Thibaut Nancy, un maillon de la coopération internationale en Chine
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©Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr
En poste depuis mars 2016, Thibaut Nancy est adjoint de la conseillère agricole française en Chine. Chargé des questions de formation et de coopération dans les domaines de l'éducation et de la recherche, il nous livre un aperçu de sa mission à Pékin. Rencontre.

Quel a été votre parcours ?

J’ai vécu et travaillé à l’étranger au préalable, en Chine et en Espagne, sur d’autres fonctions. J’ai une formation de géographe et un parcours qui m’a fait passer par les collectivités locales et une organisation internationale. Je travaille au Ministère de l’agriculture depuis 2012. Cette mission à Pékin est d'une durée minimale de trois ans, et peut être prolongée d'un ou deux ans.

Quel est le rôle d'un attaché agricole et de son équipe ?

C'est avant tout un rôle de facilitateur, entre les Etats et les administrations, mais également avec les entreprises qui souhaitent entrer sur le marché chinois ou qui, à l'inverse, s’intéressent à la France. Au sein de l’équipe, nous nous efforçons d’être complémentaires et présents sur le plus grand nombre de fronts à la fois. Dans un pays aussi grand que la Chine, et sur la zone plus grande encore que nous couvrons, qui comprend Taiwan, la Mongolie, Hong Kong et Macao, ce n’est pas toujours évident !

Un exemple d'action illustrant une avancée significative ?

L’ambassade a ouvert le marché chinois à la charcuterie française en 2013. Ce qui ne signifie pas un blanc-seing pour nos entreprises : chaque établissement doit être inspecté et agréé par les autorités chinoises avant de pouvoir exporter. Treize abattoirs de porc et quatre entreprises de charcuterie sont agréés. Quatre abattoirs et deux entreprises de charcuterie supplémentaires sont en attente d’agrément.

A quoi ressemble le paysage agricole chinois ?

Il est très divers et très dispersé, et fait face aujourd’hui à des défis considérables. Les autorités chinoises ont pris la question de la modernisation de l’agriculture et de l’amélioration de sa compétitivité à bras le corps, mais elles doivent également tenir compte de la stabilité sociale et de l’emploi : 700 millions de personnes vivent dans les zones rurales. Les évolutions sont voulues et nécessaires, mais elles ne peuvent se faire à un rythme trop violent. La France a réellement une carte à jouer pour accompagner ces évolutions.

Qu'est-ce qui vous enthousiasme le plus, dans l'exercice de cette mission ?

L'idée d’être aux premières loges pour accompagner un pays en constante mutation, qui a changé la face du monde et qui – qu’on le veuille ou non – va la changer encore. Pour notre pays, pour notre administration, pour nos entreprises, cela crée parfois des illusions, mais également de très belles opportunités.

Qu'exige-t-elle de particulier, dans ce pays ?

Notre ambassadeur a l’habitude de dire qu’en Chine il faut être opiniâtre : ne pas se décourager et frapper encore et toujours à la porte, jusqu’à ce qu’elle s’ouvre (ou pas). Quoi qu’il en soit, il faut être curieux et patient, et profiter du goût des Chinois pour l’ouverture et la coopération.