Observatoire des prix et des marges: Question au gouvernement du sénateur Gérard Bailly, UMP - Jura
Monsieur le président, mesdames-messieurs les ministres, mes chers collègues. La crise agricole qui touche notre pays et qui affecte de nombreuses filières menace l’avenir de notre agriculture tout comme notre indépendance alimentaire, comme l’a rappelé, il y a quelques instants, notre collègue MONTESQUIOU. C’est cette crise qui a motivé le déplacement récent du président de la République dans mon département du Jura et son intervention forte en direction du monde agricole. Cette crise, européenne et mondiale, pourrait cependant être atténuée si, au niveau national, les prix alimentaires étaient mieux contrôlés, et j’insiste, par une meilleure répartition entre les maillons de la production, de la transformation et de la commercialisation. Début 2008, après l’annonce de la hausse des produits agricoles, la grande distribution, à la suite d’une large médiatisation, en a profité pour augmenter de façon significative les prix des denrées alimentaires et qu’a-t-on pas entendu à cette époque-là ? Depuis, l’ensemble des prix des produits agricoles à la production a chuté de l’ordre de 30 % pour le blé, 20 % pour le lait et, en général, au dessous des prix d’avant la hausse. Cependant, les prix des denrées alimentaires en grande distribution n’a pas connu la moindre baisse, a même connu, pour certains, des hausses, ce qui est incompréhensible pour les producteurs et aussi les consommateurs. Les associations de défense des consommateurs s’en sont fait récemment l’écho dans les médias avec des chiffres à l’appui. Ils ont même aussi évoqué le long terme. Entre 92 et 2009, le prix du lait a baissé de 5 % pour le producteur mais augmenté de 22 % dans les rayons de la grande distribution. Les écarts sont encore beaucoup plus importants pour la volaille, le porc, la viande bovine et d’autres productions. Comment ne pas être stupéfait d’entendre la grande distribution de parler de « défense du pouvoir d’achat » dans ses slogans ? L’Observatoire du contrôle des prix a présenté son rapport sur le prix du lait UHT le 30 juillet dernier. Or, ce rapport est contredit par celui publié par la Fédération nationale des industriels laitiers qui nie la répartition défendue par cet observatoire. Au moment où les enseignes de la grande distribution sont assignées pour des pratiques abusives avec des fournisseurs résultant de leur position dominante pour l’accès des produits au marché, il est impératif que la transparence existe, plus particulièrement encore en cette période de crise. Monsieur le ministre, avec votre collègue chargé du Commerce, très rapidement, quels moyens comptez-vous mettre en œuvre pour atteindre cet objectif de transparence dans l’intérêt des consommateurs et celui des producteurs par une meilleure répartition si nous voulons qu’il reste encore quelques producteurs en France dans quelques décennies ?
Bruno LE MAIRE, ministre de l'alimentation, de l'agricultre et de la pêche
