Stéphane Travert : "L’année 2018 marquera la première étape de la transformation agricole"

Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation : « Nous nous engageons dans une transformation sans précédent de l’agriculture française, qui vise à permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes et à assurer la pleine prise en compte par l’agriculture des enjeux sociaux, sanitaires et environnementaux ».

Profondément ancrés dans les territoires, participant à la cohésion sociale, porteurs d’une tradition d’excellence, vecteurs de l’image de la France à l’international, l’agriculture, la pêche, l’agroalimentaire, la forêt et le bois sont des secteurs essentiels de l’économie française. Ils sont confrontés aujourd’hui à des défis majeurs, économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires, qui leur imposent de se transformer en profondeur.

L’année 2018 doit marquer la première étape de cette transformation, que l’état entend accompagner en mobilisant des crédits budgétaires, des financements communautaires et des instruments financiers dans le cadre du Grand plan d’investissement rendu public le 25 septembre par le Premier ministre.

L’année 2018 sera aussi l’année de concrétisation des propositions issues des États généraux de l’alimentation, lancés le 20 juillet dernier et qui s’achèveront vers la mi-décembre. Ces États généraux visent à relancer la création de valeur et à en  assurer l’équitable répartition, permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes, accompagner la transformation des systèmes de production afin de répondre davantage aux attentes et aux besoins des consommateurs, promouvoir les choix de consommation privilégiant une alimentation plus saine, sûre et durable, et enfin accélérer l’adaptation de l’agriculture et de la forêt au changement climatique tout en contribuant à l’atténuation de ce changement.

Le projet de loi de finances pour l’année 2018 prévoit de doter le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de 5,2 md€ en crédits de paiement (+1,6% par rapport à la loi de finances initiale pour 2017) et de 5,1 md€ en autorisations d’engagement (-1,4%). Ces crédits ont pour objectif de financer trois grandes priorités :

  • le soutien aux agriculteurs et aux filières, à travers notamment les cofinancements de la PAC ;
  • la sécurité sanitaire de l'alimentation, par un financement accru d'actions renforcées de surveillance et de prévention, qui tiendront compte des crises passées ;
  • la préparation de l'avenir, via la formation des jeunes et l'innovation.

À périmètre constant (celui de 2018), le budget du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation augmente de 400 M€, dont 300 M€ sont consacrés à la mise en place d’une provision pour aléas (cf. infra).

Les crédits du ministère de l’Agriculture et l’Alimentation seront abondés par les financements européens de la PAC, pour un total de 8,9 md€. De plus, le secteur agricole au sens large bénéficiera d'allègements sociaux et fiscaux à hauteur de 4,5 md€, de dépenses fiscales pour 1,8 md€, auxquels s’ajoutent d’autres financements publics (0,9 md€).

Au total, les concours publics au secteur agricole représenteront 21,3 md€ en 2018, soit une augmentation de +3,7% par rapport à 2017.