Bilan 2016 de la surveillance de la chenille processionnaire du pin : le climat a été très favorable à la processionnaire du pin dans le sud de la France !
©François-Xavier Saintonge, DSF

Les populations de la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) dans les peuplements forestiers français font l'objet d'un suivi régulier depuis 1981. Ce suivi est réalisé au moyen d'un réseau permanent d'environ 500 placettes de pins de 2 500 m2. De plus, le DSF enregistre, chaque année, les défoliations significatives en fin de cycle de la chenille. Enfin, le DSF suit l’avancé du front en altitude et en latitude sur le territoire.

En 2016, ces observations ont montré, comme en 2015, une augmentation des populations et des dégâts sur le piémont pyrénéen, en zone continentale, dans la zone à influence méditerranéenne et sur le littoral méditerranéen. La Corse est également concernée par la recrudescence de l'insecte en 2016.

L'été 2015, le mois de novembre 2015 et l'hiver 2015-2016 plus chauds que la normale ont été très favorables au développement larvaire de l'insecte. Ce climat exceptionnel a été à l'origine de défoliations précoces donnant un aspect rougissant aux peuplements ; de processions, notamment de famine, dans le Sud-Est de la France et de foyers de pullulation assez importants dans le Sud-Est, le Piémont Pyrénéen, le sud du Massif-Central et la Corse.

Le cycle biologique 2015/2016 a été caractérisé par sa précocité dans le sud de la France, notamment en altitude, grâce à des conditions thermiques et d'ensoleillement favorables entraînant de fortes défoliations avant la formation des nids d'hiver ; des processions de famine et des processions de chenilles dès le début du mois de décembre.

La chenille a été détectée dans le Calvados et sa progression est notable sur le front Est :

  • dans l’Aube, une dizaine d'observations dont certaines à plus de 15 km de la ligne de front antérieure (PETIT-MESNIL).
  • en Côte-d'Or, elle progresse au Nord dans le Châtillonnais, une dizaine de signalements ont été effectués sur des pins noirs d'Autriche et pins sylvestres dans cette région.

La progression est également sensible sur le front Nord :

  • dans le Calvados : un premier site détecté (15 nids), sur une plantation de pin laricio de Corse (présence d'anciens nids de 2014) sur la commune de FRESNE-LA-MERE.
  • dans la Manche : un nouveau site sur un pin sylvestre dans un jardin sur la commune de VERGONCEY.

Dans le Massif Central, les observations indiquent une certaine stabilité du front que ce soit dans le Puy-de-Dôme (9 signalements sur pin sylvestre), le Cantal (5 signalements sur pin sylvestre), en Corrèze (3 observations), dans la Creuse (2 signalements) ou en Haute-Vienne (6 signalements sur diverses espèces).

L'implantation durable de la chenille est observée sur les 2 foyers connus d'introduction accidentelle  : OBERNAI dans le Bas-Rhin (2008) et CHAMOUILLE dans l'Aisne (2011).

Le DSF note aussi les essences ‘atypiques’ attaquées par la processionnaire. En 2015, La présence de chenilles processionnaires du pin a été observée sur Abies concolor à MOUSTIER-SAINTE-MARIE (04), sur sapin de Nordmann à VERRIERES (12), et sur sapin péctiné à MENGLON (26).

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