Prix de thèse du ministère : sept jeunes chercheurs récompensés pour leurs travaux au service de l’agriculture et de l’alimentation
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À l’occasion de la première Journée des doctorants du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, organisée le 24 septembre 2026, la ministre Annie Genevard a remis les premiers Prix de thèse du ministère. Sept jeunes docteurs ont été distingués pour la qualité de leurs travaux de recherche qui contribuent à accompagner les transformations des secteurs de l’agriculture, de l’alimentation.
Une première édition pour valoriser la recherche agronomique et vétérinaire
Pensé pour récompenser et mettre en lumière les travaux de jeunes chercheurs et leur contribution aux politiques publiques portées par le ministère, le Prix de thèse récompense des recherches dans les domaines de l’agriculture, de l’alimentation, de la santé animale et de l’environnement.
Cette première édition a suscité plus de 70 candidatures, examinées par un comité de sélection composé de neuf scientifiques de renom issus de différents organismes et établissements de recherche. Présidé par Christian Huyghe, ancien directeur scientifique Agriculture d’INRAE, le comité a étudié la qualité scientifique des travaux ainsi que leur contribution aux enjeux auxquels sont confrontés les secteurs agricole et agroalimentaire.
Les sept lauréats sont récompensés dans deux catégories :
- Le prix « Enseignement supérieur agricole », destiné aux thèses encadrées par un enseignant-chercheur d’un établissement d’enseignement supérieur agricole,
- Le prix « Parcours doctoral au MAASA », destiné aux agents du ministère issus des corps Ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF), des Ingénieurs de l'agriculture et de l'environnement (IAE) et Inspecteurs de santé publique vétérinaire (ISPV) ayant réalisé une thèse dans le cadre de la formation complémentaire par la recherche (FCPR).
Les travaux distingués abordent des enjeux variés : adaptation au changement climatique, préservation de la biodiversité et des ressources, réduction de l’utilisation des intrants, santé et sécurité sanitaires, transitions agricoles et renouvellement des générations.
Sept travaux de recherche pour éclairer les transformations des secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire
À travers leurs thèses, les sept lauréats explorent des problématiques scientifiques directement liées aux évolutions des systèmes agricoles et alimentaires. Leurs travaux contribuent à mieux comprendre les risques, les pratiques et les leviers d’action mobilisables pour accompagner les transitions.
Lauréats du prix « Enseignement supérieur agricole »
Thomas Gastellu : mieux évaluer les risques liés à l’exposition alimentaire aux contaminants
Thomas Gastellu s’est intéressé à l’exposition alimentaire chronique à un mélange de contaminants chimiques, notamment le plomb, le cadmium, le mercure et l’arsenic inorganique. Ses travaux mobilisent des modèles physiologiques et des données relatives à l’alimentation et à l’environnement afin de caractériser les risques sanitaires sur l’ensemble de la vie. Cette approche a notamment contribué aux travaux d’expertise de l’Anses consacrés au cadmium, publiés en février 2026.
« Mes travaux de thèse portent sur l’estimation des expositions, en particulier alimentaires, à un mélange de substances chimiques tout au long de la vie afin d’évaluer de manière dynamique les risques sur la santé de la population française. Cette distinction est une fierté et une belle reconnaissance qui montre l’intérêt et l’utilité de nos travaux pour l’appui aux politiques publiques. »
Emma Le Merlus : comprendre les trajectoires de réduction de l’usage des pesticides
Les recherches d’Emma Le Merlus portent sur la diversité des trajectoires d’usage des pesticides dans les exploitations agricoles françaises. À partir d’un travail qualitatif mené auprès d’agriculteurs et de conseillers du dispositif DEPHY-Ferme, sa thèse analyse les facteurs qui influencent l’évolution des pratiques. Ses travaux montrent que la réduction de l’utilisation des pesticides ne constitue pas toujours l’objectif premier des exploitations. Les contraintes de travail, les choix économiques, les réseaux sociaux et les dynamiques collectives jouent également un rôle important. Ils soulignent l’intérêt d’un accompagnement adapté aux problématiques concrètes rencontrées sur le terrain.
« Le prix de thèse accordé par le MAASA représente pour moi une belle reconnaissance des travaux de recherche menés par les doctorants en France, et une opportunité de donner à voir des analyses ancrées sur le terrain, que j’espère source de réflexions et d’échanges pour les politiques publiques. »
Rebecca Hibbard : lutter contre l’antibiorésistance en élevage avicole
Rebecca Hibbard a consacré sa thèse au bon usage des antibiotiques en élevage avicole, en comparant les pratiques observées en France et en Indonésie. Ses travaux contribuent à mieux comprendre les enjeux liés à l’utilisation des antibiotiques en élevage et les leviers permettant de limiter le développement de l’antibiorésistance. Ils s’inscrivent dans les objectifs des politiques publiques visant à préserver l’efficacité des traitements et à promouvoir un usage raisonné des antibiotiques, notamment dans le cadre des plans ÉcoAntibio.
« Dans le cadre de ma thèse, j'ai développé une approche qui vise à prendre en compte le contexte lorsque l'on étudie l'utilisation des antibiotiques en élevage. Ceci permet de mieux comprendre les différentes dimensions qui sous-tendent les pratiques, et ainsi d'éclairer les politiques et stratégies ciblant le secteur de l'élevage. Cette distinction m'honore en reconnaissant la qualité du travail mené par mes collaborateurs et moi-même à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Surtout, elle souligne l'importance des différents défis que rencontrent aujourd'hui le monde de l'élevage, et elle invite à prolonger nos études et nos réflexions sur le sujet pour continuer d'y apporter des réponses concrètes. »
Isaline Reguer : analyser les effets de la méthanisation sur les systèmes agricoles
Ingénieure diplômée de Bordeaux Sciences Agro, Isaline Reguer a reçu une mention spéciale au titre du « cursus de l’enseignement agricole », sa thèse étudie les effets des politiques de soutien à la méthanisation sur l’agriculture bretonne et l’économie nationale. À partir d’enquêtes menées dans deux territoires bretons et d’entretiens réalisés auprès des acteurs concernés, ses travaux analysent les transformations des systèmes de culture, les effets économiques pour les exploitations et les interactions entre production énergétique, sécurité alimentaire et biodiversité. Sa recherche met notamment en évidence des effets différenciés selon les modèles de méthanisation et souligne l’importance d’une réflexion sur la sobriété ainsi que sur la cohérence entre les politiques publiques sectorielles.
« Après une formation dans une école publique d’agronomie, j’ai poursuivi mon parcours par un doctorat, consacrant ma thèse à la méthanisation agricole. Ce prix constitue pour moi une belle reconnaissance, mais témoigne également – au regard de la diversité des travaux récompensés – de la richesse des formations de l'enseignement public agricole. »
Lauréats du prix « Parcours doctoral au MAASA »
Marie Marteau-Bazouni : anticiper les effets du changement climatique sur les légumineuses
Marie Marteau-Bazouni s’est intéressée aux effets du changement climatique sur les cultures de légumineuses à graines en Europe, notamment le pois et la féverole. En combinant modélisation, analyse des perceptions des acteurs et réflexion sur les politiques publiques, ses travaux identifient les effets différenciés du changement climatique sur les rendements et les pistes d’adaptation envisageables. Ils mettent notamment en avant le rôle des choix variétaux, des dates de semis, de la diversification des cultures et de l’évolution des dispositifs de soutien aux filières. Les légumineuses présentent un intérêt particulier pour la fertilité des sols, la fixation de l’azote et la diversification des sources de protéines, autant d’enjeux liés à la transition agricole et à la souveraineté alimentaire.
« Mes travaux de thèse évaluent les effets du changement climatique sur les légumineuses à graines et explorent les solutions d’adaptation, notamment via des politiques publiques qui soutiennent un développement pérenne de ces cultures. Ce prix de thèse est pour moi une belle opportunité de mettre en lumière les légumineuses, piliers de la transition agroécologique et de notre souveraineté protéique. »
Valentin Cocco : mieux prendre en compte les haies dans les politiques agro-environnementales
La thèse de Valentin Cocco, intitulée « Haie-conomie — Analyses économiques de l’évolution des paysages agricoles », porte sur les déterminants de l’évolution des haies et du bocage ainsi que sur l’efficacité des politiques publiques qui leur sont consacrées. Ses travaux analysent notamment les effets du remembrement, les dispositifs de soutien à la plantation de haies et les modalités de prise en compte des réseaux écologiques dans les politiques agro-environnementales. Ils proposent des pistes pour mieux cibler les interventions publiques et renforcer leur efficacité économique et écologique.
« J’ai énormément appris en trois ans de thèse. Sur les haies bien sûr, mais aussi l’évaluation de politiques publiques et plus largement la production scientifique de connaissances. J’attache beaucoup d’importance au fait que ces enseignements me suivent dans l’administration. Recevoir le prix de thèse du ministère m’y encourage d’autant plus. »
William Nusillard : étudier les effets combinés des pesticides et du changement climatique sur le biocontrôle
Ses recherches portent notamment sur les interactions entre les traitements à base de cuivre, les conditions climatiques et les trichogrammes, des organismes utilisés dans les programmes de lutte biologique. Elles mettent en évidence la vulnérabilité potentielle de ces dispositifs face à la combinaison de stress chimiques et thermiques. Ces résultats ouvrent des pistes de réflexion pour adapter les stratégies de biocontrôle aux évolutions des pratiques agricoles et aux effets du changement climatique.
« Ma thèse visait à évaluer les effets des pesticides cupriques et du réchauffement climatique sur l’efficacité du biocontrôle en vigne dans une démarche d’état des lieux et d’anticipation. Cette distinction symbolise pour moi l’opportunité de rapprocher les mondes académique et administratif pour mieux répondre aux enjeux actuels et à venir de l’agriculture. »
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