Mais les acquisitions de biens fonciers profitent plus aux spéculateurs et grands propriétaires qui bénéficient de surcroît de la chute en valeur des assignats, qu'à la masse des petits propriétaires nouveaux ou ayant agrandi leurs domaines et une grande partie des paysans seront désormais fermiers ou métayers.


L'agriculture sous le Directoire et l'Empire

La Législative est remplacée par la Convention (1792-1795) qui ploie sous le fardeau des questions politiques et militaires urgentes (lutte entre les Girondins et les Montagnards, guerre de Vendée, menace d'invasion étrangère, révoltes royalistes) et finit avec l'exécution de Robespierre au mois de Thermidor de l'An II de la République.

Durant le Directoire (1795-1799) et le Consulat (1799-1802), la situation se stabilise et le pouvoir se préoccupe désormais d'un renouveau agricole en accord avec les mesures du 4 août 1789.

La loi n'interdit plus strictement la vaine pâture, notamment là où les traditions communautaires sont vivaces, dans le Centre, en Bretagne, en Languedoc, dans la Crau, et où les animaux peuvent continuer à paître et à brouter sur les chaumes des "guérets".

Par contre, le droit de dépaissance sur la deuxième pousse des prés ou regain est abandonné.

 
Localement, l'abandon de la vaine pâture est le voeu le plus cher des très grands propriétaires et est soutenu par les gros et moyens propriétaires qui y voient l'occasion d'appliquer des techniques nouvelles. Les petits propriétaires, eux s'y opposent le plus souvent car cette servitude collective leur est un appoint précieux. Enfin les "Manouvriers" et journaliers, main d'oeuvre des campagnes ne survivent que grâce à elle et sa disparition sera la cause de l'exode rural qui augmentera tout au long du XIX ème siècle et fournira le contingent des prolétaires des villes.

François de Neufchâteau, ministre de l'Intérieur (dont dépend l'Agriculture), de 1796 à 1799, prêche pour la suppression de la jachère (l'opprobre de la jachère), est passionné des questions agricoles, écrit plusieurs mémoires sur ce sujet, fait renaître les sociétés d'agriculture locales, favorise les comices agricoles et commence un récollement des statistiques agricoles.

On trouve, à la société d'Agriculture, en autre Parmentier, partisan de la généralisation de la culture de la pomme de terre. En 1792, la surface cultivée en pomme de terre est déjà de 25 000 hectares.

Grâce à la politique efficace du Directoire le prix du pain baisse constamment par la lutte contre la spéculation des grains, la production agricole croît, les salaires augmentent et Napoléon, premier Consul, puis Empereur en 1804, ne fera que renforcer ces tendances.