Stratégie nationale sur les protéines végétales
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
La stratégie nationale sur les protéines végétales participe à la reconquête de notre souveraineté alimentaire. Elle est ainsi l’une des mesures phares du volet agricole du plan de relance.

Accroître l’indépendance de la France envers les pays tiers pour son approvisionnement en protéines végétales pour l’alimentation humaine et animale est l’objectif premier du plan souveraineté « protéines végétales » annoncé par le Président de la République. L’ambition est claire : permettre à la France de réduire sa dépendance, par exemple au soja importé et apporter au consommateur français un meilleur contrôle sur son alimentation et ses modes de production (non OGM).

La France importe en effet près d’un quart des protéines végétales destinées aux aliments d’élevage, et près de la moitié des matières riches en protéines, essentiellement sous forme de tourteaux de soja issus de pays tiers. Cette situation affecte la résilience et la durabilité de l’agriculture française.

Au-delà de cet enjeu, la stratégie nationale sur les protéines végétales constitue également une réponse au défi climatique, qui repose largement sur notre capacité à réintroduire des légumineuses dans les rotations et à relocaliser l’alimentation des animaux d’élevage. Elle répond enfin à la nécessité d’accompagner la transition alimentaire, les légumineuses pour l'alimentation humaine faisant désormais partie des nouvelles recommandations nutritionnelles et connaissant une forte croissance de la demande, ainsi que les utilisations de protéines végétales transformés dans les aliments ou ingrédients alimentaires.

Description technique de la mesure

Ce plan vise à engager une transition vers des systèmes agricoles diversifiés en cultures riches en protéines et autonomes en protéines fourragères. Il porte également l’ambition de faire de la France un leader de la protéine végétale pour l’alimentation humaine. Il repose sur un renforcement de l’investissement afin d’accompagner la structuration des filières pour développer et intégrer ces nouvelles productions ainsi que d’un soutien à la recherche et développement. En particulier, la stratégie comportera :

  • Des investissements dans les exploitations agricoles et dans les structures aval de la filière : la transition vers des systèmes plus riches en légumineuses ou moins dépendants du soja importé nécessite des investissements lourds chez les producteurs, les organismes stockeurs et les transformateurs ;
  • Un soutien à des projets alimentaires territoriaux visant une amélioration de l’autonomie protéique au niveau local ;
  • La promotion des produits transformés à base de légumineuses, la formation des cuisiniers et des gestionnaires de restauration collective et un volet éducation à l’alimentation ;
  • Un encouragement des actions de recherche fondamentale et appliquée pour combler le déficit historique de recherche sur les espèces légumineuses, notamment en matière de création variétale mais aussi pour définir des procédés innovants de transformation de ces protéines et de leur valorisation dans les systèmes alimentaires.

Exemples de projets

  • Appui à la structuration des filières protéines végétales (légumineuses, légumes secs) sur les territoires ;
  • Investissements dans les exploitations agricoles : matériels pour la culture et la récolte de légumineuses fourragères ou de protéagineux (pour les exploitations en bio notamment), outils de séchage et transformation des légumineuses fourragères ;
  • Investissements dans les entreprises d’aval : financement de silos de petite taille pour les graines légumineuses, d'outils de tri, de séchage, d’unités de transformation ;
  • Faire émerger, attirer et accompagner les entreprises sur le secteur des aliments à base de protéines végétales ;
  • Mesures de promotion de la consommation de légumes secs à travers des campagnes de communication pour le grand public ;
  • Évolution de la formation initiale et continue des cuisiniers et gestionnaires de restauration collective et commerciale pour intégrer les légumes secs dans les menus ;
  • Financements de programmes de recherche, notamment de sélection variétale à rendement plus régulier et tolérantes vis-à-vis des bioagresseurs tout en répondant aux besoins nutritionnels.

Impacts

  • réduire la dépendance aux importations de protéines végétales pour améliorer l'autonomie protéique de la France ;
  • multiplier les surfaces en légumineuses en s’inscrivant dans la perspective d’ici 2030 de doubler les surfaces et ainsi atteindre 8 % de la surface agricole utile (SAU) ;
  • faire de la France un leader de la protéine végétale en alimentation humaine pour accompagner les recommandations nutritionnelles visant à augmenter la consommation de légumineuses.

Indicateurs

  • Surface légumineuse en % de la surface agricole utile
  • Données sur l’autonomie protéique de l’alimentation animale
  • Nombre de start-up et PME des protéines végétales accompagnées
  • Volumes produits et importés de légumes secs à destination de l’alimentation humaine
  • Quantités de légumes secs et de produits à base de légumes secs consommées par habitant

Territoires bénéficiant de la mesure

Cette mesure a vocation à s’appliquer sur tout le territoire français, Outre-mer compris.

Coût et financement de cette mesure

Sur les années 2021-2022, la stratégie nationale sur les protéines végétales mobilisera 100 M€ et complétés par des crédits du PIA dans le cadre de la stratégie d’accélération sur le marché clé intitulé « Alimentation durable pour la santé » sur l’action de recherche et d’innovation.

Calendrier de mise en œuvre

La stratégie pourra être lancée en septembre 2020, avec l’annonce des premières mesures et la mise en place d’une gouvernance dédiée pour le pilotage et le suivi. Plusieurs appels à projets sur financements nationaux viendront accompagner la stratégie en 2021 et 2022.