Tout savoir sur le processus de sélection du blé !
Avec 230 000 agriculteurs et 5,3 millions d’hectares de surfaces cultivées, la France est le premier producteur de blé en Europe. Plus méconnu, le poids de la France dans la filière « semences », représenté par 72 entreprises de recherche dans le domaine, avec un budget global de 247 millions d’euros, dont 40 millions pour le seul blé tendre. A savoir que le blé regroupe deux espèces distinctes : le blé tendre, qui donne notamment le pain, et le blé dur, qui donne entre autres les pâtes. A travers ses multiples usages, le blé constitue donc la base de notre alimentation… Découverte de cette céréale familière sur le site d’Orgerus (Yvelines).
 

 

Au départ de toute la filière « semences », des entreprises créent de nouvelles variétés et produisent des semences de premières générations. Les "créateurs" de ces nouvelles variétés sont communément appelés "sélectionneurs" ou "obtenteurs".
 

Sur la localité d’Orgerus se trouve un site de cultures géré par Syngenta. L’entreprise emploie ici 42 salariés dont 11 travaillent exclusivement à la sélection. Chaque année, 700 croisements sont effectués en plein champ. Le travail de sélection est fait entièrement à la main. Les sélectionneurs utilisent une pince à épiler pour « marier » deux souches, en espérant obtenir dans la descendance le meilleur de chacune, notamment la résistance aux maladies ou parasites. Pour vérifier la résistance de ces nouvelles variétés, des maladies leurs sont inoculées. Les plants qui restent sains sont sélectionnés tandis que les autres sont écartés. Sur tout le territoire, l’entreprise consacre 8 200 parcelles à la sélection des nouvelles espèces de blé pour la France, mais aussi l’Allemagne, et l’Angleterre.
 

Pascal Senellart, Responsable du programme de sélection de blé©Cheick.Saidou/Min.Agri.Fr
 

« Tout le problème de la sélection consiste à anticiper les besoins du marché. Car il faut une dizaine d’années pour faire une variété. Ou plutôt, dix en principe, que l’on arrive désormais, avec certaines techniques à réduire à huit années avant de pouvoir livrer les semences aux agriculteurs » explique Patrice Senellart, sélectionneur expert blé, qui travaille pour l’entreprise Syngenta à Orgerus (Yvelines).

 

La difficulté du travail du sélectionneur est de choisir au final les meilleurs blés. Pour cela, il doit en premier lieu définir les croisements et créer de nouvelles variations génétiques. Puis sélectionner, tester et multiplier les plants. Tout ce processus nécessite de lourds investissements mais aussi des partenariats avec la recherche, les agriculteurs et les industriels.

 

 
L’extraordinaire biodiversité actuelle du blé :
Plus de 330 variétés de blé tendre et plus de 70 variétés de blé dur sont inscrites au Catalogue français des espèces et des variétés (prérequis à la commercialisation). Il faut 8 à 10 ans de recherche pour créer une nouvelle variété de blé… La recherche française inscrit environ 40 nouvelles variétés de blé tendre et 6 de blé dur chaque année, permettant ainsi aux agriculteurs de bénéficier d’une offre diversifiée pour répondre aux attentes des consommateurs. L’année prochaine un nouveau critère va être pris en compte, l’apport d’« azote » pour continuer à produire les mêmes rendements, en utilisant moins d’engrais.
 

 

Voir aussi