Viande de cheval dans les plats cuisinés : le point
©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr
Le point sur l’enquête en cours.

À la suite d’un signalement de présence de viande de cheval dans des plats cuisinés à base de viande de bœuf et commercialisés en France et dans d’autres pays européens, le point sur l’enquête en cours.

Dernière minute : Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé lundi la tenue d’une réunion européenne avant la fin de la semaine sur le scandale des plats surgelés à la viande de cheval estampillée "bœuf" et les problèmes d’étiquetage, au terme d’une réunion de crise à Bercy.

Voir la vidéo de la conférence de presse qui s’est tenue lundi après-midi, à Bercy :

<h2><iframe class="player" frameborder="0" height="240" scrolling="no" src="http://webtv.agriculture.gouv.fr/index.php/view-media-html5-3023.html" width="320">Conférence de presse sur la traçabilité des viandes</iframe></h2> <p>Stéphane Le Foll, Benoît Hamon et Guillaume Garot ont organisé une table ronde à Bercy sur la <a href="http://webtv.agriculture.gouv.frnom-tracabilite.html">traçabilité</a> des viandes et sur les mesures prises à la suite de la présence de <a href="http://webtv.agriculture.gouv.frnom-viande.html">viande</a> de <a href="http://webtv.agriculture.gouv.frnom-cheval.html">cheval</a> dans les plats cuisinés à base de <a href="http://webtv.agriculture.gouv.frnom-viande.html">viande</a> de <a href="http://webtv.agriculture.gouv.frnom-boeuf.html">boeuf</a> .</p>

Le président français François Hollande a estimé lundi que « des sanctions devront être prononcées » dans l’affaire des plats surgelés confectionnés à base de viande de cheval en lieu et place de bœuf. « Il y a eu des manquements, visiblement des profits, des comportements inadmissibles, des sanctions devront être prononcées, administratives et pénales si le dossier le justifie », a déclaré le chef de l’État. "L’État a un double devoir de transparence et de responsabilité", a souligné le président Hollande, ajoutant que "des enquêtes vont être diligentées dans un délai très court" ce qui permettra d’en savoir "encore davantage" mercredi. François Hollande a par ailleurs estimé que la traçabilité, « une exigence des consommateurs », « était également un devoir pour l’Europe et pour la France », conseillant d’acheter des produits labellisés « viande bovine d’origine française ».

Retrait des produits

L’enquête menée par les services de la DGCCRF a permis d’établir le circuit de commercialisation de la viande concernée. Les produits concernés ont fait l’objet d’un retrait de commercialisation.

- Trois pays ont procédé au retrait de produits : la France, le Royaume-Uni et la Suède

- En France, plusieurs enseignes ont procédé au retrait de produits : au-delà des produits de la marque Findus, les produits de marque distributeur sont concernés par ces retraits. Ils ’agit en particulier de lasagnes, cannellonis ou spaghettis bolognaise, moussaka, hachis parmentier, vendus dans les magasins Auchan, Casino, Carrefour, Système U, Cora, Monoprix et Picard.

Volet sanitaire

Si le problème de traçabilité est évident dans cette affaire, des analyses complémentaires détermineront les éventuels risques sanitaires. Les autocontrôles obligatoires à chaque stade de la chaîne alimentaire, les contrôles de l’État et l’existence d’un système d’alertes sanitaires qui peut être mobilisé en temps réel à l’échelle européenne ont fait leur preuve.

Rappel : qu’est-ce qu’une alerte sanitaire ? La plupart du temps, une alerte sanitaire est déclenchée lorsqu’un professionnel de la chaîne alimentaire (agriculteur, industriel, restaurateur...) constate un problème sur ses produits lors d’un autocontrôle. Il peut s’agir de bactéries présentes en trop grandes quantités (listeria, salmonelles, e.coli...), de défaut de stérilisation d’une boîte de conserve, d’un corps étranger détecté dans un aliment... Il arrive aussi qu’une alerte soit déclenchée par des plaintes de consommateurs, par le signalement de toxi infections collectives, ou par les services déconcentrés du ministère lors d’un contrôle chez un professionnel.

En savoir plus :

Fraude manifeste

L’enquête continue pour établir les responsabilités sur la filière d’approvisionnement et pour identifier tous les produits concernés commercialisés en France et en Europe, en lien avec les autorités des autres États concernés et les autorités européennes.

Il s’agit ici d’un problème de fraude, comme l’explique Jean-René Buisson, président de l’ANIA : la principale entreprise concernée « a reçu de la viande avec un certificat indiquant de la viande de bœuf, c’est un problème de tromperie ». L’enquête permettra de déterminer l’origine de cette fraude, qui porte gravement atteinte à la confiance de notre chaine alimentaire et à toute la filière.

Table ronde sur la traçabilité

Le ministre délégué à l’agroalimentaire, Guillaume Garot, a ainsi souhaité « faire le point avec l’ensemble des acteurs de la filière agroalimentaire sur ce qui s’est passé, afin de pouvoir en tirer les premières leçons ». Le gouvernement (ministres chargés de la de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la consommation) a réuni lundi les professionnels de la filière (abattage, commercialisation, transformation et distribution de viandes), à Bercy. L’occasion de faire un point sur l’ampleur de ces retraits, d’évoquer la traçabilité des viandes ainsi que le renforcement des contrôles à envisager.