Développer le bio et préserver l'eau: un collectif de viticulteurs du Gard se mobilise

Dans le Gard autour de Vergèze, les vignes cultivées par la SCA de la voie d’Héraclès longent la voie antique « via Domitia ». Elles côtoient les forages de la société source Perrier, propriétaire de 980 hectares. Préserver l’eau des nitrates et herbicides, activer les plans d’actions de préservation des zones de captage d’eau potable, résister à la pression foncière et développer la viticulture biologique, les enjeux sont multiples sur ce territoire. Pourquoi créer un groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE)? Pour répondre à toutes ces problématiques et dégager des compromis.

La communication avant tout

Le collectif, ces viticulteurs bio y sont déjà habitués grâce à leur coopérative. Mais avec le financement du Casdar, le projet prend une autre dimension. « Il fallait jeter une passerelle entre des mondes parfois étanches, d’où l’importance du projet du GIEE  » explique Yves Nouet du service environnement et territoires de la Chambre d’agriculture du Gard.

Grande innovation du futur GIEE : la création d’un poste de chef de projet qui coordonnera l’ensemble. Pour l’heure, le dispositif vient de commencer et la première étape est de recruter un animateur (ingénieur agronome) qui pourra faire le lien entre la coopérative de la voie d’Héraclès, la SAFER, l’agence de l’eau, la société source Perrier, les collectivités locales, la Chambre d’agriculture etc. Jean-Luc Andrieu, directeur de la SCA le confirme « Le projet a permis de réactiver et d’améliorer nos relations avec la société Source PERRIER. Construire et atteindre nos objectifs ensemble c’est tout à fait novateur » explique t-il. De son côté, Perrier encourage le développement de la viticulture biologique via des baux environnementaux car il s’agit, avec l’olivier, d’une culture a faible impact en nitrate.

Des outils pour produire autrement


Pour Philippe Boulet, viticulteur bio de la coopérative, l’objectif du projet est de pouvoir améliorer ses pratiques en agriculture biologique. Depuis 4 ans, il teste par exemple l’enherbement des vignes en hiver. Ses attentes ? Avoir des retours d’expérience pour mettre en place un enherbement pérenne.

« On avait l’impression qu’il n’y avait plus de problèmes techniques mais davantage économiques. Et puis les questions agronomiques sont revenues... » explique Yves Nouet. Mais les agriculteurs espèrent aussi pouvoir améliorer les installations et accroitre la production bio grâce au partenariat de la SAFER. En effet, ces terres proches de la ville subissent une forte pression foncière et accueilleront la future ligne à Grande vitesse de contournement de Nîmes et de Montpellier.

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