Robotique : l’agriculteur augmenté
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Grâce à l'arrivée des technologies robotiques dans les exploitations agricoles, les tâches répétitives et pénibles pour l'agriculteur sont en partie assurées par des robots intelligents. Ils réalisent également une agriculture de haute précision, moins polluante, grâce à un traitement des données et des informations issues de l'exploitation en temps réel. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter !

Principale difficulté ? Le milieu extérieur !
Hors milieux confinés, serres ou étables, le robot doit s'adapter à un environnement changeant : sol sec ou humide, météo capricieuse, obstacles imprévus… Il prend des décisions en toute autonomie et nécessite capteurs, systèmes de traitement d'images, algorithmes en pagaille et intelligence artificielle. Les chercheurs imaginent déjà, à la sortie des laboratoires, des robots interconnectés entre eux, légers pour éviter le tassement des sols et configurables pour différentes tâches : cartographie, traitements, semis, désherbage…

D'ici 2025, le société Irstea lancera cinq types de robots intervenant, soit en appui des agriculteurs (accompagner l'agriculteur pour lui porter des charges), soit en essaim ou soit en totale autonomie.
Ces nouvelles technologies coûteront cher et nécessiteront d'aller vers encore plus de collectif – déjà bien installé dans le monde agricole, Cuma, entreprises du territoire, Giee, assolements en commun – et vers plus d'utilisation.
De nouveaux modes d'organisation vont émerger entre acteurs à l'échelle du territoire.

Des robots pour protéger l'Homme… et l'environnement

Surveiller et collecter des données pour l'agriculteur :
Cartographier les cultures, analyser le lait des vaches, mesurer la qualité et la quantité d’herbe des pâtures, estimer la maturation des récoltes… Les capteurs embarqués sur les robots récoltent et analysent en temps réel des informations pour une agriculture de haute précision.

Assister l'agriculteur pour réduire la pénibilité du travail :
Porter de lourdes charges, nettoyer… Les robots sont utilisés dans les serres, les étables, les vignobles et les champs pour accompagner l’agriculteur, le soulager de certaines tâches et optimiser son temps de travail.

Produire mieux en intervenant au bon endroit, au bon moment :  
Désherber, réduire l’exposition des travailleurs aux produits phytopharmaceutiques… En réalisant des tâches de haute précision, les robots sont écolos !

Témoignage 

« Les agriculteurs doivent faire face à des pénuries de main d’œuvre, réduire la pénibilité de certaines tâches comme le désherbage manuel en agriculture biologique ou l'exposition des travailleurs aux pesticides en conventionnel… Ils sont mûrs pour travailler avec des robots. Mais je n'imagine pas des robots en totale autonomie dans les champs, même si des tracteurs sans chauffeurs existent déjà en essaim, on aura toujours besoin d'un opérateur pour des tâches de logistique de ces robots. L'association robot-agriculteur sera plus une coopération qu’un remplacement » Gilbert Grenier, professeur d’automatique et génie des équipements à Bordeaux Sciences Agro.

Anatis, est quant à lui un robot agricole connecté agroécologique qui assiste les maraîchers dans leur quotidien en réalisant l’entretien des cultures par binage automatique. Il sert aussi d’aide à la décision dans le suivi des cultures et émet un rapport de synthèse pour chaque parcelle avec  un ensemble de données permettant à l’agriculteur maraîcher d’anticiper la gestion de ses cultures. Conçu en Vendée, le robot Anatis est un assistant autonome qui peut être relié à un smartphone ou à une tablette.

Les chiffres clés

  • 20 laboratoires dans le monde spécifiquement positionnés sur la robotique agricole, en particulier en élevage, cultures en serres et récolte de fruits et légumes ;
  • L'agriculture est le 2e marché mondial de la robotique de service professionnelle. Il est estimé à 16,3 milliards à l'horizon 2020 ;
  • 72% des Européens estiment que les robots sont bons pour la société (et 77% des jeunes) ;
  • 1 300 chercheurs en robotique en France, potentiellement mobilisables sur la robotique agricole ;
  • 50% des agriculteurs français qui s’installent en élevage laitier achètent un robot de traite.

Source : rapport Agricultureinnovation 2025 /ministère de l’Agriculture & ministère de la Recherche, oct. 2015.

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