Maintien du dialogue avec la profession agricole pour mettre en œuvre la trajectoire triennale de retour à l’équilibre de la ressource en eau du sous-bassin de l’Adour
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Quelles sont les conditions du maintien du dialogue avec la profession agricole dans le cadre de la trajectoire triennale de retour à l’équilibre de la ressource en eau dans le bassin de l’Adour ? Une mission conjointe du CGAAER et de l’IGEDD s’est attachée à caractériser la place de l’irrigation dans le développement agricole et économique de ce territoire et à formuler des propositions visant à permettre aux acteurs locaux de co-construire une vision partagée de leur avenir.
Rapport de mission interministérielle de conseil n°25119
Juillet 2026
Accroche
Quelles sont les conditions du maintien du dialogue avec la profession agricole dans le cadre de la trajectoire triennale de retour à l’équilibre de la ressource en eau dans le bassin de l’Adour ? Une mission conjointe du CGAAER et de l’IGEDD s’est attachée à caractériser la place de l’irrigation dans le développement agricole et économique de ce territoire et à formuler des propositions visant à permettre aux acteurs locaux de co-construire une vision partagée de leur avenir…Lire la suite
Enjeux
Les volumes prélevables définis en 2009 et la trajectoire de retour à l’équilibre pour la période 2025-2027 n’ont pas été acceptés par le monde agricole. Depuis 2021, le territoire n’est plus couvert par une autorisation unique de prélèvement (AUP) et l’État s’est substitué à l’organisme unique de gestion collective (OUGC) pour répartir les volumes entre irrigants.
Le préfet coordonnateur du bassin Adour-Garonne et le préfet des Landes ont sollicité une mission d’appui afin de les aider au maintien du dialogue avec la profession agricole.
Méthodologie
Après avoir analysé la situation avec les administrations et l’agence de l’eau Adour-Garonne, la mission s’est rendue dans les quatre départements du bassin de l’Adour pour rencontrer l’ensemble des acteurs (préfectures, services déconcentrés, opérateurs de l’État, irrigants, chambres d’agriculture, associations de protection de l’environnement, syndicats agricoles, coopératives, établissements publics territoriaux de bassin, experts, etc.).
Résumé
La mission fait le constat d’un modèle agricole fortement dépendant de l’irrigation, qui tente de s’adapter afin de faire face aux conséquences du changement climatique et de maintenir l’équilibre économique des exploitations.
Pour valoriser l’eau disponible, les exploitants ont ainsi diversifié leurs cultures, développé les couverts végétaux, fait évoluer le travail du sol et investi dans l’irrigation de précision. Cependant, aucun des acteurs rencontrés n’a présenté de projet de transformation des modèles de production qui permettrait de maintenir ou de développer l’activité agricole en diminuant les volumes d’eau prélevés. Pour de nombreuses exploitations du bassin de l’Adour comme pour les acteurs économiques, le recours à l’irrigation est considéré comme un élément essentiel de la pérennité économique de leur activité.
La gouvernance de la gestion quantitative de l’eau apparaît cloisonnée entre les différents acteurs et perfectible sur le plan de son efficacité. La trajectoire de baisse des volumes prélevables conduit à des risques socio-économiques majeurs pour de nombreuses exploitations, avec des conséquences sur les différentes filières.
Dans ce contexte, la mission propose un cadre d’action pour concilier les objectifs de gestion durable de l’eau avec ceux liés à l’activité économique de ce territoire, dont la mise en œuvre implique une reprise du dialogue entre l’État, les collectivités territoriales et les agriculteurs.
À court terme, la mission formule des propositions pour améliorer le dispositif existant en clarifiant le rôle des acteurs impliqués dans la gestion quantitative de l’eau, en dynamisant la répartition des volumes et en accélérant la réalisation des projets hydrauliques décidés.
Dans la perspective du renouvellement de l’autorisation unique de prélèvement (AUP) prévue en 2028, la mission recommande de préparer dès maintenant l’après-2027 en :
- intégrant les enjeux socio-économiques dans les décisions,
- mettant en place un comité des financeurs, en charge du futur plan d’accompagnement de la transition agricole,
- définissant les conditions d’intégration dans l’AUP des ouvrages de stockage prévus à court terme,
- réfléchissant, dans le cadre de l’adaptation au changement climatique, à un plan de création de nouvelles réserves de substitution, favorisant des ouvrages collectifs multi-usages,
- confiant à une structure tierce la conduite d’une réflexion prospective visant à construire une vision partagée de l’évolution du modèle agricole à moyen terme.
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