Sylviculture et développement forestier
Sylviculture et développement forestier

Culture de la forêt , la sylviculture agit sur des peuplements d’arbres. Elle assure leur développement harmonieux et leur régénération, c’est-à-dire leur renouvellement par plantations ou semis naturels.
Longtemps empirique, la sylviculture s’appuie de plus en plus sur des connaissances vérifiées dans des expérimentations de terrain et de la modélisation de croissance des arbres et des peuplements. La loi de Eichorn est un des principes fondamentaux des traitements réguliers : la production ligneuse d’un peuplement forestier équienne (peuplement forestier composé d’arbres de même âge), dans une station donnée, qu’il occupe sans vide ni clairière, ne dépend que de sa hauteur dominante (hauteur moyenne des 100 plus gros arbres à l’hectare bien répartis dans le peuplement). Cette production est indépendante de la densité.
D’où la notion de table de production qui permet de classer les peuplements selon leur fertilité et leur production moyenne et la notion de rythme d’éclaircies pour faire grossir les arbres plus ou moins vite, puisque l’accroissement annuel est le même pour différentes sylvicultures et est donc réparti entre des nombres de tiges variables.

Les forestiers procèdent ainsi à des interventions variées (plantations, dégagements, nettoiements, dépressages, élagages...) qui permettent d’assurer à long terme la pérennisation de la ressource forestière.

Des coupes d’amélioration et de régénération sont par ailleurs réalisées afin de donner aux arbres les conditions nécessaires à leur croissance et à leur renouvellement. Les forestiers travaillent ainsi avec la lumière et la disponibilité en eau et en minéraux.
L’ensemble de ces coupes permettent de valoriser la ressource bois, ressource de matériau et d’énergie renouvelables.

Renouvellement des peuplements forestiers

Gérer la forêt durablement, c’est valoriser et exploiter la ressource forestière, notamment en bois, en assurant la multifonctionnalité des forêts et le renouvellement des peuplements. Ce renouvellement se réalise :

  •  soit par plantation de plants issus de pépinières.Chaque année, 80 millions d’arbres sont plantés en France, soit 2,5 arbres par seconde.
  •  soitpar régénération naturelle,c’est à dire par la germination de graines issus d’arbres semenciers adultes déjà en place.

La Mission Gestion de la Végétation Forestière (MGVF)

Suite à la demande conjointe du ministère de l’agriculture en charge de la forêt et de la Direction générale de l’Office National des Forêts, l’INRA a constitué, en collaboration avec AgroParisTech, une équipe de recherche et de développement MGVF "Mission Gestion de la Végétation Forestière".

MGVF s’attache à observer et analyser la gestion et la maîtrise de la végétation adventice en forêt, afin d’apporter aux gestionnaires forestiers connaissances et outils pour optimiser la gestion de la végétation accompagnatrice lors de l’installation et de la croissance des jeunes peuplements forestiers dans des conditions socio-économiques et environnementales favorables.

Les travaux concernent notamment les herbicides, le travail du sol et divers méthodes innovantes alternatives.

  • Un exemple de projet : le projet ALTER (alternatives aux herbicides)
    Ce projet a été développé par l’équipe MGVF (Mission Gestion de la Végétation en Forêt) et est envisagé sur une période minimale de 5 ans. Il implique de nombreux organismes (INRA, ONF, FCBA, RITTMO-Agroenvironnement, ARAA, CRPF). Le projet ALTER fait l’objet d’une convention entre le MAAPRAT et l’INRA et dispose également de financements extérieurs (Conseils Régionaux, ONF, CRPF...).
    Plus d'informations sur le projet ALTER (alternatives aux herbicides)
  • Cinq outils innovants testés par MGVF pour la préparation du sol et la gestion de la végétation concurrente en forêt :

Le scarificateur réversible (Désherbage, travail du sol)

Scarificateur

La pioche-herse (Désherbage, travail du sol)

Pioche herse

Le sous-soleur multifonction (Travail du sol)

Sous-soleur

La culti 3B (Travail du sol)

Culti 3B

La mini-pelle de 2,5t à 6t (Au service de la forêt)

Mini-pelle

Focus

Après le passage de la tempête Klaus qui a touché le Sud-Ouest de la France le 24 janvier 2009, dévastant des zones entières de forêt, le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt rappelle aux forestiers que l’exploitation des chablis présente des risques et doit être entreprise dans des conditions optimales de sécurité.
Consultez la page Sécurité du travail en forêt : "Recommandations de sécurité lors de l'exploitation des chablis"

En savoir plus

Le projet ALTER (alternative aux herbicides)

Ce projet a été développé par l’équipe MGVF (Mission Gestion de la Végétation en Forêt) et est envisagé sur une période minimale de 5 ans. Il implique de nombreux organismes (INRA, ONF, FCBA, RITTMO-Agroenvironnement, ARAA, CRPF). Le projet ALTER fait l’objet d’une convention entre le Ministère en charge de l’agriculture et l’INRA et dispose également de financements extérieurs (Conseils Régionaux, ONF, CRPF...).

Principe de l’expérimentation :

- L’expérimentation est conduite sur 4 régions différentes (Alsace, Normandie, Bretagne et Aquitaine ) dans des stations acides avec fougères, molinie, ou callune de manière à comparer 6 modalités et d’identifier les itinéraires techniques ( alternatifs aux herbicides ) les plus efficaces. :

1 - Témoin = pas de contrôle de la végétation

2 - Terrain nu = suppression totale de la végétation (herbicide)

3 - Modalité locale (=itinéraire le plus fréquent localement = broyage, herbicides, dégagement, labour, rouleau landais...)

4 - Râteau scarificateur réversible (= outil à 3 dents, porté sur mini pelle et travaille jusqu’à 40cm de profond)

 

Râteau scarificateur réversible
 
5 - Pioche herse (= outil triangulaire à 6 dents allant jusqu’à 30 cm de profond)

Pioche herse

 

6 - Semis de couverture végétale après travail du sol (= Ne sont retenues que des espèces agricoles, non forestières , afin d’éviter tout risque de pollution génétique avec les espèces forestières locales. Par ailleurs, les espèces agricoles disparaissent naturellement au bout de 2 à 3 ans et leurs graines sont moins coûteuses à l’achat)

- Le dispositif comprend 3 répétitions pour chaque modalité et sur chaque site (=> 18 placettes de 19ares chacune sur 4 sites différents)

- Quelques particularités expérimentales :

  • Pour les stations à engorgement avec molinie, la technique pioche herse est remplacée par la technique 3B (Billon Bombé Becker ), qui utilise une dent de culti-sous-solage.
     

    Technique 3B
  • En région Aquitaine, toutes les modalités recevront une fertilisation phosphatée.

Etat d’avancement du projet :

  • Le site en Normandie a été installé en 2010. Mise en place prévue en 2011 pour les autres régions.
  • Après avoir vérifié la pertinence technique des itinéraires techniques, il est prévu d’évaluer dès 2011 une fourchette de leur coût respectif pour en évaluer la faisabilité financière et identifier les types de chantiers adaptés pour chacun d’entre eux. Au vu de cette première analyse, et sous réserve de financement, une étude technicoéconomique conduite sur des chantiers de reboisement de tailles réelles pourrait éventuellement être mise en place dès 2012 pour tester les itinéraires techniques les plus pertinents. Cette étude serait particulièrement intéressante pour assurer la vulgarisation et le développement de ces itinéraires alternatifs.

Pour en savoir plus

Expérimentation de sylvicultures au niveau national

Actualité

Le GIS Coop : 20 ans d’expérience pour imaginer les sylvicultures de demain

Logo GIS COOP
Après 20 ans de fonctionnement et face à un contexte climatique changeant, le GIS Coop a présenté ses principales valorisations scientifiques et techniques ainsi que les potentialités de ses réseaux d’expérimentations sylvicoles au cours d’un colloque les 2 et 3 octobre 2014.

 

Les présentations diffusées lors de cette journée seront bientôt en ligne

De longue date, les gestionnaires forestiers ont eu besoin d’outils pour quantifier la croissance d’un peuplement forestier en fonction de certains paramètres (milieu, sylviculture...). À l’échelle de la parcelle, ces outils permettent d’optimiser les interventions en fonction des objectifs assignés au peuplement. À des échelles plus larges, des outils analogues permettent de projeter l’évolution des ressources forestières. Dans la perspective de l’adaptation de la gestion aux changements environnementaux, les besoins d’outils évoluent : les forestiers cherchent à définir de nouveaux itinéraires sylvicoles qui combinent efficacité technique, performances économiques et environnementales.

Pour construire ces outils, il est fondamental de disposer de données expérimentales de qualité, nombreuses et spatialement représentatives. Étant donné les difficultés inhérentes à la mise en place d’expérimentation in situ, qui plus est sur le long terme, l’acquisition de ces données implique la mise en place d’une coopération efficace entre les différents acteurs concernés.

Sous l’égide du Ministère en charge de l’agriculture, sept organismes ont décidé depuis 1994 de fédérer leurs actions en la matière en créant le groupement d’intérêtscientifique (GIS) “Coopérative de données sur la croissance des peuplements forestiers”  :
- AgroParisTech (Institut des Sciences et Industries du Vivant et de l’Environnement)
- CPFA (Centre de Productivité et d’action Forestière d’Aquitaine)
- FCBA (Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement)
- IDF (Institut pour le Développement Forestier, service d’utilité forestière et institut technique du Centre National de la Propriété Forestière)
- INRA (Institut National de la Recherche Agronomique)
- Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture)
- ONF (Office National des Forêts)

Le GIS Coop a pour objet le recueil et la mise en commun de données scientifiques sur la croissance des peuplements forestiers, destinées à l’établissement de modèles de croissance et d’outils d’aide à la gestion.

Ceci nécessite l’installation et le suivi de réseaux multi locaux et multi organismes de placettes permanentes à long terme mesurées périodiquement selon des protocoles standardisés etcouvrant au mieux toute lagamme de variabilité des conditions de croissance (sylviculture, climat, conditions stationnelles, niveau génétique...). L’ensemble constitue une expérimentation sylvicole de portée nationale, dont la réalisation seraitimpossible sans une formule coopérative.

Le GIS Coop est organisé autour de 5 groupes opérationnels par grandes essences ou type de forêt :

Il comprend également un groupe transversal dédié à la caractérisation écologique des dispositifs : le Groupe CoopEco.

Pour en savoir plus sur l’organisation générale du GIS : plaquette de présentation générale

Equilibre forêt - gibier : les dégâts cervidés en milieu forestier

Pour répondre à cette problématique, les ministères en charge de l’agriculture (DGPAAT) et de l’environnement (DEB) ont mis en place de 1998 à 2004, un Observatoire national des dégâts de cervidés et du plan de chasse afin d’évaluer précisément l’effet des modalités des plans de chasse, les préjudices subis par la forêt et afin d’explorer les solutions envisageables pour réduire, voire supprimer, les dégâts.

Cette mission a été confiée conjointement à l’IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) et à l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) sur cinq départements (Landes, Oise, Sarthe, Tarn et Vosges).


L’étude a mis en évidence un certain nombre de facteurs jouant un rôle majeur :
  •  l’importance des populations de cervidés
  •  l’origine des peuplements forestiers
  •  la nature des essences forestières.

Le Ministère en charge de l’Agriculture a ensuite financé un programme réalisé par le Cemagref comprenant des contrôles effectués en 2006 et 2007, qui a vérifié la pertinence des pronostics formulés dans le cadre de l’observatoire.

Abroutissement
Chevreuil

L’étude méthodologique, également financée par le ministère, sur l’abroutissement du Chêne en régénération naturelle a testé différentes stratégies d’échantillonnage. L’ensemble de ces travaux, initiés par le MAAF, voit son aboutissement avec l’édition en 2010 par l’IRSTEA d'un guide d'évaluation des dégâts forestiers

 

Voir aussi