L'enseignement agricole public : Question au gouvernement du député Jean-Luc PERAT, PS du Nord
Ma question s’adresse à monsieur le ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. J’y associe mes collègues Martine FAURE, députée de Gironde, Jean GROLIER, député des Deux-Sèvres. Monsieur le ministre, l’enseignement agricole public est une voie d’excellence et de réussite. Les statistiques en attestent, 89 % de réussite au bac professionnel, 80 % d’entrée dans la voie professionnelle en sortie d’études. Sa force, sa qualité, reposent sur une pédagogie directe avec les territoires, ce qui en fait un outil puissant au service du développement et de l’aménagement durable de notre pays. Pourtant, sous le coup des restrictions budgétaires insupportables, cet enseignement est en état de choc. Les suppressions de postes administratifs, les fermetures de classes, les baisses de dotations horaires font craindre aux équipes un véritable délitement des établissements et le sacrifice de leur spécificité pédagogique. Pour les familles, leurs enfants, c’est la disparition de filières complètes, la suppression des options facultatives, y compris en cours de formation, le refus d’élèves en nombre, un état des lieux consternant que vous avez qualifié il y a quelques mois de négligence politique devant l’intersyndicale de l’enseignement agricole public. Or, si vos déclarations ont pu susciter quelques espoirs, la contradiction avec vos actes inquiète et déçoit. Le syndicat majoritaire de l’enseignement agricole public vient d’ailleurs de quitter les assises qu’il juge tronquées par votre refus de discuter de certains sujets pourtant centraux, comme le maintien de sites, alors que dans le même temps vous prévoyez une nouvelle suppression record de 224 postes, dont 221 d’enseignants, dans le budget 2010. Monsieur le ministre, alors que le président de la République a déclaré la semaine dernière faire de l’agriculture un enjeu stratégique majeur pour la France et que l’enseignement agricole a besoin de moyens pérennes et de véritables emplois pour former et accompagner cette ambition, quelles mesures fortes et concrètes comptez-vous prendre, vous avez pris des engagements devant l’intersyndicale, vous lui avez demandé…
Bruno LE MAIRE, ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche
Monsieur le député PERAT, il y a effectivement, je l’ai dit en prenant mon poste et je le redis devant la représentation nationale, un désarroi dans l’enseignement public agricole. J’ai voulu y répondre à la fois en prenant des mesures d’urgence et en ouvrant une perspective en mettant en place les assises de l’enseignement agricole public. Les mesures d’urgence, cela a été 60 postes supplémentaires équivalent temps plein décidés par le Premier ministre pour la rentrée 2009, pour accueillir 400 élèves supplémentaires et permettre d’en finir avec un certain nombre de listes d’attente dans l’enseignement agricole public. Cette annonce a été comprise, acceptée et valorisée par l’ensemble de l’enseignement agricole public. La deuxième décision que j’ai prise, c’est l‘ouverture d’assises de l’enseignement agricole public ouvrant une perspective de long terme à cet enseignement qui est capital pour l’avenir de notre agriculture. J’ai eu l’occasion de m’exprimer devant l’ensemble de la représentation syndicale et devant tous les personnels concernés. Ces assises devront répondre à plusieurs objectifs. Un, maintenir la spécificité de l’enseignement agricole public auquel je suis personnellement attaché. Deux, définir les missions exactes que nous attendons de la part de l’enseignement agricole public qui ne sait plus exactement aujourd’hui à quelle mission il doit répondre. Et trois, faire en sorte que cet enseignement agricole public s’ouvre aux nouvelles perspectives de l’agriculture, en particulier en matière de développement durable. Pendant l’ensemble de ces assises, j’ai décidé – je réponds à votre remarque – de geler toute fermeture d’établissement et toute décision en matière de délocalisation d’établissements dans l’enseignement agricole public. J’ai pris cet engagement, je le tiens, il sera tenu jusqu’à la fin des débats de ces assises. Vous pouvez compter sur moi, comme je l’ai déjà dit auprès de la représentation syndicale, pour garantir un véritable avenir à l’enseignement agricole public dont dépend l’avenir de l’agriculture en France.
