A Toulouse, l’école vétérinaire s’engage contre l’antibioresistance
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©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr

L’antibiorésistance est une préoccupation essentielle de l’école nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT). De la théorie aux consultations cliniques, cet établissement propose des formations qui permettent de sensibiliser les futurs vétérinaires et chercheurs à ce défi médical majeur du XXIème siècle.

Les futurs vétérinaires étudient, durant les premières années de leur cursus, les sciences fondamentales telles que la pharmacologie, la pharmacodynamie et la pharmacocinétique. Cet enseignement théorique leur permet de connaitre les médicaments, notamment les différentes familles d’antibiotiques, leur spécificité et leur bon usage (posologie, maladies à traiter...).

« Les bonnes pratiques doivent être acquises dès l’école »

Dès la troisième année, ils sont immergés dans les cliniques de l’école. Cet apprentissage pratique est l’occasion de sensibiliser les étudiants à un usage raisonné des antibiotiques, conformément au plan Ecoantibio 2017. Tout comme en médecine humaine, le recours aux antibiotiques n’est pas automatique et « les bonnes pratiques doivent être acquises dès l’école » rappelle Christophe Thinet, directeur des cliniques de l’ENVT.Au fur et à mesure des consultations de chiens, chats, furets ou chevaux, les étudiants mettent en application les notions fondamentales acquises en cours. Ils apprennent à procéder à l’examen clinique de l’animal, à émettre un diagnostic et à proposer un traitement adapté avec un maître mot : limiter les antibiotiques critiques en première prescription.

L’école vétérinaire de Toulouse s’engage aussi dans la formation continue des vétérinaires quant à la bonne utilisation des antibiotiques. Depuis 2013, un module de 3 heures, co-organisé par le ministère chargé de l’agriculture et la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV) est proposé sur le site de l’école. L’objectif est de présenter les politiques publiques en matière de santé publique, à travers la mise en œuvre concrète du plan Ecoantibio 2017, au quotidien, par des vétérinaires en exercice. « L’objectif est la prise de conscience  », explique M. Thinet. Il est double : diminuer de manière importante le recours aux antibiotiques et préserver un arsenal antibiotique pour la médecine humaine. Cette formation est l’occasion de relayer les bonnes pratiques de prescription des antibiotiques, toutes espèces confondues, en sensibilisant les participants au phénomène d’antibiorésistance. En effet, malgré une baisse de la consommation générale d’antibiotiques ces dernières années, certains d’entre eux, notamment certains antibiotiques critiques, voient leur utilisation augmentée, notamment pour soigner certains animaux de compagnie.

 

Un antibiotique critique, qu’est-ce que c’est ?

Les céphalosporines de 3ème et 4ème génération et les fluoroquinolones sont considérées comme particulièrement importantes en médecine humaine car elles constituent une des seules alternatives pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l’Homme.

 

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