Développer et animer des projets collectifs

Engager son exploitation dans une démarche agro-écologique, c’est plonger au coeur de l’agronomie pour reconstituer les régulations naturelles, c’est rechercher des complémentarités et des dynamiques à l'échelle de son territoire. L’évolution des pratiques vers l’agroécologie implique de penser autrement la façon de produire et comporte une part de difficulté. Pour y faire face, les échanges et réflexions conduits au sein d'un collectif sont essentiels. C’est pourquoi la transition agro-écologique s’appuie sur les collectifs d’agriculteurs, la mise en commun de projets et le retour d’expérience des «pionniers».

LES ENJEUX
Pour développer des pratiques agro-écologiques, il est essentiel de considérer non pas chaque parcelle indépendamment, mais bien l'ensemble de l'exploitation agricole dans une approche globale où les actions se complètent, où les déséquilibres se compensent. Repenser le fonctionnement global de l’exploitation et faire évoluer ses pratiques peut présenter des incertitudes. Il est plus facile de modifier son système lorsqu’on est plusieurs à réfléchir, à se renseigner et à tester. Il était important, par conséquent, de mettre à disposition des agriculteurs un outil permettant la recherche d’une performance à la fois économique, environnementale et sociale. C'est désormais chose faite avec la création, par la Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 14 octobre 2014, des groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE).

QU'EST CE QU’UN GIEE?

Les GIEE sont des collectifs d’agriculteurs reconnus par l’État, qui s’engagent dans un projet de modification ou de consolidation de leurs pratiques à l’échelle d’un territoire.Ces actions doivent relever de l’agro-écologie et contribuer à améliorer la compétitivité des exploitations agricoles de façon pérenne, tout en utilisant et préservant les écosystèmes. Un volet social doit également être intégré au projet, avec comme objectif d'améliorer les conditions de travail des membres du groupement et de ses salariés, de favoriser l’emploi, de lutter contre l’isolement rural. Pour les forêts, le même dispositif existe avec les GIEEF (groupements d’intérêt économique et environnemental forestier).

Qui est concerné?

Tout groupe d’agriculteurs impliqué dans une démarche collective peut prétendre à la reconnaissance de son projet. La démarche doit venir des agriculteurs eux-mêmes et associer plusieurs exploitations sur un territoire cohérent pour favoriser les synergies. Les exploitants agricoles doivent s’appuyer sur des partenariats avec les acteurs des filières : coopératives, négociants, industries de transformation, distributeurs, parcs naturels régionaux, collectivités locales… en vue d’inscrire leurs projets dans la durée et de les adapter aux enjeux des territoires.

Quels sont les principes du dispositif ?

Les projets portés par les GIEE sont riches et variés : systèmes économes et autonomes, conservation des sols, diversification des assolements et allongement des rotations, autonomie alimentaire des élevages, conditions de travail, mutualisation des outils de production, agriculture biologique, circuits de proximité, signes de qualité, agroforesterie et biodiversité naturelle, emploi et lutte contre l’isolement en milieu rural…Les actions prévues dans le projet peuvent bénéficier de majoration dans l’attribution de plusieurs aides publiques ou d’une attribution préférentielle de ces aides. Il s’agit notamment de financements européens, de l’État et des collectivités territoriales ou d’organismes publics. Les premières signatures ont eu lieu au Salon international de l’agriculture 2015. En un an, ce sont plus de 250 projets qui ont été reconnus sur tout le territoire.

Liens au territoire

Des synergies au niveau territorial, en particulier entre les agriculteurs, doivent être recherchées et développées. Les acteurs économiques des filières ont un rôle important à jouer pour accompagner la transition des exploitations en visant une bonne articulation entre la production, la transformation et la distribution, en particulier dans le cas de la mise en place de nouvelles productions.

 

  • La méthanisation, source d'énergie renouvelable. Unité de méthanisation de la S.A.S "Saint-Georges Méthagri". Récolte de menthe poivrée dans une autochargeuse à coupe rotative. La production de chaleur de l'unité de méthanisation a amené les agriculteurs du GIEE à construire un séchoir et à produire des plantes médicinales.
  • Pousse d'un châtaignier dans une forêt mixte (pins maritimes et châtaigniers. Reconnue Groupement d'intérêt économique et environnemental forestier (GIEEF), l'association syndicale libre de gestion forestière (ASLGF) des Cévennes Ardéchoises réunit des propriétaires privés volontaires de parcelles forestières de toutes surfaces. Son objectif : entretenir et valoriser la forêt par une gestion durable.

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