Rencontre avec Virginie Basselot, cheffe étoilée à Paris et meilleur ouvrier de France
©Xavier.Remongin/MinAgri.Fr
Virginie Basselot, cheffe étoilée du restaurant « le Saint James » à Paris, est la deuxième femme à remporter le titre de meilleur ouvrier de France (MOF) spécialité cuisine-gastronomie. Portant le célèbre col tricolore, elle revient avec fierté sur son parcours de femme dans la cour des plus grands chefs.

 Virginie a toujours été entourée par des hommes. D'abord son père, tenancier d'une auberge près de Pont l’Évêque (Calvados) qui la pousse à tenter sa chance à Paris puis ses anciens chefs Eric Frechon et Franck Leroy, au Bristol, qui l'accompagnent jusqu'au concours de MOF. Mais c'est elle, seule, qui à 36 ans remporte le précieux sésame, en 2015.

Pour la finale, 32 personnes étaient en lice, dont 2 femmes seulement : la cuisine de haut niveau est un milieu toujours aussi masculin. Seule Andrée Rosier à Biarritz avait obtenu le titre de MOF en 2007, ce qui avait surpris dans la corporation. Avec la victoire de Virginie, c'est confirmé, la voie est ouverte pour l'accès des femmes au titre de MOF cuisine-gastronomie.

L'esprit de famille

«Il y a peu de femmes en cuisine alors, forcément, on est plus regardée », explique la jeune femme. De cette pression, elle en a fait une force. Cette perfectionniste s'est investie à 200 % dans la préparation du concours de MOF cuisine, une victoire qui vient couronner ce qu'elle appelle un travail-passion. C'est tout le personnel du Relais & Châteaux le Saint James qui a été mis à contribution pour l'aider dans ce challenge. « J'ai testé mes recettes sur le personnel et affiché une liste ouverte à tous les employés afin qu'ils puissent s’inscrire et se mettre dans la peau de commis.» Une façon pour elle de se familiariser avec ses futurs commis d'un jour, le jour du concours.

Virginie dirige discrètement mais d'une main assurée une brigade de 25 jeunes dont...une seule femme ! Si elle aimerait avoir plus de jeunes femmes dans sa brigade, elle ne fait aucune différence entre les commis. «  Il n'y a pas une cuisine de femme et une cuisine d'homme, tout est une question de créativité. Philippe Etchebest, par exemple, a une sensibilité folle et pourtant c'est un homme », explique t-elle avec admiration. Ses recettes favorites ? Elles sont à son image. Des saveurs simples qui lui rappellent sa Normandie d'origine, comme le dos de cabillaud cuit au plat avec des légumes de saison au beurre citron-mélisse. Elle aime aussi concocter des plats réconfortants, plus traditionnels, des bouillons, des pot-au-feu et des rognons.

Son restaurant, elle l'aime et ça se voit. Après avoir obtenu une première étoile au guide Michelin, elle continue sa marche vers l'excellence avec son but d'ouvrir, toujours plus, cet établissement haut de gamme au grand public. L'objectif ? Que les parisiens se réapproprient le lieu.

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