Connaître les sols pour mieux les protéger : le Gis Sol
12/09/2016
©Xavier Remongin/Min.agri.fr
Un consortium regroupant scientifiques et pouvoirs publics, le Gis Sol, constitue depuis quinze ans une gigantesque base de données sur la nature et la qualité des sols du territoire français. Une connaissance nécessaire pour mieux les préserver.

Prélever, analyser, classer, répertorier, inventorier, cartographier… Décrire et constituer la mémoire de nos sols est un travail colossal ! Depuis quinze ans, le Gis Sol (1) a rassemblé plus de 35 000 échantillons, représentatifs des sols français et de leurs usages. Près de deux tiers des sols nationaux ont été cartographiés. Longtemps ignoré, on mesure aujourd’hui l’extraordinaire potentiel des sols : ils sont l’origine de toute production végétale, de tout écosystème terrestre et constituent un gisement de biodiversité incroyable. Leurs qualités et leurs propriétés sont très variables selon les territoires. Des rapports comme celui du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ou celui du Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) propositions-pour-un-cadre-national-de-gestion-durable-des-sols ont montré l’importance des services qu’ils assurent (dont la sécurité alimentaire, mais aussi la qualité de l’eau, l’atténuation du changement climatique, la biodiversité, la production de ressources renouvelables) et la nécessité d’une meilleure reconnaissance de ces services. « Connaître les sols d’un territoire permet de prendre de meilleures décisions d’action publique, comme délimiter de manière plus objective des zones susceptibles de bénéficier d’aides ou de choisir les tracés de documents d’urbanismes ou de réseaux de transports en prenant en compte la préservation des terres ou des terroirs» explique Marie-Françoise Slak, chargée de mission sol au ministère de l’agriculture.

Connaître les sols pour aménager plus durablement

De nombreux bureaux d’études en aménagement, organismes publics et agricoles, universités, ministères et services de l’Etat font appel aux services du Gis Sol… « On reçoit 500 demandes chaque année pour consulter nos données ; elles servent à cartographier le potentiel agronomique d’un territoire, sa sensibilité à l’érosion, aux pollutions agricoles… », détaille Marion Bardy, responsable d’Infosol à l’Inra, unité de recherche qui coordonne les programmes du Gis Sol. « Ces données aident à réglementer l’irrigation sur un bassin versant, initier des démarches collectives pour protéger la fuite d’engrais ou de pesticides dans les nappes phréatiques, identifier les terres agricoles à préserver en priorité dans l’élaboration des documents d’urbanisme... ». En 2016, la deuxième phase de prélèvement des sols du réseau de mesure de la qualité des sols vient d’être lancée… La chercheure témoigne : « La première campagne nous a pris presque dix ans, la deuxième s’étalera sur 12 ans !! Mais d’ici à quelques années, nous aurons déjà une image précise de l’évolution de la qualité des sols en fonction de leurs usages. De nouveaux types de prélèvements vont nous permettre de connaître les stocks de carbone en profondeur, et mieux évaluer le potentiel de stockage de carbone dans les sols… C’est un enjeu très important pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre ! »

Pour en savoir plus sur le Gis Sol

(1) Le Gis Sol regroupe le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN)

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