Pêche : Question au gouvernement du député Jacques LE GUEN, UMP du Finistère
Ma question s’adresse à monsieur le ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Comme le gouvernement et l’ensemble des Français, les pêcheurs partagent une vision d’avenir des usages de la mer, respectueux de l’environnement et des ressources maritimes. Ils réclament depuis plusieurs années une collaboration plus étroite avec les scientifiques afin de gérer au mieux la protection des écosystèmes et des ressources de la mer. Les pêcheurs français et des SNES en eaux profondes, qu’ils soient de Boulogne, Concarneau, Lorient, Le Guilvinec, Loctudy, Saint-Guénolé ou Saint-Jean-de-Luz, ont démontré par une pratique exemplaire ce qu’est la pêche moderne et responsable. Leur activité est reconnue comme la plus encadrée et transparente qui soit, en terme de quotas, d’efforts de pêche, de numerus clausus, de fermeture de zones pour protéger les espèces, de maillage, de déclaration de suivi satellite, de ports désignés, etc. Ils ont transmis aux scientifiques le détail de 26 000 opérations de pêche, ils sont porteurs d’une pêche responsable et de haute qualité dans notre pays, conformément aux propos du président de la République. Or, si personne ne conteste l’utilité et la qualité des travaux du Grenelle de la mer qui propose à juste titre la préservation des espèces menacées, nous ne devons pas stigmatiser les pêcheurs en eaux profondes qui ont la conviction que leurs efforts seront récompensés par des ressources de poissons en augmentation sur leur lieu de pêche. Compte tenu de l’importance en terme d’emploi de la pêche des espèces en eaux profondes, quelles conditions de gestion durable du chalutage profond allez-vous défendre, au moment où se mettent en place les assises de la pêche ?
Bruno LE MAIRE, ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche
Monsieur le député Jacques LE GUEN, je voudrais rendre d’abord hommage à votre suite à tous les pêcheurs de France qui depuis des années ont fait des efforts considérables pour concilier le développement économique de leur activité et le respect du développement durable et de la ressource aloétique. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec un certain nombre de pêcheurs, à Dieppe, au Guilvinec, à Saint-Jean-de-Luz, et je sais qu’ils sont engagés dans cette voie de manière définitive. Avec Jean-Louis BORLOO, avec Chantal JOUANNO, dans le cadre du Grenelle de la mer, nous avons lancé un bilan environnemental, un bilan social, un bilan économique de la pêche en eaux profondes. Nous avons confié, à la demande du Premier ministre, une mission à Philippe BOUENEC pour évaluer les conséquences de la pêche en eau profonde et la conciliation entre cette activité et le respect de l’environnement. Je sais que les travaux sous la direction de Philippe BOUENEC ont commencé depuis quelques jours, ils associent à la fois les organisations non gouvernementales, les scientifiques, les pêcheurs eux-mêmes, et devront rendre leurs travaux d’ici la fin du mois de janvier. Je sais que je peux compter sur la qualité des conclusions de ce rapport. Et je veux vous dire tout de suite, comme ministre de la Pêche, que notre objectif n’est pas d’interdire la pêche en eaux profondes. Notre objectif est de concilier les exigences de la pêche en eaux profondes avec les exigences du développement durable. Je suis certain que nous y parviendrons.