Horace Walpole, ambassadeur d'Angleterre (1727-1735)
©Philippe Roulet/Min.Agri.Fr.

L’hôtel attribué aujourd’hui aux ministres de l’Agriculture allait rester, pendant huit années, le siège de l’ambassade d’Angleterre.

Envoyé à Paris en 1724, sous le ministère du duc de Bourbon, Horatio Walpole avait d’abord résidé rue de Grenelle. C’est à lui qu’étaient principalement dus les succès récents de la Grande-Bretagne. Son frère, le fameux premier ministre Robert Walpole, surnommé par les contemporains le "maquignon des consciences", assurait que tout homme "avait son tarif" : l’habile diplomate Horatio n’avait pas manqué d’appliquer à Paris cette politique de corruption en pensionnant la marquise de Prie, dont l’influence était toute puissante sur le duc de Bourbon.

La mort de Georges I er , survenue en juin 1727, n’avait pas changé la fortune de Robert Walpole qui, sous Georges II, exerçait un pouvoir presque souverain. Le 7 août 1730, il rappela son frère, dont il voulait faire un secrétaire d’Etat, et le remplaça par lord Waldegrave, qui vint s’installer à son tour dans l’hôtel de la rue de Varenne.

Cependant les commissaires royaux nommés pour régler les affaires d’Antoine Hogguer avaient continué leur enquête ; en 1734, ils jugèrent que les actes concernant la maison de la rue de Varenne étaient fictifs et que cet immeuble appartenait, non pas à Mlle Desmares, mais à son amant. En vain l’ancienne actrice voulut-elle soustraire à leur "saisie réelle" les neufs glaces que le Régent lui avait données. Sans égard à sa réclamation et à ses prétendues créances sur Antoine Hogguer, les commissaires mirent en adjudication, le 2 juillet 1735, l’hôtel où résidait l’ambassadeur d’Angleterre. L’acquéreur en fut François-Louis, duc de Villeroy ; s’assurant ce jour-là, pour le prix de 152.500 livres, un hôtel dont la construction, douze ans auparavant, en avait coûté plus de 300.000, le duc réalisait là une excellente affaire.


Source :
L’hôtel de Villeroy et le ministère de l’Agriculture de G. Mareschal de Bièvre, Lauréat de l’Académie française, 1924.