Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la Pêche a annoncé, le 14 avril, lors d'un déplacement à Vanves (Hauts de Seine), à la rencontre d'agriculteurs et de consommateurs engagés dans le cadre de l'association pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP), un plan d'actions pour favoriser le développement des circuits courts des produits agricoles. Les AMAP sont une des formes de ce mode de commercialisation.
Ce plan s'appuie sur les conclusions d'un groupe de travail mis en place dans le prolongement des Assises de l'Agriculture et du Grenelle de l'environnement. Il répond à la volonté de développer la part des produits de saison et de proximité dans les achats alimentaires dans le double intérêt des consommateurs et des agriculteurs.
Ce plan qui s'intègre dans la politique de l'offre alimentaire sûre, diversifiée et durable du Ministère de l'agriculture, comprend 14 mesures concrètes déclinées en 4 axes:
- améliorer les connaissances sur les circuits courts et les diffuser.
La connaissance des circuits courts, encore partielle, doit être renforcée par l'élargissement du recensement agricole et du réseau d'information comptable agricole à ces démarches Par ailleurs, les agriculteurs ont besoin pour s'engager dans ce mode de commercialisation d'informations sur des champs très larges. Enfin, la mobilisation de la recherche sur ces démarches doit être améliorée.
- adapter la formation des agriculteurs de la production à la vente.
Les programmes scolaires des lycées agricoles seront adaptés Un agriculteur qui souhaite s'engager dans la commercialisation directe de ses produits a besoin d'une formation adaptée associant plusieurs métiers : la production, la vente, voire la transformation des produits.
- favoriser l'installation d'agriculteurs en circuits courts
L'accès au foncier, aux aides publiques et aux prêts bancaires s'avère parfois difficile pour les agriculteurs engagés ou souhaitant s'engager dans ce mode de commercialisation. La priorité est la construction de références technico-économiques adaptées pour permettre aux partenaires financiers d'évaluer la viabilité économique des projets. Une étude est lancée dès cette année. Par ailleurs, la mise en place de chartes départementales de maitrise du foncier agricole sera poursuivie en lien avec les collectivités territoriales.
- mieux organiser les circuits courts.
La priorité est de mettre en place une charte sur les circuits courts permettant de les définir et d'établir des critères communs aux différentes démarches pour en garantir l'authenticité.
Le développement des circuits courts appelle de nouvelles synergies entre producteurs, consommateurs et, plus généralement les acteurs pouvant intervenir dans les circuits courts.
Ces mesures seront déclinées au niveau régional dans le cadre des plans que doivent élaborer pour la fin 2009 les directions régionales de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt. Un comité de suivi sera chargé de suivre la mise en œuvre des mesures et de proposer, le cas échéant, de nouvelles pistes, notamment dans la perspective du projet de loi de modernisation de l'agriculture et de l'agroalimentaire annoncé par le Président de la République.
«Les circuits courts, qui recréent du lien entre les consommateurs et les agriculteurs, contribuent au développement d'une agriculture durable et d'une consommation responsable. Ils recèlent un potentiel de développement important permettant de mieux valoriser les productions, de créer des emplois et de mettre en place une nouvelle « gouvernance alimentaire » à l'échelle des territoires. C'est le sens du plan d'action et des 14 mesures que j'ai présentées aujourd'hui et qui seront déclinées dans chacune des régions. » a déclaré Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la pêche.
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