Le ministère de l'Agriculture au cœur des objectifs de développement durable
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
L’ambition des Objectifs de développement durable (ODD) est de donner la marche à suivre pour un avenir meilleur, plus juste et durable. Un engagement international que la France traduit dans une feuille de route élaborée en concertation avec les parties prenantes et dans laquelle le ministère de l'Agriculture a un rôle important à jouer.

En septembre 2015, les Nations unies ont adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030 : 17 objectifs – décomposés en 169 cibles – pour créer une société plus juste et plus durable. 193 pays se sont mis d’accord derrière cet « Agenda 2030 » après deux années de négociations sur un projet commun à l’échelle de l’humanité. Ces pays se sont engagés sur les mêmes objectifs, qui concernent l’ensemble des secteurs : pauvreté, santé, éducation, alimentation, travail, infrastructures, environnement, etc.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation est pilote de la mise en œuvre de deux ODD :

  • l’ODD n°2 qui consiste à « éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable » (ou : objectif « faim zéro »), et dont le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) est aussi copilote ;
  • l’ODD n°14 qui s’intitule « océans et vie aquatique », et dont le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) est également copilote.

Le ministère de l’Agriculture est aussi associé à neuf autres ODD, qui sont liés aux politiques dont il a la responsabilité : santé (ODD 3), éducation et recherche (ODD 4), égalité des sexes (ODD 5), eau (ODD 6), énergie (ODD 7), emploi et travail (ODD 8), consommation et production durables (ODD 12), climat (ODD 13), vie terrestre (ODD 15, où l’on retrouve les enjeux liés à la préservation de la biodiversité et à la gestion des sols et des forêts). Ce qui en fait l'un des ministères concernés par le plus grand nombre de cibles de l’Agenda 2030. Le MEAE copilote l’ensemble des ODD pour les cibles à portée internationale.

Un cadre de référence commun

Le programme est ambitieux. Le nombre de cibles (169) montre bien la complexité de cet engagement. De nombreux indicateurs permettent de mesurer l’avancée des progrès. Certains indicateurs sont sélectionnés par l’ONU et d’autres ont pu être choisis par la France (99). Les ODD offrent un cadre de changement, un projet pour le futur qui donne la direction à prendre. Avant de mettre une action en œuvre, idéalement, celle-ci doit être analysée par le prisme des ODD : contribue-t-elle à atteindre une des cibles ? Risque-t-elle de provoquer des effets négatifs sur une autre cible ? Si oui, décide-t-on quand même de mettre en place cette action ? Et cette grille de lecture ne concerne pas uniquement les gouvernements. Pour que les objectifs de l’« Agenda 2030 » puissent être atteints, c’est l’ensemble de la société qui doit être mobilisée : associations, ONG, entreprises, collectivités locales, citoyens…

Une feuille de route pour la mise en œuvre des ODD en France

Cette logique de collaboration a prévalu à l’élaboration de la feuille de route nationale pour la mise en œuvre des ODD. Ce document, constitué d’un plan d’action qui définit pour chaque ODD des mesures phares et des enjeux prioritaires, a été remis au président de la République qui l’a présenté lors d’une réunion en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, les 24 et 25 septembre 2019. Ces documents sont le fruit d’une grande concertation menée à la fois par le MTES et les ministères pilotes.

Après avoir rappelé que les textes législatifs et réglementaires les plus récents sont d’ores et déjà pleinement « ODD-compatibles », le ministère de l’Agriculture met en avant l’agroécologie, inscrite dans la loi depuis 2014 comme principe devant guider les transitions des modes de production agricole. Cette transition agroécologique, qui demande un changement des mentalités et une réorganisation en profondeur du système de l’exploitation agricole dite conventionnelle, s’inscrit logiquement dans un temps long et une approche holistique, qui peuvent faciliter l’atteinte d’un nombre important de cibles des ODD. Parmi les autres enjeux définis par le ministère, on trouve les objectifs suivants : améliorer le revenu des agriculteurs par un meilleur partage des valeurs, et promouvoir une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous.

L’ODD n°14 s’inscrit dans un programme de développement durable pour la conservation et l’exploitation durable des océans, mers et ressources marines : réduction de la pollution des mers, protection des écosystèmes marins, réduction de l’acidification des océans, réglementation efficace de la pêche, préservation des zones marines et côtières, ou encore approfondissement des connaissances scientifiques.

Ce plan d’action est appelé à être régulièrement examiné pour tenir compte des évolutions, réussites et échecs, afin de ne pas perdre de vue nos objectifs de développement durable. Ces documents se substitueront aux anciennes stratégies nationales pour le développement durable, qui étaient élaborées périodiquement, puis déclinées en différentes stratégies sectorielles.

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