L'ÉPOQUE CONTEMPORAINE

De 1789 à 1881

Tandis que dans les villages se préparent les "cahiers de doléances" du peuple, rédigés par les notaires, les avocats, les curés ou autres gens instruits en préparation des Etats généraux, la situation économique est désastreuse.

L'hiver 1788-1789 est un des plus froids du siècle, la pénurie de bois est manifeste, les récoltes sont mauvaises, les salaires chutent et le prix du pain double.

Les révoltes dans les campagnes commencées en Bretagne et dans le Languedoc gagnent la Normandie, l'Alsace, la Franche-Comté au printemps 1789 et on incendie les châteaux dans le Maconnais.

Le 5 mai 1789, 1139 représentants apportent les 60 000 cahiers de doléances où l'on se plaint de l'impôt, des "gros décimateurs", et où l'on réclame des caisses de secours en cas de disette et le droit de chasse.

Devant l'attitude de Louis XVI uniquement préoccupé de ses problèmes financiers, le Tiers-Etat, avec à sa tête l'abbé Sieyès, se constitue en Assemblée Nationale et se réfugie au "Jeu de Paume".
Le 14 juillet 1789, après la chute de la Bastille, la foule promène devant l'Hôtel de Ville, les têtes du gouverneur de Launay et du marchand parisien J. de Flesselles, accuser de trafiquer sur le prix des grains.

 

Le fait révolutionnaire est acquis et le 14 Juillet la Bastille est prise. Alors la révolte gagne de nouveau les campagnes
les intendants sont chassés, 300 000 errants s'en prennent aux nantis : c'est la "grande peur des campagnes . Et la nuit du 4 août, les nobles abandonnent de leur plein gré les droits féodaux , tout en maintenant au matin, par décret, des indemnités compensatoires qui seront supprimées le 24 juin 1793.

Le verrou a sauté et ceci va permettre une transformation radicale dans le domaine agricole.
La Société d'Agriculture chargée de préparer un texte de propositions le remet à l'Assemblée le 24 octobre. On y trouve toutes les réformes qui vont bouleverser la vie rurale.

Liberté des cultures, abolition du droit de parcours des terres, droit de partage des communaux et de protection des cultures, extension des baux ruraux à 18 ans contre 3 ou 6 ans auparavant, suppression des droits fiscaux en cas d'échange ou de vente de propriétés, suppression de la gabelle et des aides pour la vigne, enfin la possibilité de vendre toutes les terres du domaine et de la Nation.

En octobre et novembre les biens du clergé, du Roi et de la noblesse sont nationalisés et 4 à 5 millions d'hectares de terre sont ainsi revendus par lots. L'impôt foncier quant à lui reste au niveau du prélèvement royal mais les droits féodaux et la dîme sont supprimés allégeant d'autant la charge fiscale.