constituent le premier poste des exportations françaises en Côte d’Ivoire (valeur de 116M€, chiffre en baisse de -3% par rapport à 2013, pour une quantité de 512 000t, en hausse de +6%). Il est à noter que pour les vins, la France (30%) n’est que le 2e fournisseur de la Côte d’Ivoire derrière l’Espagne qui fournit les deux tiers du vin importé (66%). En 2014, malgré une hausse globale de 20% de l’excédent commercial en faveur de la France, les importations de produits agricoles (196M€, -3%) et agroalimentaires (120M€, -9%) sont en baisse et celles des machines industrielles et agricoles (128M€, -0,6%) marquent le pas.

Les importations françaises de produits agricoles et agroalimentaires en provenance de la Côte d'Ivoire se sont élevées à 573M€ en 2014 (chiffre en hausse de +5% par rapport à 2013). Les fèves de cacao et produits dérivés représentent le premier poste d’importation (valeur de 372M€, chiffre en hausse de +12% par rapport à 2013, pour une quantité de 131 000t, en baisse de - 5%). En 2014, le deuxième poste d’importation a été constitué par les fruits tropicaux, essentiellement la banane (121M€, chiffre en hausse de +11% par rapport à 2013, pour une quantité de 185000t, en hausse de +5%).

Accords internationaux

L'Union européenne a lancé des négociations régionales avec les pays ACP suite à la contestation de la préférence unilatérale qu'elle leur accordait et qui a été jugée discriminatoire vis-à-vis des autres pays en développement dans le cadre des règles de l'OMC. Ces négociations devaient aboutir fin 2007.

En vue de sauvegarder son accès au marché européen, la Côte d’Ivoire, pays non PMA d'Afrique de l'Ouest, a paraphé un accord de partenariat économique intérimaire bilatéral (APEi) avec l'UE, en décembre 2007, en dehors du cadre régional de négociation, qui ne pouvait pas aboutir dans les délais. Cet accord permet à la Côte d’Ivoire de continuer à bénéficier d’un accès sans droit de douanes ni contingents sur le marché européen pour l’ensemble de ses exportations sauf les armes. Il prévoit en échange une diminution progressive des tarifs douaniers de la Côte d’Ivoire sur 80,8% de ses importations (en valeur) en provenance de l’UE sur une période de 15 ans.

La Côte d'Ivoire et l'Union européenne ont signé le 26 novembre 2008 à Abidjan, l'Accord de Partenariat économique (APE) d'étape paraphé en décembre 2007, cependant cet accord n'a pas été ratifié par la Côte d'Ivoire.

Le également d'accès au marché, adopté en 2007 et anticipant la ratification des accords intérimaires par les pays ACP, accordait aux pays signataires de ces APEi le bénéfice de l'accès préférentiel au marché européen le temps qu'ils mettent en œuvre cet accord. Ce règlement ne fixait pas de date limite à la mise en œuvre. La Commission européenne a souhaité modifier cet état de fait afin de mettre à égalité les différents pays ACP et d'encourager la mise en œuvre des APEi ou la conclusion des APE régionaux. Suite aux discussions entre Commission, Conseil et Parlement européen, la date limite est fixée au 1er octobre 2014 ; les pays n'ayant pas conclu et mis en œuvre leur APEi perdent le bénéfice de l'accès préférentiel. Ceci a notamment des conséquences pour les pays ACP non PMA qui n'auront accès qu'au SPG (Système de préférences généralisé, où à la différence du régime Tout sauf les armes, un certain nombre de produits se voient appliquer des droits de douane) et pour les quelques pays reconnus à revenus intermédiaires qui basculeront dans le système «normal » (application des droits de douane erga omnes). Cette perte concerne 17 pays.

Ce changement réglementaire aurait eu des conséquences pour la Côte d'Ivoire qui souhaitait continuer à bénéficier d'un accès au marché européen à droit nul, notamment pour ses exportations agricoles. Ceci l'a incitée à s’engager dans la négociation d’un accord régional.

Au niveau régional, la Côte d'Ivoire a ainsi pris part aux négociations en vue de la conclusion d'un APE complet Afrique de l'Ouest - union européenne.

Début 2014, les chefs négociateurs ont trouvé un accord permettant d’envisager la finalisation de l’APE régional. L’Afrique de l’Ouest ouvrira son marché à hauteur de 75% de libéralisation. Le Protocole des règles d’origine a été validé. L’accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et les pays de l’Afrique de l’Ouest a été officiellement approuvé par les Chefs d’État des quinze pays membres de la CEDEAO et la Mauritanie le 10 juillet 2014, au cours e la 45e session ordinaire de la conférence des Chefs d’États de la communauté ouest-africaine tenue à Accra. Le texte consolidé a été paraphé par toutes les parties et a été signé côté européen le 12 décembre 2014. En parallèle, un programme d’aide au développement (PAPED) a été signé, pour un montant de 6,5Md€ sur la période 2015-2019. L’APE doit être signé par tous les États partie prenantes à l’accord pour pouvoir entrer en vigueur et être ratifié par au moins 2/3 des pays concernés, pour la partie africaine. Dès son entrée en vigueur, l'accord remplacera les deux APE intérimaires existants dans la région avec la Côte d'Ivoire et le Ghana (accords d’étape de 2007).

La Côte d'Ivoire est membre de l'OMC depuis 1995. Le pays fait partie à la fois du groupe des pays ACP et du groupe africain en terme géographique. Sur le plan de la négociation agricole, la Côte d’Ivoire appartient au G33 regroupant des PED intermédiaires entre le G20 et les PMA, souhaitant lutter contre l’érosion des préférences. Le principal objectif de la Côte d’Ivoire dans les négociations de l’OMC réside dans le secteur de la banane. Comme le Cameroun, le pays est directement concerné par l’accord intervenu à l'OMC en décembre 2009 sur le contentieux lié à l'application de l'accord banane de juillet 2008 qui oppose l'UE aux pays d'Amérique Centrale et d'Amérique Latine. Soutenu par les autres pays ACP, la Côte d'Ivoire considère que l’accord signé par l'UE va à l’encontre de ses intérêts en opérant une forte érosion des préférences commerciales accordées historiquement dans le cadre plus général des accords de Cotonou. La forte baisse du droit multilatéral de la banane couplé aux négociations bilatérales conclues entre l’UE et les pays d’Amérique Latine producteurs de « banane dollars » (Pérou, Colombie, pays d’Amérique Centrale) devrait fragiliser ce secteur. Afin de le restructurer, un programme financier a été mis en place par la Commission à l’attention des pays ACP exportateurs de banane (enveloppe globale de 190 M€ sur la période 2010 à 2013 ouverte aux 10 pays – dont la Côte d’Ivoire – ayant exporté plus de 10 000 t/an en moyenne sur le marché européen ces 10 dernières années). Un accord a finalement été conclu à l’OMC en novembre 2012, qui a mis définitivement fin au contentieux.

En matière de pêche, la Côte-d’Ivoire est un membre actif de la Commission internationale de conservation des thons de l’Atlantique (CICTA/ICCAT) et l’un des acteurs-clé des négociations relatives à la conservation des thonidés tropicaux. Il est également membre de la Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’océan Atlantique (COMHAFAT), qui joue un rôle croissant en matière de coopération régionale.

La Côte d'Ivoire est membre du Conseil de la FAO.

La Côte d’Ivoire est de nouveau éligible à l’AGOA2 depuis octobre 2011 après avoir perdu son éligibilité en 2005 suite aux événements socio-politiques de 2004. Une délégation menée par le Premier Ministre ivoirien Ahoussou s’est rendue du 14 au 21 juin 2012 à Washington, dans le cadre du 11e forum annuel de l’AGOA, preuve d’une réelle volonté du gouvernement ivoirien de renforcer ses liens commerciaux avec les USA.

Dans la même optique, la Côte d’Ivoire a été sélectionnée en décembre 2014 pour le processus de mise en œuvre du Programme Threshold du Millenium Challenge Corporation (MCC). Le Programme Threshold est une subvention destinée à aider les pays dans le cadre de leurs efforts à être éligibles à un niveau beaucoup plus large au Programme Compact du MCC, programme financé par le Congrès américain depuis 2004 pour la promotion d’une croissance inclusive et durable et la réduction de la pauvreté. Il finance des programmes de développement pouvant atteindre 530M€ sur 5 ans au profit de pays triés sur le volet.

Agriculture familiale : la Côte d'Ivoire s'est associée à la déclaration ministérielle en faveur de l'agriculture familiale proposée par le ministre Stéphane Le Foll à l'occasion du Salon international de l'agriculture en février 2014.

Relations bilatérales

L'AFD intervient sur les secteurs de l'éducation, de la santé, de l'eau, de l'agriculture, de l'appui au secteur privé, de la justice, des infrastructures.

La Côte d'Ivoire et la France ont signé un premier C2D (contrat de désendettement-développement) le 1er décembre 2012. Ce financement innovant prend la forme d’une subvention correspondant au montant des échéances payées au titre de la dette pendant la durée du contrat. Il est mis en œuvre par l'AFD. La première tranche du C2D porte sur trois ans (2012-2015) et sur un montant de 630M€, dont 112M€ consacrés au financement de la relance de l'économie agricole et de la protection du capital naturel du pays. Un 2e C2D (2014-20) a été signé avec la Côte d’Ivoire le 3 décembre 2014 à Paris. Il prévoit une allocation de 122M€ pour l’agriculture, le développement rural et la biodiversité.

Concernant l'accélération de la relance des filières agricoles (maïs, soja, maraîchage, porc et pisciculture), le programme du premier C2D interviendra dans la réhabilitation des pistes, la mécanisation des exploitations agricoles des zones cotonnières, la mise en œuvre de la réglementation foncière et la réhabilitation d'infrastructures publiques.

Dans le domaine de la pêche, l’Union européenne a conclu avec la Côte-d’Ivoire un accord de partenariat dans le secteur de la pêche, qui a pour objectifs de permettre l’accès de navires thoniers européens aux eaux ivoiriennes et d’appuyer la Côte-d’Ivoire dans le développement de son secteur de la pêche (680 000€/an sont ainsi versés par l’Union européenne dans cette perspective dont 257 500€/an affectés au soutien du secteur de la pêche, sans compter la participation financière des opérateurs européens) : le présent protocole arrivant à échéance en juin 2013, a été tacitement reconduit pour une période de 5 ans (expire le 30 juin 2018). La ZEE3 de Côte-d’Ivoire est une zone stratégique pour la flotte thonière française (10 thoniers-senneurs congélateurs), qui y réalise une partie significative de ses captures.

Coopération en matière de recherche halieutique : l’Institut pour la Recherche et le Développement (IRD), côté français, et le CRO (Centre de recherches océanologiques), côté ivoirien, ont développé de longue date un partenariat étroit en matière scientifique (recherche halieutique, collecte de données, formation…), formalisé par une convention de coopération.

Actions de coopération du MAAF

M. Sangafowa Coulibaly, ministre ivoirien de l'agriculture, s'est rendu en France en décembre 2013. Après un déplacement sur le site de l'entreprise CÉMOI à Perpignan, où il a visité le laboratoire dédié à la recherche sur les produits de cacao. il a rencontré le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, M. Stéphane Le Foll.

M. Guillaume Garot, ministre délégué à l'agroalimentaire, s'est rendu en Côte d'Ivoire en février 2014, accompagné des présidents de l'Adepta, de l'Alliance 7 et du Syndicat français du chocolat, pour une visite de travail qui a permis de réaffirmer l'importance de la coopération franco-ivoirienne dans le secteur agricole.

À la suite de ce déplacement, un protocole a été signé à Paris entre les chocolatiers français et le Ministère ivoirien de l’agriculture, en vue de mettre en place une démarche visant à promouvoir l’utilisation et la valorisation du «Cacao Origine Côte d’Ivoire », soutenir une filière de production de cacao ivoirien durable et mettre au cœur du projet un dispositif de recherche-développement en appui aux organes de recherche ivoiriens.

Dans la logique de la reconnaissance de l’origine Côte d’Ivoire, une usine de transformation a été construite à Abidjan par CÉMOI et inaugurée en mai 2015. Elle permettra la production locale de 10 000 tonnes de chocolat en vue de satisfaire le marché ouest africain.

Le Ministère français de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt a octroyé une aide financière à la mise en œuvre, en 2014, d’une formation en filière porcine au bénéfice de deux cadres de la SIVAC. La SIVAC est une société (SA) créée sous l’égide du Gouvernement pour moderniser la filière porcine ivoirienne qui entretient un partenariat technique avec la COOPERL. Cette action de formation réalisée par l’Institut Français du Porc et coordonnée par le GIP Adecia en collaboration avec l’Adepta, s’inscrit dans le cadre de la relance de la filière porcine ivoirienne mise en œuvre en 2013 et visant à l’augmentation de la production nationale en viande porcine.

ADEPTA

Dans le domaine agroalimentaire, le ministère de l'agriculture, de l'agro- alimentaire et de la forêt (MAAF) soutient des démarches partenariales originales fondées sur le transfert d’un savoir-faire associatif au travers des actions menées par l’ADEPTA (Association pour le Développement des Échanges Internationaux des Produits et Techniques Agroalimentaires, regroupant plus de 200 entreprises ainsi que des instituts de recherche, des centres techniques et des cabinets d'ingénierie ; l’ADEPTA a ouvert, à l’automne 2010, un premier bureau de représentation, à Dakar, pour couvrir l’Afrique de l’Ouest).

L’ADEPTA a organisé des missions d’entreprises en Côte d'Ivoire en février 2009 et en juillet 2012. Elle a organisé le pavillon France de la 3e édition du SARA, Salon international de l’Agriculture et des Ressources Animales, tenu à Abidjan du 3 au 12 avril 2015.

Coopération dans le domaine sanitaire et phytosanitaire

Le COLEACP (Comité de Liaison Europe-ACP), en collaboration avec un consortium d'organisations européennes spécialisées dans la sécurité sanitaire des aliments dont la Direction générale de l'alimentation (DGAL), le CIRAD, l’ANSES, le GIP FVI et l'ENSV sont membres, s'est vu confier par l'Union Européenne la mise en œuvre du programme EDES.

Ce programme a pour objectif final d’assurer la sécurité sanitaire des aliments pour tous les consommateurs, ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) et UE, et donc de disposer d’un système national cohérent pour l’ensemble des produits en évitant le développement de systèmes de sécurité sanitaire à deux vitesses.

Mis en œuvre à la demande du Groupe des États ACP, il est financé par le Fonds Européen de Développement à hauteur de 29,5M€ afin de soutenir durablement leurs exportations. (cacao, coton)

Sources : Banque mondiale, douanes françaises et ivoiriennes citées par Business France 2013 et 2014, IGN, MAAF, Ambassade de France au Sénégal.

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