Russie

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

  • La Fédération de Russie est le premier pays du monde par sa superficie, soit 1/8e des terres émergées, le cinquième par sa surface agricole et le neuvième par sa population (145 Mhab en 2018), qui augmente légèrement depuis 2009 après une longue phase de décroissance. La population rurale représente 26 % de la population active.
  • Le climat continental, avec une période végétative courte et des sécheresses récurrentes, ne favorise pas l’agriculture, malgré des terres noires très fertiles (de type tchernoziom) au Sud du pays. La surface agricole utile représente 13 % du territoire. Les forêts (comme la taïga) couvrent 815 Mha (1,2 Mdha, soit 69 % du territoire, y compris les réserves naturelles plus ou moins densément boisées) - soit 1/5e de la superficie mondiale de forêts - et sont l’une des richesses naturelles du pays.
  • La place de l’agriculture dans l’économie russe a considérablement diminué en 20 ans, passant de 15,5 % du PIB en 1990 à 3,1 % du PIB en 2018. Les secteurs agricole et forestier emploient néanmoins 10 % de la population active.
  • Si la Fédération de Russie reste dépendante de ses importations en produits agroalimentaires, elle vise l’autosuffisance alimentaire. La doctrine sur la sécurité alimentaire du pays, adoptée en 2010 par décret présidentiel, est le fondement du nouveau programme d’État de développement de l’agriculture pour la période 2013-2020 avec pour objectif d’atteindre d’ici 2020 la quasi-autosuffisance alimentaire du pays (95 % pour les céréales et les pommes de terre, 90 % pour le lait, 85 % pour la viande, 80 % pour le sucre, pour les produits laitiers et pour l’huile végétale). L’autosuffisance est quasiment atteinte pour les viandes de volaille et de porc.
  • Après une phase d’effondrement de la production agricole jusqu’à la fin des années 90 et de stabilisation entre 2000 et 2005, les productions sont reparties à la hausse avec de très fortes croissances pour certaines filières animales à cycle court (filières volaille et porcine). En 2017, la production agricole a continué de progresser : + 2,4 % par rapport à 2016 (après + 3,3 % en 2014, + 3 % en 2015, et + 4,8 % en 2016).
  • Les conséquences de l’embargo politique du 7 août 2014 visant certains produits agroalimentaires de l’Union européenne, des États-Unis, de Norvège, d’Australie et du Canada sont difficiles à estimer.
  • La Russie est le 4e producteur mondial de blé, le 1er producteur d’orge, le 2e producteur de tournesol, le 3e producteur de pommes de terre et de lait, le 5e producteur de viande de volaille et d’oeufs.
  • Le solde des échanges agroalimentaires franco-russes demeure très excédentaire en faveur de la France, mais s’est fortement réduit (0,7 Md€ en 2017 contre 1,1 Md€ en 2013, avant l’embargo), selon les douanes russes. Les exportations françaises ont chuté de moitié en valeur juste après le début de l’embargo, puis se sont légèrement améliorées pour se situer à la moitié environ aujourd’hui de celles de 2013. En 2017, la France a 2,8 % des parts de marché, contre 3,6 % en 2013 (avant l’embargo). La baisse des exportations françaises ne s’explique pas uniquement par l’embargo politique (- 300 M€), mais aussi par la crise économique et la chute du rouble (- 200 M€). La France demeure en 2017 le 9e pays fournisseur de la Russie (8e avant l’embargo) derrière la Biélorussie, le Brésil, la Chine, l’Equateur, l’Allemagne, la Turquie, l’Indonésie et l’Italie.
  • La Russie demeure un acteur majeur sur le marché mondial des céréales : 5e exportateur en 2017-2018 avec 45 Mt, en croissance continue. Son objectif est d’exporter 50 Mt d’ici 10 à 15 ans, soit 20 % du marché mondial. En 2017, la Russie est devenue le 1er exportateur mondial de blé.

Sources : Ambassade de France en Russie, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Douanes françaises, Douanes russes, Banque mondiale.

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