Vincent Seyeux : « Trouver le modèle agronomique, environnemental et sociétal le plus pertinent possible »
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Créée en Mayenne par Vincent Seyeux, agriculteur, l’entreprise Agro-Logic fédère une centaine d’exploitants autour de la production de protéines végétales. Ces plantes présentent de multiples intérêts sur les plans agronomique, nutritionnel, économique et environnemental.

« Lors de ma conversion en agriculture biologique, je me suis vite rendu compte que pour avoir une rotation idéale, il fallait que je trouve de nouvelles cultures », explique Vincent Seyeux, fondateur d’Agro-Logic. Précurseur dans son département, l’agriculteur plante, sur ses 200 hectares, des légumineuses et des céréales dites secondaires (quinoa, sarrasin, lin…). En fixant l’azote, ces plantes fertilisent naturellement les sols, réduisant ainsi l’apport d’engrais pour la culture suivante. Leur rotation, quant à elle, permet de rompre avec les cycles des bioagresseurs et donc de réduire l’usage des intrants. « On est gagnant tant au niveau agronomique qu’au niveau économique. Par exemple, on achète le quinoa environ 2 000 euros la tonne. Comparé à d’autres cultures, cela représente un chiffre d’affaires important qui nous permet de bien vivre de notre métier ».

Avec ses trois associés, Vincent Seyeux crée une unité de transformation dans une zone artisanale à proximité des champs. « Si nous voulions développer ces nouvelles cultures, il fallait se doter de moyens de séchage, de triage et de conditionnement proches des exploitations. C’est ce qui nous a décidés à créer Agro-Logic ; et aujourd’hui, c’est un des premiers sites de transformation de culture bio, sans gluten, français », se félicite-il.

Reconnue GIEE (Groupements d’intérêt économique et environnemental), la société forme et accompagne les agriculteurs dans leur itinéraire cultural. Parmi eux, Thibaud Gigan, 31 ans, est pleinement satisfait de son installation : « on s’aperçoit que ces nouvelles cultures sont bien acclimatées à notre territoire. On arrive à faire de la quantité et de la qualité, alors pourquoi s’en priver ! », s’enthousiasme-t-il. Depuis un an, il exploite une parcelle expérimentale de houblon pour répondre à la demande de brasseurs locaux. « J’ai envie de continuer à innover, à être à la recherche de nouvelles cultures que l’on peut implanter sur nos terres ».

Si la Mayenne est une zone de polyculture-élevage, ces nouvelles cultures ont toutes leur place dans l’assolement. « Ce qui est important pour moi, c’est de répondre à la demande d’une alimentation plus saine et locale. Il s’agit de trouver le modèle agronomique, environnemental et sociétal le plus pertinent possible », conclut Vincent Seyeux.
 

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