Rencontre avec les professionnels de la viticulture
18/11/2009
Le ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche souhaite donner un nouvel élan à une filière prestigieuse qui a tout pour réussir. Pour s'ouvrir des perspectives nouvelles, les viticulteurs doivent néanmoins améliorer l'organisation de leur filière. « On ne peut pas à la fois avoir un plan de soutien massif et ne pas prendre de mesures structurelles permettant d'éviter d'autres crises » a déclaré le ministre.
Il a donc demandé de réduire la nombre d'interprofessions, pour n'en compter qu'une seule par région de production (pour les vins disposant d'une indication géographique). Leur nombre doit pour cela passer de 26 à 10 assez rapidement. « Cela fait des années qu'on en parle et que ça n'est pas fait. Il n'est plus temps de discuter, il faut décider » a précisé Bruno Le Maire, qui laisse aux professionnels le soin de soumettre des solutions et de mettre en œuvre des changements d'ici quelques semaines (avant l'examen de la loi de modernisation de l'agriculture).
Le ministre a également évoqué la création d'un fonds pour mieux valoriser la filière. Alimenté par la profession, ce fonds répondra à un besoin urgent de promotion des vins français à l'étranger : « Les débouchés et les perspectives sont très fortes à l'exportation. Il faut savoir comment en profiter, se mettre en ordre de bataille pour prendre ces marchés car c'est ce qui fera vivre dignement et correctement toute la filière ». Jérôme Despey, Président du conseil de direction spécialisé de FranceAgrimer, dirigera un groupe de travail chargé de fournir des propositions et rencontrera le ministre tous les mois pour discuter du financement et des modalités de cotisations.
Concernant les vins sans indications géographiques, Bruno Le Maire souhaite la mise en place de contrats écrits entre ceux qui les produisent et ceux qui les commercialisent.
Au niveau européen, réaffirmant sa volonté de réguler l'ensemble des marchés agricoles, le ministre souhaite proposer des nouveaux instruments de régulation pour faire face à la fin des droits de plantations, prévue dans quelques années. Une mission parlementaire devrait ainsi être créée pour se saisir du dossier, examiner les conséquences de cette décision, et imaginer une nouvelle voie de régulation dans ce domaine.
Enfin, Bruno Le Maire a rassuré ses interlocuteurs concernant le plan de soutien en précisant que les viticulteurs peuvent évidemment bénéficier des différents dispositifs d'aides mis en place. Il a d'ailleurs rappelé qu'il faisait des points réguliers avec le médiateur Nicolas Forissier pour veiller à ce que les aides arrivent le plus rapidement possible auprès des agriculteurs en difficulté.