Observatoire agricole de la biodiversité : 400 agriculteurs volontaires
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

Depuis 2012, plus de 400 agriculteurs volontaires du réseau de l’Observatoire agricole de la biodiversité (OAB) observent, tout au long de l’année, les espèces présentes sur leurs parcelles. Ils peuvent ainsi s’approprier les enjeux de biodiversité sur leur exploitation et bénéficier d’un support de discussion avec les autres acteurs impliqués.

Initié par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation dans le cadre de son engagement dans la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) et coordonné par le Muséum national d’Histoire naturelle, l’OAB accompagne des agriculteurs à travers quatre protocoles d’observations simples :

  • vers de terre ;
  • papillons ;
  • abeilles solitaires ;
  • invertébrés terrestres.

Les agriculteurs qualifient la biodiversité de leurs propres parcelles et alimentent une base de données nationale permettant de tracer les tendances d’évolution des populations observées. Leurs observations sont ainsi reliées à la qualité de leurs sols, à l’état du milieu et à la présence de pollinisateurs dans leurs exploitations.

Une démarche participative et innovante

Conscients des impératifs de protection et de préservation de la biodiversité sur leurs exploitations, les agriculteurs s’engagent toujours plus nombreux dans cette démarche. Ils reçoivent un retour d’informations sur leurs observations et de savoir technique par le biais de bilans annuels.

Ils sont par ailleurs souvent accompagnés par une structure locale : chambres d’agriculture, Civam (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural), fédérations de chasseurs, coopératives, centres permanents d’initiation à l’environnement, enseignement agricole, associations agricoles et naturalistes…

En quoi consiste les 4 protocoles d'observations ?

Les vers de terre

Véritables laboureurs, ils ont une influence sur les propriétés physiques et chimiques des sols. Leur présence donne une indication sur la qualité biologique du sol étudié.

En pratique : une fois par an, arrosage de carrés au sol avec une solution irritante à base de moutarde qui fait remonter les vers à la surface. Prélèvement et reconnaissance (environ 3h).

Les papillons

Sensibles aux modifications d’habitat et à la présence de plantes sauvages à proximité, ce sont des indicateurs de l’état de santé du milieu à l’échelle du paysage.

En pratique : 3 fois par an comptage des papillons de jour en suivant un parcours le long d’une parcelle (environ 15 minutes).

Les abeilles solitaires

Jouent un rôle important dans la pollinisation, complémentaire de celui des abeilles domestiques. Certaines espèces, actives dès le mois de mars, réalisent la pollinisation des arbres fruitiers et cultures précoces.

En pratique : pose de nichoirs en bordure de parcelle en début d'année puis observation tous les mois, reconnaissance des cavités (environ 15 min).

Les invertébrés terrestres (vivant à la surface du sol)

En fonction de leur régime alimentaire, ils pourront être considérés comme ravageurs (les limaces par exemple) ou auxiliaires de culture (comme les carabes).

En pratique : tous les mois observations sous des planches posées à même le sol (environ 15 min).

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